EMPHYSÈME PULMONAIRE, PHTISIE, PNEUMONIE, ETC
d’une taille moyenne. La peau est doublée d’un panicule adipeux très marqué. La rigidité cadavérique a complètement disparu, la putréfaction est à peine commencée. Sur la peau qui recouvre la bosse frontale droite, on remarque une cicatrice, blanchâtre, ancienne.
A 1 centimètre environ au-dessus du sourcil droit, se trouve une petite érosion rappelant la forme d’un coup d’ongle.
Sur la peau de l’oreille droite, on voit une petite érosion superficielle n’intéressant que la peau.
Sur l’avant-bras droit, au niveau du pli du coude, sur le trajet de la veine médiane basilique droite, se trouve une petite cicatrice, linéaire, rougeâtre, analogue par sa forme et par son siège à celle que laisse une saignée. Entre la peau et la veine, dans le tissu cellulaire sous-cutané, il s’est formé un petit thrombus.
Les ongles des doigts sont rongés. Sous l’ongle du médius droit on constate une petite ecchymose (pinçon).
Sur la peau de la face dorsale du médius gauche, se trouve une petite ecchymose.
Il n'y a pas de traces de violences sur les autres parties du corps.
Il n’y a pas d’épanchement sous le cuir chevelu. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est très congestionné, mais se décortique facilement. On ne découvre pas de tubercule. Il n’y a ni lésions, ni tumeurs dans le cerveau, le bulbe ou le cervelet.
L’œsophage et la trachée sont sains.
La cavité pleurale droite renferme environ 100 grammes de liquide. Dans la plèvre gauche il n’existe que quelques grammes de liquide. 11 n’y a pas d'adhérences pleurales, il existe un certain nombre d’ecchymoses sous-pleurales.
Les deux poumons sont le siège de nombreuses granulations tuberculeuses.
Dans le poumon droit, on voit, à la loupe, quelques noyaux de broncho-pneumonie. Par la pression des poumons l’on fait sourdre des bronches dans la trachée beaucoup de mucosités presque purulentes.
Le péricarde renferme une quantité très notable de liquide séreux. Il n’y a pas d’ecchymoses sous-péricardiques. Les cavités du cœur sont remplies de caillots sanguins rouges. Les valvules sont saines.
L’estomac esta peu près vide et sa muqueuse est saine.
Le foie est sain. La rate est un peu grosse, mais paraît saine. Les reins sont sains et se décortiquent facilement.
Les intestins paraissent sains.
OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
Conclusions. — 1° La mort est le résultat d’une tuberculose pulmonaire aiguë.
2° Ou ne conslate aucune trace de violences sur les différentes parties du corps.
153. Mort subite par emphysème pulmonaire (1). — Une femme de 47 ans, après avoir fait un souper copieux avec son amant, passa la soirée à rire, puis elle se coucha avec lui. Durant l’acte du coït, elle se jette à bas du lit, s’assoit sur une chaise, demande avec instance du secours. Son amant va chercher un médecin, mais à son retour cette femme avait succombé; elle était étendue roide sur le sol, la tête appuyée contre le lit.
A l’autopsie, o:i trouva, outre les altérations résultant d’une congestion séreuse des poumons, un emphysème général.
154. Mort subite par emphysème pulmonaire (2). — Dans une rixe suscitée entre deux beaux-frères pour des affaires d’intérêt, au milieu de l'altercation, l’un d’eux appliqua un soufflet à l’autre. Ce dernier plus fort que son adversaire s’élance pour le terrasser, mais il est aussitôt retenu par plusieurs personnes qui lui font remarquer que son beau-frère est évidemment ivre. Contraint de maintenir sa colère, il quitte le lieu où la scène venait de se passer, et arrivé à la porte de sa demeure, distante de quinze pas environ, il tombe mort la face contre terre.
Les circonstances qui avaient précédé cette mort inopinée autorisaient à penser qu’elle pouvait résulter d’un coup que cet individu avait reçu. Une enquête judiciaire fut ordonnée et, à l’ouverture du cadavre, on trouva les poumons siège d’un énorme emphysème pulmonaire.
155. Mort subite. Suspicion d’empoisonnement. Cancer des poumons. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Feuilloley, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 27 juillet 1881 , etc.
Le cadavre du sieur L..., âgé de 60 ans, est celui d’un homme grand et vigoureux. — La putréfaction gazeuse est très avancée et les jambes sont un peu œdémateuses. La rigidité cadavérique a complètement disparu.
A l’ouverture du crâne, nous constatons que le cerveau est très diffluent et qu’il est absolument putréfié.
La trachée est complètement vide et paraît saine.
Les poumons présentent quelques adhérences aux sommets. Ils ne paraissent pas très congestionnés. Dans toute leur étendue,
(1) Vernet, Des causes de lu mort subite. Thèse, 1873, p. 19.
(2) Vcrnet, Idem , p. 20.