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LA FRAGILITÉ DU SEXE MASCULIN

Les natalités masculine et féminine comparées. — Ce qu’en dit Laplace. — Influence des milieux. — Constante prépondérance de la mortalité masculine. — Mortalité selon les sexes, aux

différents âges. — La fragilité du sexe masculin, — A quoi

elle tiendrait. — Quelques observations sur la natalité selon la race. — Observations sur les animaux. — La mort pré-natale Chez l’homme. — Observations de Robinson. — Mortinatalité (Gouvelaire). — Mortalité masculine (Holmer et Goff).

Nous continuons à considérer la biologie de la mort chez l’homme particulièrement.

Deux faits qui s’y rapportent sont bien connus : celui de la natalité masculine prépondérante et celui de la mortalité masculine plus considérable. Laplace dans son Mémoire sur les probabilités, en 1783, écrivait ce qui suit : « La supériorité des naissances de garçons comparées à celles des filles observée partout, depuis Naples jusqu’à Saint-Pétersbourg, indique une plus grande possibilité dans la naissance des garçons avec

une probabilité très approchante de la certitude ». D'autre part, le Père Cotte, curé de Montmorency,

et physicien distingué, dit en 1784, dans son Traité

RE Te D Le 2 le ES

“de météorologie, où l’on trouve beaucoup de faits sur Md’autres problèmes que ceux de la météorologie, qu’ «en IMpénéral le nombre des garçons qui viennent au monde Men Europe surpasse toujours les filles ».

M Sans doute, selon les pays, il y a ou bien un excédent Mféminin, dans la population existante, et c’est le cas Mpour le nord de l’Europe ; ou bien un excédent mas- MCulin, dans le sud de l’Europe ; mais cela n’empêche Mpas que de façon générale, partout, il naît plus de garçons “que de filles. En Norvège, il y a près de 1,100 femmes Ë pour 1,000 hommes ; en Ecosse, 1,070 ; en Angleterre Ar, 062 ; en Allemagne, 1,039 ; en France, 1,014. Par “contre, en Italie, en Grèce, en Serbie, on ne trouve Mpius que 080, 950 et 930 femmes pour 1,000 hommes. MCes derniers pays devraient-ils s’adonner à la poly- “pamie, et les premiers à la polyandrie ? Dans les uns “et les autres, toutefois, il naît plus de garçons que de “filles : les statistiques le montrent nettement. Surtout “les statistiques modernes, qui tiennent compte des “mort-nés aussi bien que des sujets viables. Car la pro- “portion des garçons, parmi les mort-nés, l’emporte “de beaucoup sur celle des filles. On ne peut donc pas tenir grand compte des statistiques anciennes où il ln” est fait état que des sujets ayant vécu au moins | “quelques jours.

M Pourtant celles-ci peuvent fournir quelques indi- “cations d’où il ressort que la constante — la prépondérance générale de natalité masculine — n’est évidente “qu’à la condition d’envisager un groupement de popu- | lation durant une période étendue. Il y a certainement des variations d’un groupement à un autre, et, dans le même groupement, d’une période à une autre,

Do 218 LA MORT ET LA BIOLOGIE

V’ai sous les yeux les résultats du dépouillement desu registres de l’état civil d’une petite cité du littoral picard de 1873 à 1893. Sur ces vingt ans, ily en a quinze! où la natalité féminine (mort-nés non compris) a étél égale ou supérieure à la natalité masculine. Et à troisil ans d’intervalle on constate des écarts tels que le sui vant

FOSC 21 filles et 30 garçons. te SAIT 20 filles et r6 garçons.

Pour la même localité (avec des chiffres de popula tion évidemment différents), voici les chiffres de nata= ‘ lité à trois siècles d'intervalle, la date la plus ancienne ayant été choisie parce qu’étant la plus reculée de cellesh pour lesquelles les registres de l’état civil existent en-|

Çore :

10902 a RUE 94 garçons et 77 filles.

de LT AN ANR PL Lo garçons et 47 filles.

LOTO NU. 37 garçons et 15 filles, \ COR UNS 23 garçons et 24 filles. ‘41

Evidemment la production masculine est très insufA fisante en 1906. Mais elle l’a été auparavant aussi, Ainsi,! néreléve en 1601: |

63 garçons (avec 26 morts en bas âge).

68 filles (avec 10 morts en bas âge). À

La situation peut être très bonne, et bientôt aprésl très médiocre, sans que cela tire à cons qUERCS pour! l’avenir. En cinquante ans, de 1636 à 1686, où il y a! eu 69 garçons et 75 filles, ï y a eu passage d une situa» tion excellente à une situation très médiocre : mais deu 1736 à 1836, il y a une amélioration marquée, |

| Remarquons qu’à la même époque il y avait, dans

la localité visée, prépondérance de naissances féminines ; à Montmorency, prépondérance de masculines, et à Toulouse, d’après les observations de Mar- … corelle, une très légère prépondérance des masculines . aussi.

I1 faut donc admettre que si, dans l’ensemble, la nata- “ lité masculine est prépondérante, il y a pourtant des périodes où elle est inférieure ou égale à la natalité \ féminine. Et des milieux où la prépondérance masculine est plus ou moins bien marquée.

Ce qui n’est pas contestable, surtout quand on tient compte des mort-nés et des fausses couches, c’est que la mortalité masculine est plus élevée.

“ Elle l’est à tout Âge, ou à peu près.

. Dans un mémoire sur la Vitalité comparée de l'homme Met de la femme (Mém. Soc. Philom. de Verdun, t. 15, … rg01), C. Chamouin rappelle une statistique d’un mé- Al decin de Compagnie d’assurances américaine, d’où il # résulte que de o à 12 ans la mortalité masculine devient … sans cesse supérieure à la féminine. Vers 12 ans, la morà talité masculine est de 4,24 0/0 ; la féminine de 3,36. Fi Mais de r2 à 16, vient la puberté, qui est une période “ critique pour la petite fille : sa mortalité devient 1,68, … alors qu'elle est de 1,18 pour les garçons. Après 16 ans, la mortalité masculine redevient prépondérante (2,21 contre 1,70), Plus tard, les mortalités s’égalisent ; la mor- “talité par reproduction chez la femme est égalée par une mortalité très prononcée chez l’homme qui, de

“18 à 25 ans, passe par une période critique aussi,

WTA

“Vers 46 ans les deux mortalités sont égales. Mais pas

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