LA MORT ET L'HÉRÉDITÉ ET D’AUTRES INFLUENCES
pour lui faire passer l'hiver et le rendre plante vivace ne se laisserait vraisemblablement pas faire. Peut-être réussirait-on en le soumettant expérimentalement à . des conditions l’empêchant de fleurir la première année. Car on connaît des exemples de plantes qui, annuelles | en tel climat, deviennent en climat plus froid bisan- … nuelles. Il semble même que des arbustes qui sont | annuels en tels habitats deviennent vivaces en d’autres ; moins accélérateurs de vie. Il y aurait certainement des hi expériences à faire dans cette voie.
…. Quoi qu’il en soit, l’âge où, dans chaque espèce, se produit la mort varie considérablement, du fait de À circonstances variées, de facteurs divers.
4 Il existe un facteur interne, inné, l’hérédité. C’est Eh:
à 4 ju bien connu que la da chez l’homme est
À pas qu’on n’en ait aucune quand ils sont OT jeunes ; | mais on en a moins.
Par l'analyse de statistiques familiales, R. Pearl a fait voir que sur 185 personnes atteignant 80 ans et plus, près de la moitié (46 ©.) ont eu un parent atteignant cet âge. Le tableau (p. 114) qu’il a donné est significatif,
» Onle voit, quand aucun des parents n’atteint 80 ans,
1 il n'y a que 5,3 © de la progéniture à ateinore cet
“y parviennent. Mais si les deux parents atteignent 80 ans et plus, 20,6 0}, de la progéniture font de même, On a donc quatre fois plus de chances d’atteindre un grand “age quand les deux parents l’ont déjà fait. Et la longé-
Varigny. 8
À Longévité des parents de personnes mourant à 80 ans et au delà.
Nombre Pourcentage |
Nombre |‘ de sujets de sujets de Sujets| vivant 80 | vivant 80 ans et plus|ans et plus
Age à la mort des parents
D D lt
Ont vécu plus de 80 ans :
ni l’un, ni l’autre parents...
un seul des parents .......
les deux parents..........
père seul (non la mère) ...
mère seule {non le père) ..
Le fait est-il général ?
la longévité chez d’autres organismes ? | L'expérience est facile à faire ; elle est. même assez vite réalisée quand on s’adresse à une espèce ayant un durée de vie normalement courte. Elle a été vérifiée su une mouche déjà citée, et utilisée depuis quelque ‘années en biologie, la mouche des nie ou du vinaigr la Drosophila melahopart, petite, à yeux rouges et corps brun. Elle aime beaucoup les fruits en décomposis. tion, se nourrissant de la levure qu’elle y trouve. Da biologie est bien connue. Partons de l'œuf. 24 heures il est devenu larve qui, après 3 ou 4 jou devient pupe d’où en 4 ou 5 jours sort l'adulte «
| LA MORT ET L'HÉRÉDITÉ ET D’AUTRES INFLUENCES 4145 … après 24 heures, se met à pondre. Bref, le cycle dure L'une dizaine de jours d’une génération à l’autre, Et la D durée de vie de l'adulte ? Elle varie de 1 à go jours, À peu PL prés comme chez l’homme, en comptant par années
D, dans ile cas de ce dernier, au lieu de jours. Le parallé- D liSme est intéressant et commode pour la comparaison. ; Capturons maintenant beaucoup de drosophiles pour … cn dresser la table de longévité. L'expérience a été faite L Bur prés de 7.000 individus, 3.216 femelles et 2.630 mâles. Et la courbe se présente tout à fait semblable à celle de l’espèce humaine, avec une seule différence :
PinY 2 pas chez la mouche la lourde morta À Qui existe chez l'homme. Il est vrai que dés sa naissance, est autrement équipée pour la vie que Lune l’est le nouveau-né humain : elle se tire d'affaire toute seule et n’est pas dépendante d’une mère, qui » pourrait être une imbécile. Peut-être, de facon générale, d'autre part, la courbe tombe-t-elle un peu plus vite ‘pour la mouche au début de l’âge moyen. Mais le parallé- 3 Jisme est très net, jusque dans ce fait que, à tout âge, il y DU à plus de survivants parmi les femelles que chez les … mâles.
Comment faire pour savoir le rôle que l’hérédité peut D jouer dans les différences de longévité ? La méthode D adoptée à consisté à établir des lignées distinctes ayant mouches de même souche, frère et
à leur ofigine deux sœur, et à établir la courbe de lon gévité pour ces lignées, beaucoup de soins et de sur-
lité infantile la mouche,
F4 eut 14 14
MA L'expérience demande 0 veillance.
D Or, dans ces conditions on obtient des courbes très | 4 différentes. Le maximum de‘durée de vie, selon la souche, D. peut varier du simple au double. 11 ÿ a manifestement
des lignées héréditairement prédisposées à vivre longtemps, d’autres, au contraire, à avoir la vie brève.
Maintenant croisons entre elles deux de ces souches à durée de vie si différentes. Si Mendel a dit vrai, nous devons avoir deux types de courbe bien distincts, paralièles aux courbes des deux parents. Nous le constatons en effet. Et maintenant, croisons deux individus des deux courbes ; on constate que ces hybrides, pour ainsi dire, ont une expectation de vie plus considéranle que les lignées d’où proviennent leurs parents. La durée moyenne de vie de la lignée lorsqu'elle a vie longue est de 44.2 + 0.4 jours. Celle du type a vie courte, de 14.1 0,2 jours. Or la durée moyenne de vie de la première génération hybride est de 51,5 Æ 0.5 jours. Chez lhybride la vie est plus longue que chez ses parents, de 7 jours.
La loi de Mendel s’applique bien exactement, si l’on continue l’expérience en mariant entre eux des individus de la génération hybride pour en obtenir une seeonde, et ainsi de suite.
Ce qui ressort de l’expérience, c’est que la longévité chez la mouche comme chez l’homme, constitue un caractère essentiellement héréditaire. Comme le dit plaisamment R. Pearl, la meilleure façon de s’assurer la longévité est de choisir grands-parents et parents la possédant eux-mêmes.
En passant, répondons à une question. On demandera peut-être comment il se fait qu’à la seconde génération on puisse discerner les types devant vivre longtemps de ceux qui doivent mourir jeunes, pour les croiser. C’est bien simple. Il y a une corrélation entre la durée de la vie et certains caractères extérieurs, enseignée par
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