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initial, existant dans chaque génération successive s’épuise et disparaît peu à peu. Sans doute elle provoque la formation d’une nouvelle provision de colloïde, mais elle-même s’use et disparaît progressivement Les organismes successifs doivent expulser tour à tour les résidus de la floculation du colloïde primitif, le plus ancien. Et, en fait, le protozoaire originel, qui semble toujours vivant dans ses descendants, doit mourir progressivement, d’une mort parcellaire de ses groupements moléculaires. Chaque génération élimine une partie du colloïde initial, et un moment doit venir où rien ne reste de celui-ci. La mort du protozoaire primitif doit se produire de façon fragmentaire, successive» et la participation du colloïde ancestral aux phénomènes de nutrition et autres doit finir par tomber à zéro. L’individu primitif meurt par fractions au cours des générations successives.
À une génération par jour, les colloïdes de l’infusoire né le 40€ jour, ne renfermeraient plus que 1/1.000.000.000.000€ de la matière composant l’individu servant de point de départ à l’expérience.
Dans ces conditions, que resterait-il de celui-cr dans l’expérience de Woodruff, de 1907 à 1912, où ont eu lieu 3.300 bi-partitions ? Du premier individu
e e à e Là ? 2 I il resterait dans celui de la 3.300€ génération, le CL
de la cellule initiale, une fraction comportant mille chiffres au dénominateur.
C'est-à-dire, dit M. A. Lumière, quelque chose comme un grain de 1/1000€ de millimètre de diamètre
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par rapport au volume d’une sphère ayant pour dia-
mètre la distance de la terre à Sirius.
LES ORGANISMES IMMORTELS sf il
Mais ceci même n’est pas possible physiquement.
La matière n’est pas divisible à l’infini : l’atome cons-
titue une limite, et pour que pût exister la proportion eue du colloïde primitif, il faudrait qu’une quantité - bien inférieure à celle du poids d’un atome püût seule-
. ment exister. Il y a des quanta d’énergie, et aussi des
quanta de masse et de matière. Il est physiquement impossible que la division de la masse primitive ait pu aller aussi loin.
. Encore une fois le protozoaire initial a dû, au cours des générations successives, s’éliminer par fractions,
Det disparaître peu à peu d’une mort partielle. Et ce
. qui est vrai du premier l’est du second et des suivants, bien entendu, mais ce dont il reste le moins dans un individu quelconque, c’est l’ancêtre le pis . éloigné, puis celui qui a suivi, et ainsi de suite ;
dont il reste le plus, c’est Date en l’ancêtre 1
plus voisin.
Dans ces conditions l’immortalité des infusoires
serait apparente et relative. Elle existe en ce sens
qu’évidemment il reste quelque chose du colloïde de l'individu initial ; mais la proportion de ce colloïde diminue de génération en génération, et tombe à zéro au bout d’un certain temps, la matière n'étant pas divisible à l'infini.
Il semble même que les dates de ces morts fragmentaires soient appréciables. Chaque mois, dans les expériences de Calkins et de Woodruff, il y a une crise, une baisse de vitalité, et un mouvement interne. Peut-être bien, dit le distingué biologiste de Lyon, cette crise
“ correspond-elle à une élimination de colloïdes floculés,
de colloïdes ancestraux morts, que l'organisme expulse ou bien réorganise,
Le cadavre de l’ancêtre est éliminé, ou bien utilisé, mais cet ancêtre disparaît par parcelles successives.
Le processus sexuel existant toutefois pour la paramécié à l’état de nature, et paraissant bien être un acte réproducteur et non de pure alimentation, on peut se demander quelle est sa raison d’être, bien qu’il paraisse si rarement requis,
Sur ce point, Métalnikoff introduit une idée intéréessante. C’est que le processus sexuel, la conjugaison, relève de la vie de l’espèce. Grâce à celui-ci, l’individu s’unit à l’espèce même et vit de la vie commune de toute celle-ci : il prend un bain d’espèce, pour ainsi dire, il s’y retrempe pour y rester conforme. Ce sérait là la signification de la conjugaison. A l’aide de celle-ci l'espèce se forme, se maintient, et reste fixe.
Dans ces conditions, l’espèce n’a plus simplement une existence abstraite ; elle acquiert une réalité aussi positive que celle de l'individu même. C’est une individualité d’un ordre supérieur à laquelle participent et contribuent tous les individus. Le processus sexuel, par là, cesse d’être simple physiologie pour s'élever à la hauteur d’un acte religieux — au sens étymologique du mot, religare, réunir les uns aux autres le contraire de ce que font les religions — d’une commumon avec et dans l’espèce pour le maintien de celle-ci. L’espèce apparaît au biologiste — et avec l’espèce, la race, la nationalité, qui sont des variantes et subdivisions — comme une individualité d’ordre supérieur où tous les individus séparés partagent leurs propriétés par le processus sexuel. « Il se produit, dit Métalnikoff,
“HN création et l’évolution de Dep. Et à ce.
il de la création prennent part toutes les indivités de l'espèce donnée ». Tel serait le sens pro= d du processus sexuel. Sens biologique, sociolorique, physiologique aussi, et c’est là -ce que en fait. intérêt. Mais quelle conclusion doit-on tirer à l'égard de limmortalité des infusoires et des bactéries. N’estce pas qu’ils sont immortels, mais seulement au sens
Ù on serait immortel en chacun de nous, sans plus, :
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