‹ La mort et la biologieChapitre 16 sur 44 · UD · texte numérisé non relu

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“ les fibroplastes, de leur activité embryonnaire. À quoi tient ce renouveau ? Sans doute aux tréphones qu’apportent les leucocytes, et qui doivent jouer un rôle considétable dans d’autres processus de réparation.

Il vient d’être parlé de plaie. Celle-ci fournit une notion intéressante. Lecomte du Nouy a montré que le temps de cicatrisation d’une plaie aseptique est fonction … de l’âge. L’énersie de croissance de lorganisme diminue doncavec l’âge. L'énergie de croissance d’un tissu ferait-

elle de même ? C’est probable. Car l'organisme est une … collection de tissus. L'expérience va nous répondre,

Evidemment, dans l'énergie d’un tissu il y a deux \ facteurs : l’un est bien évident : c’est la composition du milieu où il vit. Mais on peut déduire l’autre dans une | certaine mesure, par la détermination du temps qu’il … réussit à vivre dans un milieu non nutritif. L’expé- N'rience consiste à cultiver du tissu frais ou une culture de tissu dans un milieu donné et à suivre sa déchéance progressive, selon la nouvelle méthode de Carrel (me- “sure de l’aire du tissu en milieu renouvelé, non nutritif, au planimètre). La vie résiduelle cesse au bout de quel- . ques jours : elle est faible.

… Peut-on apprécier l'influence des humeurs ? Assu- | rément. Et cela en cultivant des cultures pures de fibro- | plastes dans du plasma de poulets d’âges différents : 6 semaines, 3 mois, 3 ans, o ans. Nous savons qu’in “vitro en milieu renouvelé ces fibroplastes vivent pour ainsi dire indéfiniment. Or si l’on évalue à 150 le taux

cultures est respectivement de 44 jours, de 26, de 17, et enfin de 5 jours. Plus le sérum est âgé plus il est nuible. Si l’on cultive des fibroplastes en milieu contenant

so 9/0 de sérum de poulets de 6 semaines, 3 mois, 3 an, ÿ ans, on obtient une croissance de 100, de 94, de 66, et de 46 respectivement.

En opérant sur des chiens d'âge variant de 2 semaines à 14 ans, on constate le même effet de l’âge. De 3 semaines à un an l’indice de croissance va de 1 à o.5. De 9 à 14 ans, il oscille entre 0.15 et 0.00.

Le sérum devient de plus en plus toxique ou inhibiteur avec l’âge : il s’enrichit à la fois de produits nuisibles et s’appauvrit en produits utiles : sans doute il y à modification de la qualité et de la quantité des protéines.

Les humeurs vieillissent non moins que les cellules baignant dans les produits des autres cellules alors que les cellules isolées, en milieu renouvelé semblent douées d'une vie très longue ; et cela ne peut surprendre. La

vieillesse des cellules détermine celle des humeurs, et

cette dernière accroît la vieillesse des cellules. Cercle

vicieux, inévitable. Peut-on espérer retarder ce vieillis-"

sement du sérum ? Sans doute Carrel nous le fera

hum.”

savoir, ou bien un autre. Peut-être aussi, personne... Les altérations cellulaires qui ont pour conséquence law mort paraissent inévitables en effet, ayant une raison

profonde qui est la constitution colloïdale de la matière vivante.

Nos cellules, nos tissus, nos humeurs sont tous des! colloïdes, c’est-à-dire des composés de micelles en sus= pension dans un liquide. Ces micelles sont faites d’une

ne.

fes RE NS TE ES OT pl

masse principale, d’un granule formant noyau, entouré d’un revêtement mince : noyau et revêtement sont des . corps organiques différents à charge électrique de signe . opposé. C’est très petit, ces micelles, évidemment. Mais Si l’on admet qu’il y a 5 kilos de micelles dans les tissus d’un adulte, la surface totale de celles-ci, à les supposer .… sphériques et de 15 #14 de diamètre, serait de 2 millions . de mètres carrés, soit 200 hectares, surface de contact énorme facilitant singulièrement les actions chimiques. Le granule est inerte, insoluble dans le liquide, peu apte aux réactions : toute l’activité appartient au revétement. Celui-ci vient-il à disparaître ? Il y a floculation, . c’est-à-dire que les granules précipitent : l’état colloïdal “ est rompu. Normalement, il est instable, tout col- . loïde tend à la floculation, à l’association des éléments granulaires entre eux, à la précipitation de ceux-ci, » devenue possible par disparition du mince revêtement, * à sa mort en tant que colloïde, et à la cessation de toute | activite.

Il y a un cycle vital qui commence par de très petits - granules à mouvement brownien intense. Avec l’âge, . les granules grossissent par fusion entre eux et ce mü- . rissement est de la floculation partielle, limitée. Les “cellules épithéliales ont le colloïde très actif, arrivant Due : à la floculation : aussi vivent-elles peu, alors que les cellules conjonctives l’ont très ralenti, et le tissu conjonctif vit très longtemps. Aussi la Vicillesse s’accom- »pagne-t-elle de sclérose inévitablement.

La floculation à l’intérieur d’une cellule entraîne la .mort de celle-ci. Si elle porte sur nombre de cellules simultanément, elle met en péril l’organe ou le tissu, selon le cas.

cation dans un phénomène bien connu, celui de l’ana-

choc anaphylactique tiendrait à la floculation brusque

Ces notions qu’expose M. A. Lumière ont une appli-

phylaxie, découvert par Charles Richet, et la floculation serait en cause dans divers états pathologiques. Le

de certains éléments du sérum, à la précipitation des granules insolubles. Une expérience fort intéressante de MM. A. Lumière et Couturier donne un appui sensible à cette façon de voir. Elle montre que l'injection de substances insolubles (sulfate de baryte en poudre) — comparable à la mise en liberté des granules d’un colloïde par floculation brusque — produit immédiatement sur l'animal l'effet du choc anaphylactique résultant de l'injection déchaînante. Mêmes symptômes ;. mêmes lésions. Et le parallélisme se retrouve dans les effets de l’injection lente, ou à doses subintrantes, dans les deux cas. Il semble bien démontré, par les expériences, que les accidents du choc anaphylactique vrai, | dans la sérothérapie, sont dus à la formation d’un précipité dans la circulation. Et le sulfate de baryte, à l’état colloïdal, ne produit aucun effet nuisible.

Le choc anaphylactique paraît donc relever d’une. cause mécanique, d’une action de substances floculées, non d’une cause chimique, puisqu'il est déterminé par es floculats les plus variés, d’origines les plus diverses: Et dans tous les cas un même fait se présente, la chute w de la pression artérielle, qui serait due à l’arrivée du \ floculat dans les centres nerveux, d’après M. À. Lu- 4 mière, qui établit sur cette donnée une explication du w choc traumatique tel que le conçoit M. Quénu, comme he un phénomène ayant ses origines dans la blessure où ” se fait une résorption de substances toxiques. La flocu=, 4

“lation déterminée par celle-ci serait la cause des troubles réunis sous le nom de choc.

La floculation explique d’autres faits, dit M. À. Lu-

hmière (Rôle des colloïdes chez les Etres vivants, 1921),

: les accidents chroniques de l’anaphylaxie expérimentale,

Se, Me 2 7

L'Ies troubles tardifs, aussi, de l’anaphylaxie sérique.

Et bien d’autres phénomènes. La fièvre peut-être, les

troubles de nutrition chroniques qui se rattacheraient ainsi, comme le veut M. Danysz, à l’anaphylaxie ; la

fréquence des maladies avec l’âge, la crise hémoclasique, etc. Il faut lire l'ouvrage pour comprendre comment

M] colloïdologie explique les maladies a frigore, les du- Lrées d'incubation, la disproportion entre les effets et les doses, les effets des radiations, etc.

Il n’y a nul doute sur la connexion entre la vie et l'état colloïdal, nul sur l’évolution des colloïdes et leur mort par floculation entraînant la mort des cellules ou celle-ci s'opère, nul non plus, sur la possibilité pour di-

lvers agents d'accélérer cette floculation. Et il se peut. 8 P

bien que beaucoup d’accidents pathologiques aient une origine commune, la floculation.

: L'état colloïdal est la condition physico-chimique de

la vie ; la floculation détermine la mort. Peut-on, par, dés moyens dont le sens est déjà indiqué, retarder la

floculation ? On conçoit tout l'intérêt de la question,

nettement posée par M. A. Lumière, pour la physio-

logie, la pathologie, la thérapeutique.

La mort a ur existé, la maladie aussi, qui les précède. Et jusqu'ici du moins la mort apparaît comme inévitable, Elle fait partie du plan de la nature,

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