‹ La mort et la biologieChapitre 36 sur 44 · DER · texte numérisé non relu

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Celle-ci joue un rôle important dans l'insuffisance e natalité dont se plaignent les démographes. Quelle est sa fréquence ? L. A. Couvelaire, dans une intéres- Sante leçon, à Baudelocque, publiée par la Presse Médicale(19 novembre 1921), s’efforce de le faire voir. Preant les chiffres de la natalité et de la mortinatalité pour 920, en France, il arrive aux résultats suivants : coeffi- Cients de mortinatalité : 46 pour 1.000 pour la France entière ;, 72 pour 1.000 pour Paris.

+. À quoi tient la mortinatalité ? En s’appuyant sur les archives de Baudelocque, relatives à 57.642 naissances,

tinatalité pendant la gestation, avant le début de la parturition (30 pour 1.000 naissances), ii y a 346 cas de | toxémie gravidique, 175 de causes variées, 572 de causes ndéterminées, et 653 d’avarie.

service la réaction de Bordet-Wassermann est pratiquée stématiquement, dit-il, la proportion des cas de mort u fœtus attribuable à l’avarie s’est élevée à près de la moitié de l’ensemble de la mortalité fœtale, Le fait sentiel qui se dégage de cette enquête est que plus de a moitié des cas de mortalité fœtale est causée par une maladie héréditaire ou par des états pathologiques oxémie gravidique) contre lesquels nous sommes auurd’hui puissamment armés. » Quand donc ouvriraon les yeux ? Quand verra-t-on où se trouve, en réa- DU Varigay. . 15

de 1890 à 1910, on constate que sur 1.760 cas de mor-:

tient la preuve de son assertion. « Depuis que dans mon

eñnemi de la race et de la nation ? À côté de l’avarie,

| tuberculose, peste et choléra ne sont rien, Ces mala-

dies tuent des individus, soit, l’autre tue la race, elle supprime l'avenir.

Ceci soit dit en passant.

lité, le pire fléau d’entre toutes les maladies, le pire

Il est bien évident qu’une étude de la biologie de la! mort chez l’homme ne peut méconnaître les faits précédents. Nous avons vu qu'il fallait considérer la morta-\

lité chez les animaux depuis la conception, même mieux depuis la libération de l’œuf, jusqu’à la mort de lPin-W

dividu se développant hors de celui-ci. Il en va de même

chez l’homme. Ce n’est qu’un animal à côté des autres, soumis aux mêmes lois. Peut-être même est-il soumis, à plus de lois défavorables que les animaux : hygiène

et la santé générale de ces derniers sont supérieures «

à celles de l’homme. Celui-ci s’est créé des causes de

mort que les animaux ignorent. Mais il faut observer ceci encore, chez l’espèce humaine.

C’est que le sexe faible, c’est l’homme, Ce n’est pas la

première fois qu’est formulée la proposition, d’ailleurs. Elle peut se défendre, et au Congrès de l’Eugénique de,

New-York, de fin 1921, elle a été soutenue efficacement, Le sexe masculin est congénitalement moins résis-

tant. Dés le premier mois d’existence 1l meurt plus de

garçons que de filles : mais comme il s’en produit plus,

il resté, en fin de compte, à peu près autant d'individus.

des deux sexes,

Y a-t-1l élimination sélective ? C'est-à-dire à égalité de conditions défavorables, le mâle disparaît-il plutôt

que la femelle ? Les opinions vatient fort à cet égard.

NATALITÉS MASCULINE ET FÉMININE COMPARÉES 297 | Et deux chercheurs américains, S.-J. Holmes et J.- € Goff, ont entrepris de s’en faire une en interrogeant les AUS . statistiques. ; Ps … Tout d’abord quel est le rapport entre les deux mortalités infantiles, masculine et féminine, dans les pays où la mortalité infantile générale s’est modifiée ? Il “suffit pour s’en rendre compte de suivre les statistiques “depuis une quarantaine d’années. La mortalité infan- “tile générale a beaucoup diminué depuis 20 ans ; or, en même temps, il y a eu accroissement de la mortalité -masculine par rapport à la féminine. De façon générale le rapport MM./M.F. (mortalité masculine à féminine) “est plus élevé dans les pays à mortalité infantile faible : 1 Nouvelle-Zélande le montre bien, où la mortalité Minfantile est la moindre et où le M.M./M.F. est le plus élevé. Le phénomène est marqué : partout où la mortalité infantile a diminué, le rapport s’est élevé. : D’autres statistiques, établies sur des données diffé- no “rentes, atrivent à la même conclusion : à mortalité in- : fantile faible correspond un rapport M.M./M.F. élevé. Considérons-nous maintenant la mortalité pré-natale ? La situation est la même en ce sens qu’il meurt plus de garcons que de filles avant la naissance. Il s’en fait plus d’ailleurs. Chez les embryons humains examinés à l’Institut Anatomique de Dorpat on a constaté 159 mâles pour 100 femelles. Sur 3.78r avortements à Budapest, on a trouvé 152,4 mâles pour 100 femelles. à Parmi les morts-nés, 123,6 mâles pour 100 femelles. “ La proportion des fœtus mâles aux femelles au 4€ mois est de 229/100 : dans les avortements à Paris on

trouve, pour 100 femelles :

De o à 4 mois ......:..... 1801males | ALL ES) MOIS Need ORDRE "4 AU O0 MOIS. 10. URI ONU RES ANSSSS

Plus on considère des embryons jeunes, plus est pré- | pondérante la mortalité masculine. La production aussi . est plus prépondérante puisque encore à la naissance, 114 y a ro5 mâles pour 100 femelles.

Mais il faut bien voir une chose aussi ; C’est que le rapport M.M./M.F. qui est le plus élevé aux premiers | temps du développement ne fait que diminuer par la suite : il diminue de la formation de l’embryon à la4 naissance : il diminue encore de la naissance à lPâge adulte, sans que toutefois la vitalité masculine sembles# jamais égaler la féminine.

On dit bien que l’usure est plus prononcée chez l’homme que chez la femme ; que l’homme vit de façon plus! excessive et moins hygiénique que sa compagne. Assu- ; rément il produit et se dépense plus ; il est plus cata- À bolique, la femme plus anabolique. Mais deux fœtus, masculin et féminin, vivent dans les mêmes conditions,# de la même hygiène. Si les masculins meurent plus ques les féminins, c’est sans doute que la mortalité supérieure des premiers tient à des facteurs internes, congénitaux, M inhérents à l’état masculin. Le sexe masculin est plus® délicat. 4

Ïl paraît plus sensible à la syphilis : la mortalité in-W fantile syphilitique porte plus sur les garçons que sur lesu filles. Et de façon générale toute cause de mort agit plus sur les premiers, même les accidents. Une seule maladiew est plus mortelle aux dernières, la coqueluche.

Faut-il admettre, que, par rapport au type, le mâl

1 constitue une variation relativement défavorable que ! la sélection naturelle s’eftorce d’éliminer, dans une cer-

. taine mesure ?

Raymond Pearl, le très distingué biologiste amémricain, déjà souvent cité dans les pages qui précédent, ma tenté de donner un commencement de réponse à cette question Il s’est demandé dans quelle mesure les * malformations congénitales sont plus fréquentes chez le sexe masculin.

Voici longtemps qu’au dire des biologistes, le mâle apparaît comme plus variable que la femelle. Le mâle k Serait plus progressiste, la femelle plus conservatrice. “La théorie a été exposée, en particulier, par Havelock Ellis, dans Man and Woman. Mais Pearson, l’éminent D icien a exprimé ses doutes à cet égard.

» Quoi qu’il en soit, qu’en est-il des malformations ? IR: Pearl a interrogé les statistiques, et celles-ci lui ont fait voir que manifestement la mortalité par malformations congénitales est plus élevée chez le sexe masculin. ‘ ni s’agit des enfants nés vivants, seulement. La diffé- “rence n'est pas énorme (1.414 mâles et 7 270 femelles L 0 à 1 an ; 1.469 mâles et 1.226 femelles de o à 0 ans), “mais elle existe.

… D'autre part si l’on analyse les faits et les chifires “conformément aux méthodes biométriques, on constate que l’âge moyen, à la mort, résultant de malformations congénitales, est ble ne le même chez “les deux sexes, d’où il résulte que le degré, ou l’intens té moyenne des malformations n’est pas plus élevé Chez le sexe masculin que chez le féminin. Même, si l'on tient compte de la aranon de l’âge de la mort par nalformations, on arrive à la conclusion, qu’en réalité,

il y a plus de variabilité chez la femme en ce qui con. : cerne l'intensité ou le degré des malformations. | En fait, le sexe le plus sujet aux anomalies serait moins variabie par rapport À celles-ci, et le sexe le moins atteint serait au contraire plus variable à leur égard. 1] La conclusion de Pearl est toutefois, qu’il serait pré-W | maturé de déclarer le sexe féminin plus variable que le masculin, Car s’il peut sembler en être ainsi chez l’es-4 pèce humaine, il en va tout autrement chez d’autres 1 formes. , La vitalité de l’homme semble bien inférieure à celles . de la femme ; cette dernière est plus résistante, et dansh | ces conditions il est fort heureux que la production del . mâles l’emporte de façon marquée sur celle des femelles. La fragilité plus grande de l’homme répond-elle à une loi biologique générale ? C’est un point qu'il fau-| drait étudier. On sait, en tout cas, que l’huître mâle est moins résistante que la femelle, et pourtant il y a moins! de différences entre les deux sexes, chez l’huître — qui d’ailleurs . présente les deux tour à tour — que chez l'espèce humaine. | À Le fait de la fragilité FUPÉMIEUEE du sexe jusqu'ici réputé fort — et qui l’est d’ailleurs, à tous les autres points de vue — est donc constant chez notre espèce..Mais si on le constate, on ne l'explique guère. Le milieu féminin! | a-t-il une action toxique sur l’organisme masculin À On peut faire beaucoup de suppositions. Maïs pour répondre à la question il faut plus de données que nous . n’en possédons, et les biologistes auront de quoi s’occu: C per à en recueillir dans l’ensemble des êtres. :

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