Mort subite par rupture du diaphragme
166. Mort subite, pendant le travail de l’accouchement, par rupture du diaphragme (2). — Une jeune dame, au moment des douleurs de l’enfantement, voit, de son lit, son mari, qui était assis près du feu, tomber à la renverse. Elle jette un cri plaintif, articule quelques mots d’une voix éteinte et expire aussitôt en donnant le jour à un enfant bien portant.
A l’autopsie, on trouva le diaphragme rompu à gauche. L’es-
(1) Foucart, Thèse, p . 15.
(2) Moynier, Des morts subites chez les femmes enceintes ou récemment accouchées. — Gapins, Thèse, 1846.
tomac, l’épiploon et le côlon étaient passés en grande partie dans la poitrine.
167. Mort subite par déchirure du diaphragme suivie de la pénétration brusque des organes abdominaux dans la poitrine (1). — Dudaëus rapporte l’histoire d’un homme qui mourut subitement en vomissant difficilement les aliments grossiers qu’il avait ingurgités...
A l’autopsie, on remarqua que la partie tendineuse du diaphragme était déchirée en étoile, et que l’estomac et l’épiploon s’y étaient engagés.
corps thyroïde.
168. Mort subite dans le goitre (2). — Une jeune fille de 14 ans portait un goitre très prononcé... Un jour, elle fut prise d’un accès de dyspnée et succomba en quelques minutes.
Autopsie. — La trachée-artère était comprimée par la tumeur de telle sorte qu’elle avait pris la forme d’un fourreau de sabre. Il n’est rien dit de l’examen microscopique de la trachée-artère. On sait, en effet, que Roser a tenté d’expliquer la mort subite dans le goitre par la dégénérescence graisseuse de la trachée-artère à l’endroit de la compression. Virchow fait remarquer que dans ce cas, la mort semble avoir été causée par un gonflement rapide de la tumeur.
169. Mort subite. Goitre suffocant. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Bitte, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 23 janvier 1884, etc.
Le cadavre est celui d’une femme paraissant âgée de 38 ans environ, d’une taille moyenne, assez vigoureuse. La putréfaction est commencée, la rigidité cadavérique a complètement disparu. Le corps présente de nombreuses lividités cadavériques occupant principalement les parties déclives et la face postérieure du thorax, l’abdomen est légèrement ballonné.
On ne découvre aucune trace de violences sur les différentes parties du corps et notamment de coups d’ongles ou d’érosions sur la peau du cou ou de la face.
Il n’y a pas d’ecchymoses sous-conjonclivales.
Sous le cuir chevelu il n’y a pas d’épanchement sanguin. Les os du crâne ne sont pas fracturés. La boîte osseuse présente une
(1) Vernet, Des causes de la mort subite. Thèse, 1873, p. 29.
(2) Jacusiel, Comptes rendus de la Soc. méd. de Berlin. Semaine médicale, 1884, p. 454.