LES ORGANISMES IMMORTELS
Les protozoaires se multipliant par division sont-ils immortels ? — Les expériences de Maupas. — La conjugaison est-elle nécessaire. — Expériences de Woodruff. — Plus de 8.000 générations agames. — Le problème de l’endomixie. — Expériences de Métalnikoff. — Etudes d’A. Lumière, — Impossibilité physique de la division infinie de la matière. — Les morts partielles de l'ancêtre primitif. — La signification du processus de conjugaison : son rôle dans le maintien de l’espèce.
Pourtant,dira-t-on peut-être, n’est-il pas souvent parlé, parmi les biologistes, d'organismes immortels ? Ne dit-on pas, en particulier, que les protozoaires, se multipliant asexuellement, par simple division de la cellule mèré en deux cellules filles, nous présentent des organismes ne mourant pas.(1) Sans doute un protozoaire peut mourir accidentellement, desséché, ou par la cha-
Leur, ou le froid. Mais les protozoaires actuels ne sont- | jls pas en réalité des fragments de l'ancêtre ? Il est
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permis de le penser à voir que cette reproduction asexuée suffit pendant de nombreuses générations, comme l’ont montré divers expérimentateurs.
(1) Bacillus ramosus se dédouble en 35 minutes : un individu en devient 4 millions en 24 heures.
Un organisme unicellulaire À se divise en deux. 51 l’on n’accepte pas l’idée de la mort sans cadavre, A continue d’exister, dédoublé, puis se dédoublant encore (1). Il continue sa vie, mais sous forme éparpillée, diffuse. En cinq ans, d’après Danysz, on peut voir défiler 25.000 générations d’un microbe donné : et tous ces individus sont des parcelles et sous-parcelles de l'individu primitif. Sans doute il en meurt à un moment ou l’autre, mais le fait reste qu’elles sont toutes poussière de la bactérie originelle.
Mais cet éparpillement se soutient-il indéfiniment ? Maupas, qui fut un observateur éminent, le premier à étudier le problème, arrivait à la conclusion que plus ou moins vite les infusoires de division vieillissent et meurent s'ils ne réussissent pas à se conjuguer, à se fondre, deux en un, par une sorte d’union sexuelle. Ils ne seraient immortels qu’à condition de faire de deux, un, de temps à autre, au lieu de faire toujours d’un, deux, ce qui est la pratique courante.
On peut faire remarquer d’ailleurs qu’il n’y a pas dew
cadavre non plus, en cette circonstance, où à la place de l’éparpillement se ferait une reconcentration. Cal-
kins confirme, en somme, les conclusions de Maupas.\
Il constate toutefois qu’on peut retarder le vieillissement et la décrépitude des infusoires privés de la res-
(1) EnrRENBERG semble avoir été le premier en 1838 à émettre
cette opinion. « La reproduction des infusoires par la division”
dit-il, supprime la possibilité de leur destruction individuelle"
et les'rend immortels. Ils se divisent indéfiniment durant un”
nombre incalculable d’années. »