Mort subite dans le pneumothorax (1). — Homme de
28 ans. Tuberculose au début. Un jour, point de côté subit et violent à gauche, dyspnée extrême, etc. Signes classiques de l’hydropneumolhorax à gauche Anorexie, amaigrissement, sueurs noc-
turnes, dyspnée persistante, etc.... Environ un mois après le point de côté, le malade voulant se lever pour s’asseoir près de son lit est pris tout à coup d’un angoisse terrible, avec pâleur de la face et menace de syncope: au bout de dix à douze minutes d’angoisses, il meurt sans avoir pu proférer une parole.
Autopsie. — On trouva un pneumothorax double eL deux fistules pulmonaires, dont l’une ancienne, à gauche, et l’autre récente à droite : c’était cette dernière qui avait causé la mort.
151. Mort subite dans la phtisie (Thrombose pulmonaire et embolie pulmonaire) (2). — Un jeune homme de 22 ans, atteint de phtisie parfaitement constatée par les signes physiques et généraux mourut subitement alors que rien ne pouvait faire présager une issue aussi prompte.
L’autopsie révéla dans les deux poumons, mais surtout adroite l’existence de tubercules encore à l’état de crudité. La dissection de l’artère pulmonaire montra du côté droit un grand nombre de caillots, d'autant plus qu’on se rapprochait davantage de la périphérie : là, ils étaient complètement décolorés, friables, granuleux, etc... Dans le voisinage du tronc de l’artère pulmonaire, c’est-à-dire dans les grandes divisions droites de ce vaisseau, les caillots étaient frais et élastiques. A l'entrée de la division droite, dans le tronc de l’artère pulmonaire, se voyaient des anfractuosités qui ne permirent pas de conclure à une formation régulière de caillots, et en effet, l’ouverture de la branche gauche de l’artère montra dans celle-ci le sommet du caillot de la branche droite : il avait la grosseur d’une petite noix et n’était même pas arrivé jusqu’à la première bifurcation. Sa surface dirigée vers le tronc était anfractueuse comme le sommet du caillot de la brandie droite.
(En présence de cette disposition des caillots, les auteurs de l’observation n’ont pas hésité à attribuer la mort à l’oblitération subite et instantanée de l’artère pulmonaire gauche.)
152. Mort suspecte. Tuberculose aiguë. — Je soussigné Paul Brouardel, commis par M. Ditle, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 4 février 1885, etc.
Le cadavre est celui d’un jeune garçon paraissant robuste et
(1) Duguet, in Besson, De la mort subite dans certaines affections tuberculeuses, Thèse, 1883, p. 20.
(2) Feltz, Gaz. des hôp ., 1870, p. 250.