‹ La mort et la mort subiteChapitre 10 sur 139 · LES SIGNES DE LA. MORT. — CIRCULATION · texte numérisé non relu

LES SIGNES DE LA. MORT. — CIRCULATION

mort. Bouchut (1), qui a étudié avec grand soin toutes ces questions, a dit, avec raison, qu’il ne fallait pas se contenter de tâter le pouls, mais qu’on devait remonter plus haut et ausculter le cœur. Dans un mémoire qu’il a publié et qu’il avait soumis à l’Académie des sciences, il déclara que l’interruption des battements cardiaques, prolongée pendant deux minutes, suffit pour assurer le diagnostic certain de la mort. Andral, qui avait été nommé rapporteur du mémoire de Bouchut, croyait qu’il était nécessaire que cette interruption fût portée à cinq minutes. Plus tard, il dut reconnaître que ce n’était même pas là un espace de temps suffisant, puisqu’il avait eu affaire, dans l’intervalle, à une femme qui revint à la vie quelques heures après que les battements du cœur avaient cessé «l’être perceptibles. Il est vrai que, de temps en temps, on percevait quelques contractions qui s’éteignaient pour reparaître plus tard.

Bouchut veut qu’on ausculte le cœur pendant une demiheure. 11 y a là au moins deux causes d’erreur; messieurs, on ne peut pas ausculter sans interruption le cœur pendant une demi-heure entière. Essayez de le faire; au bout de cinq à six minutes, vous entendrez des bruissements, des murmures de toute nature, et enfin vous entendrez les battements de votre cœur. Une seconde cause d’erreur est la suivante: quand un animal est expirant et qu’on l’ausculte, on perçoit très bien les deux battements du cœur, puis on n’en entend plus qu’un qui disparaît à son tour. On ouvre l’animal, le cœur bat encore. Pour que nous entendions les battements cardiaques, il faut donc que le cœur se contracte avec une certaine énergie. Et puis, sans suspecter les talents de mes confrères, il est évident que certains médecins pourront encore percevoir les battements du cœur quand d’autres ne les entendront plus. L’acuité de l’ouïe n’est pas la même chez tout le monde, et, en matière d’auscultation, l’éducation de l’oreille est une chose très importante. Il est

(I) Bouchut, Les signes de la mort et les moyens de j.râvenir les inhumations prématurées , 3° édition. Pari», 1883.

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