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LES ORGANISMES IMMORTELS

. source de la conjugaison, en leur donnant du bouillon di ou diverses substances stimulantes. Mais à l’état nor- mal, ce qui prolonge les infusoires et les rend en quel- - que sorte indéfinis — sauf accidents, cela va de soi — … c’est la conjugaison.

À ceci un autre biologiste, Enriques, a fait observer - qu'il a eu jusqu’à 863 générations successives, sans

indices de sénilité (malgré l’absence de conjugaison, |

celle-ci ayant été rendue impossible), et peu après Woodruft a annoncé 5.000 générations d’affilée, sans conjugaison ni vieillissement.

longée sans conjugaison, tiendrait à des conditions de . milieu défectueuses, connues ou inconnues, se présentant dans l’expérience comme à l’état de nature. Sans fe quoi une seule paramécie, qui est l’espèce en expérience, donnerait en un mois un milliard d'individus, et en . 40 jours un mètre cube de matière vivante : en un temps très court, un volume supérieur à celui de la terre en- » tière. Evidemment à l’état de nature, la paramécie . rencontre de notables difficultés, heureusement. Où est la vérité ? Bien certainement, beaucoup d’in- . fusoires se reproduisent très longtemps de façon agame

… synonyme de toujours » ? Seule une expérience qui . n'aurait pas de fin permettrait de répondre — au cas où le rajeunissement serait inutile — mais une expéï rience très longue ferait voir si le rajeunissement | est souvent nécessaire.

Cette expérience très longue, le biologiste américain, L.-L. Woodruff, l’a tentée, et les résultats en ont ne. Varigny. 4

La décrépitude à laquelle aboutirait la division pro-

| sans rajeunissement. Mais « très longtemps » est-i],

été exposés par lui dans les Proceedings of the National \

Academy of Sciences de Washington.

Elle commença en 1907. Une paramécie (Parame- 4 cium aurelia), infusoire très répandu, trouvée dans une L mare, fut isolée dans la cellule d’une lame porte-objet, M et quand elle se fut divisée en deux, puis ses deux filles | en deux autres, les quatre individus de cette dernière ! génération servirent de point de départ à quatre cul- 4

tures séparées. On observera toutefois qu’elles n’ont pas

été séparées d’un bout à Pautre. Il est arrivé que dans telle lignée il y ait eu mort par accident : on Pa continuée.

en empruntant un individu à l’une des trois autres.

L'expérience a consisté à isoler comme représen-\

tant la lignée, à peu près chaque jour, une des paramé=\

cies, née, dans la série considérée, de l'individu isolék

la veille. Autant de jours, autant de générations, par

conséquent. En même temps, on examinait souvent.

les sœurs de l'individu isolé pour voir s'il se produi-\ sait des changements anatomiques. Toutes les pré-v

cautions ont été prises, naturellement, pour empêcher

toute contamination, tout apport de paramécies étran=

oères, et on est bien assuré que les quatre lignées des

l'expérience sont bien les descendantes directes des

l'individu. isolé en 1907. | Ï1 s'agissait de savoir si la paramécie peut se propager

indéfiniment par division sans avoir recours à la conju-4 gaison, si elle peut se propager par ce qui est le combles

de l «en-dedans », ou bien s’il faut de temps en temps. de V «en-dehors », un croisement avec une lignée dif-| férente. Comme on a pris soin d'isoler les produits

de la division chaque jour, à mesure qu’ils se présens Q).

taient, nulle conjugaison n’a été possible, Dés lors,

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