LES ORGANISMES IMMORTELS OT
Pexpérience démontre la possibilité du maintien de la race sans conjugaison, pendant un temps très long tout au moins,
Au bout de cinq ans de culture, 3,029 générations s'étaient succédé. Or, à ce moment, nulle de celles-ci n'avait présenté le moindre signe de dégénérescence. Comme anatomie, comme physiologie, les paramécies en expérience se trouvaient parfaitement normales, et très vigoureuses aussi, car l’expérience montrait que, dans les conditions très favorables faites à celles-ci, le protoplasma de l'individu initial possédait, pour le
moins, l’aptitude à produire un nombre de cellules
identiques à lui-même, représenté par 2 élevé à la 3,029€ puissance, ou un volume de protoplasma égal à 10.000 fois le volume de la terre.
Pour Woodruff, la question était jugée : l’espèce dont il s’agit peut se maintenir indéfiniment, sans croi-
sements, sans conjugaison.
Les observations faites en cours de route, à côté de l'expérience principale, firent voir du reste que la tendance à la conjugaison était faible. Elles montrèrent, aussi, à travers les générations successives, des rythmes, des oscillations inhérentes, normales, secondaires, et périodiques, dans le taux de la division. Ces varia-
“tions étaient manifestement en rapport avec des rema-
niements internes, avec des processus de réorganisation nucléaire qui ont reçu le nom d’endomixie. Par endomixie il faut entendre une série de phéno-
.mènes, ayant leur origine à l’intérieur de la cellule, - analogues à ceux qui, lors de la conjugaison, ont leur
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pérenne au dehors, dans le fait de la fusion des deux
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individus. Il se passe une sorte de révolution géné- À rale intérieure, de brassage des éléments, d’où sort un nouveau gouvernement, un nouvel appareil nucléaire. La cellule ne peut se passer de chef, ni d’ordre. Du | moins quand elle le fait ce n’est plus une cellule normale, c’est du cancer, c’est-à-dire la mort par anarchie. W
En mai 1915, M. L. L. Woodruff en était à sa 5,071© génération. Chaque mois lui avait donné une moyenne 1 de 50 générations, presque deux par jour : les paramécies sont précoces au point de vue reproduction. L’expé-v rience était terminée. Pourtant elle continua sous une forme moins astreignante, et, en décembre 1920, l’ob-« servateur en était à la 8,400€ génération environ.
Peut-on conclure que la conjugaison est inutile 4 qu’elle ne serait pas nécessaire à la 70,000 où 100,000€ } génération ? Non assurément. Mais l’expérience a révélé un phénomène qui peut être considéré comme une sorte de conjugaison interne, l’endomixie. Est-elle in: dispensable à la continuation de la race, peut-on l’accé- à lérer ou la retarder ? Un nouveau problème se subs-w titue donc à l’ancien : celui du rajeunissement d’origine interne opposé au rajeunissement par apport de mas
tériaux extérieurs, appelé fusion, conjugaison ou fécon-
dation selon le cas.
Les expériences de Woodruff ont été reprises par Métalnikoff (Ann. Pasteur, nov. 1919 ; C. R. Ac. Sc 30 oct. 1922) : voir aussi son livre Immorialité et Rajeu-\ nissement, 1024, dans une série de recherches sur les, conditions de milieu semblant le plus favorables.
L'ambiance joue un grand rôle. Il faut pour l’expéss rience une infusion appropriée ; il faut de l’eau non’
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