LA MORT ET L'HÉRÉDITÉ ET D'AUTRES INFLUENCES
sont 150, et 200. On peut citer des faits analogues. Un infusoire se reproduit, asexuellement, bien plus vite s’il a un compagnon que s’il est seul. Un même nombre de bactéries se propage moins, répandu dans une culture étendue, que dans une culture restreinte. On ne voit guère pourquoi, pour le moment : mais une certaine densité de population est favorable à la vie des éléments individuels. Plus faible, et plus forte, elle est nuisible. Le fait est évident. Mais à quoi tient-il ?
Puisque nous parlons des Drosophiles, signalons en passant les expériences récentes de Pearl, sur linfluence que pourrait avoir — car il faut chercher des influences dans toutes les directions — sur la longévité de cette espèce, la condition aseptique.
Il faut bien se dire en effet que les facteurs pouvant jouer un rôle dans l'affaire ne se réduisent pas à un seul. Il ne suffit pas de constater l’action de la nature. de l’hérédité ; il faut voir aussi si la « nurture » n'intervient pas. Les dispositions ou propriétés innées ont leur valeur évidente ; mais il faut se demander si le milieu n’agit pas aussi : le milieu, c’est-à-dire l’ensemble des conditions extérieures. Chez tout organisme, il y a la nature, ce qui est inné et héréditaire, ce qui est tenu des ascendants : il y a la « nurture » aussi, comme disent les Anglais, remettant en honneur un vieux mot français, l'influence de l’éducation en psychologie, celle de Palimentation ou des diverses incidences extérieures en physiologie et biologie. Les deux influences existent, plus ou moins puissantes, et chacun connaît des exemples de la prépondérance de l’une sur l’autre. En biologie, de façon générale, la nature semble l’emporter sur la nurture, Nous savons combien la nature, l’héré-
LA MON | et qi BIOLOGIE
dité, mp en longévité. Voyons pout combien compte la nurture, le milieu extérieur. | | . La chose est-elle possible ? Dans une certaine mesure, assurément, Et l’expérience peut se faire, toujours sur la Drosophila. Voici comment. ni
C’est chose bien connue que chez beaucoup d’orga- 6 nismes, chez tous les supérieurs en particulier, les. microbes jouent un rôle considérable dans le fléchisse- à ment aboutissant à la mort. En certains cas, ils agit d’une invasion microbienne générale ; en d’autres, d’une spéciale, Dans les deux cas, il ÿ a rupture d'équilibre. Dés lors, le microbe peut bien avoir un rôle dans la déterbination de la durée de la vie. La nature n’est pas seule à compter. a Evidemment, il y a bien à tenir compte de celle-ci, . même dans infuènce de la « nurture ». Il n’est pas de sujet de 50 ans, dans les villes surtout — l’autopsie le démontre — qu n'ait été touché par la tuberculose, à. un moment ou à un autre de sa vie, Mais il a résisté ; affaire de nature, de résistance individuelle, qui, d’ailleurs Varie selon les moments. Les autres —— un sur dix environ — ont péri. ï
(Nous avons vu que pour Metchnikoff — voir en. D oulle ses Essais Optimistes — la mort est générale: ment le résultat d’une intoxication bactérienne. S’il en est ainsi, Un organisme vivant aseptiquement, sans. microbes, Hoit vivre plus longtemps que le même Of-
Espace, \ VA Il serait très difficile de réaliser anti sur l'homme et les animaux supérieurs, et de ie prolon F