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LA MORT FT L'HÉRÉDITÉ ET D’AUTRES INFLUENCES

Pexpérience et qui est mise à profit. Autrement, il faudrait des expériences et des tâtonnements sans fin.

La durée de la vie est donc chose héréditaire chez la Drosophila et elle obéit aux lois de Mendel, ce qui, en soi, constitue une preuve de fait.

Ce que l’observation démontre, dans le cas de l’homme, Pexpérimentation l’établit, et avec une parfaite solidité, dans le cas de la mouche. Les deux méthodes fournissent le même résultat. Et la même conclusion s’impose, dans les deux cas.

On voit donc — et on s’en doutait déjà — que si Phomme voulait s'appliquer à lui-même les méthodes dé l'élevage, qu’il a élaborées par l'observation et l’expérience, il pourrait créer des souches humaines caractérisées par une longévité exceptionnelle.

Ceci dit sur le facteur essentiellement interne, considérons en un autre qui tient le milieu entre le facteur interne et les externes : les sécrétions internes.

Rien de surprenant si certains physiologistes ont cherché du côté de ces dernières. Et tout d’abord, de

celle des glandes génitales. L'activité maximale de la L'olande génitale étant un apanage de la jeunesse, 1l semble “que si l’on pouvait réveiller celle-ci vers l’âge où elle

s’apaise, on raménerait l'organisme en arrière et on

“éloignerait d'autant la mort. Beaucoup d’hommes

avancés en âge, qui ne prennent pas leur parti de la loi

“fatale et passent leur temps à désirer des désirs qui se … montrent plutôt réfractaires, s’imaginent qu’à recouvrer telle des aptitudes de la jeunesse, ils feraient reculer

a mort. Raisonnement puéril édifié sur une préoccu-

+ pation sénile, au vrai sens des termes,

Dboi qu'il en soit, des phystologistes Voronoff et Dteinach en Date ont expérimenté à ce sujet. La presse quotidienne a beaucoup parlé de leurs recherches : elle savait intéresser toute la clientèle qui voudrait ne pas vieillir. Il en sera parlé dans un chapitre ultérieur mais on peut en dire un mot en passant. Steinach prend un rat en état de décrépitude sénile, âgé dé 26. mois. T1 Popère et a le plaisir de voir l’animal qui était maigre, pelé, faible, ensommeillé, paresseux, revenir peu à peu à la santé, et au bout de trois mois.se comporter à tous les égards comme un vigoureux jeune rat. Observons toutefois qu’il est mort dix mois après l'opération, Il n’a vécu que 8 mois de plus qu’un frère de même portée. Dteinach estime avoir prolongé la vie de ce quadrupède d’un quart ou d’un tiers. Peut-être ! On doit observer toutefois que, dans des expériences de Slonaker les rats vivaient en moyenne jusqu’à 40 mois, sans qu’on leur eût fait la moindre opération.

Steinach peut avoir « réactivé » temporairement sa bête et rallumé une torche qui s’achevait : mais il ne pourra être parlé utilement de l’efficacité de la méthode pour la prolongation de la vie qu’une fois qu’on aura des Statistiques solides sur la durée moyenne de la vie du rat : ou tout au moins de la lignée en expérience.

Il y a un peu ph d'intérêt et de biologie pure danses expériences qu'a faites Robertson sur l'extrait du lobe antérieur de la glande pituitaire, Ce lobe sécrète et abandonne au sang une certaine quantité d’une subs-

tance active ayant reçu le nom de tetheline, et Robertson

a recherché quelle influence l’ingestion, per os, de celle-er peut avoir sur la durée de là vie chez la souris blanche.

Cette substance est administrée durant toute la vie. |

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… Quel est le résultat ? C’est qu’évidemment la tetheline

À | parait prolonger Pexistence. Les mâles témoins vivent L #67 jours en moyenne ;les mâles nourris à la tetheline

en vivent 866. Les femelles témoins, 719 jours, et celles à la tetheline, 800. Il y a un léger avantage pour les animaux traités par conséquent. |

Mais qui ne voit que l’avantage dû à la tetheline est sensiblement inférieur à celui que procure l’hérédité —

dans le cas de la drosophile ? La sécrétion interne a son

influence : la tetheline en particulier en a une, mais elle

“est peu de chose auprès de l'influence de l’hérédité. P P

Aussi Raymond Pearl, dans sa Biology of Death, conclut-il

… que le facteur essentiel en matière de longévité, est bien

plutôt la nature que la « nurture », l’hérédité que le milieu.

"La médecine confirme cette opinion de façon générale. Car elle montre, par les statistiques, qu’en fait il importe

plus pour les populations de posséder une bonne résis-

“tance, d’être pourvu d’un terrain solide, que de dis- . poser de méthodes thérapeutiques ou sanitaires. Celles- “Ci n'ont qu'une action limitée.

C’est pourquoi la mortalité par tuberculose diminue peu, et lentement, malgré tous les efforts pour créer une

“hérédité satisfaisante. À l'égard de la tuberculose, l’im- “portancé du terrain est capitale.

Le grand problème, en cette matière, n’est pas celui de l'infection : c’est celui de la résistance naturelle à l'infection. De même en matière de longévité. Ce qui

… Compte, ce ne sont pas les moyens artificiels dont on

pourra faire usage pour lutter contre l’issue fatale, qui | reste inévitable, car, comme k dit Barrès, « dans la vie,

| passer de ces moyens. Quels espoirs Metchnikoff ne …

fondait-il pas pour lui-même, sur sa panacée contre la vieillesse et la mort, le bacille lactique ? Et pourtant il n’a pas atteint un âge avancé, malgré sa conviction et Sa persévérance.

À coup sûr le chimisme, intérieur ou extérieur, joue un rôle dans la durée de la vie. On connaît les expériences de J. Loeb sur l’influence du milieu chimique sur la vie des gamêtes des animaux inférieurs (voir H. de Varigny : La Nature et la Vie, À. Colin).

D'un autre côté, on a constaté des faits très curieux sur l’influence du chimisme extérieur, car sans doute c’est de chimisme qu’il s’agit.

Deux biologistes américains, R. Pearl et S. L. Parkes, ont publié un travail sur l’importance biologique de la densité de population sur la longévité de la mouche citée

plus haut, la Drosophile. La question qui se posait était | :

de savoir quelle est la proportion de population, dans un milieu donné, qui est la plus favorable à la longévité.

Il semblerait, à première vue, que, moins il y a d’or-

ganismes, mieux ils se trouvent, et plus ils vivent longtemps. Or, ce n’est pas ainsi que les choses se passent. Ce n’est pas là où il y a le moins de Drosophiles —

proportionnellement — que la longévité est le plus

prononcée. Le minimum de densité de population ne coïncide pas avec le maximum de longévité. IL faut une certaine densité moyenne ; au-dessus, et au-dessous,

la longévité est moindre. Dans un flacon on met deux mouches : elles vivent 28 jours; à 50, elles vivent

40 jours, mais à 00 elles ne durent que 28 jours encore,

pour mourir au bout de 17 et de 13 jours quand elles sh

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