LES SIGNES DE LA MORT. — CIRCULATION
vénients, dont le moindre serait l’ignorance des prêtres chargés de les tenter, et je n’ai pas besoin d’insister sur leur caractère à la fois enfantin et incertain.
Le docteur Collongues (1) attribue une grande valeur à la dynamoscopie; le docteur Collongues affirme que lorsqu’on met dans son oreille le doigt d’un individu vivant, on perçoit nettement deux bruits, deux petits roulements produits par le système musculaire. Lorsque ces bruits disparaissent l’individu est mort.
Messieurs, outre qu’il n’est pas très agréable d’introduire dans le conduit auditif le doigt d’une personne décédée, il y a là deux causes d’erreur : 1° quand on met dans l’oreille le doigt d’un individu vivant, on peut entendre une foule de bruits que je comparerai volontiers au bourdonnement, au bruissement que provoque l’application d’un coquillage contre le conduit auditif; 2° quand l’individu est mort, ces bruits peuvent être à peu près semblables si le doigt n’est pas bien placé.
Respiration. — L’abolition de la respiration est le plus inûdèle de tous les signes que l’on ait invoqués. Vous connaissez répreuve de la glace placée au-devant des lèvres du mort; vous ne connaissez peut-être pas celle du verre d’eau, plein jusqu’aux bords, placé sur le creux de l’estomac, et que préconisait Winslow. Pour lui, si l’eau se répand, la personne n’est pas morte.
Winslow oubliait ou ne savait pas qu’après la mort il persiste des contractions rhythmées du diaphragme qui provoquent des évacuations gazeuses, quelquefois des hoquets, sous l’influence desquels la glace est ternie et le verre renversé.
Circulation. — J’arrive, messieurs, aux deux signes ou à l’ensemble des deux signes les plus importants, c’est-àdire à la cessation de la circulation et aux phénomènes thermiques qui succèdent à la mort. Autrefois, on tâtait le pouls du moribond et, quand on ne percevait plus le battement de l’artère radiale, on disait : tout est fini, le malade est
(1) Collongues, Traité de Dynamoscopie . Paris, 186?.