Coup de chaleur (I) — Commis de marine, passager sur
le transport la Garonne. Indisposé depuis deux jours. Il avait eu un accès de fièvre le 17 au matin
Le lendemain malin, le 18, il se sent faible. Anorexie. Pas de fièvre.
Vers 10 heures, il prenait part à la conversation. « Nous
n’avions remarqué aucun symptôme inquiétant, lorsque sans motifs il se met à chanter quelques paroles et tombe aussitôt privé de sentiment et de mouvement.... » « .... La face est cadavérique,, les yeux largement ouverts, les pupilles dilatées, la bouche béante, les lèvres pâles et exsangues, la peau est chaude, mais sèche. Pouls fréquent, petit, dépressible, respiration lente, irrégulière, mouvements du cœur précipités. Pas de refroidissement aux extrémités. » Le pouls faiblit de plus en plus. La respiration de-
vient anxieuse, saccadée, avec de longues intermittences, puis elle s’arrête brusquement.
La mort survient trente-cinq minutes après le début de l’accident.
170. Coup de chaleur (2). — Sœur de charité, passagère pour la Cochinchine sur le transport la Garonne.
Un matin, à 10 heures, elle se plaint de céphalalgie et de sensation douloureuse à l’épigastre. Pouls à 80°. Peau chaude, sans moiteur. Pas de frissons.
Le même jour, vers 5 heures du soir, en voulant descendre de sa couchette, elle tomba subitement, privée de sentiment: La malade est sans connaissance, avec perte complète de la sensibilité et du mouvement, visage pâle, yeux ouverts sans expression, pupilles dilatées et insensibles à l’action de la lumière, bouche ouverte,, lèvres décolorées, langue sèche, roideur des membres qui sont
(1) Texier, Considérations sur plusieurs cas de mort subite observés dans la mer Rouge en juillet 1862. Thèse, Montpellier, 18GG.
(2) Texier, loc. cil.
394 OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
insensibles aux excitants, pouls faible et précipité, respiration lente, pas d’algidité, pas de vomissements, pas d’évacuations. Le pouls faiblit de plus en plus, devient imperceptible ; la respiration est pénible, anxieuse, elle s’arrête subitement et la mort survient après quarante minutes, sans que la malade ait recouvré l’usage de ses sens.
Nota. — Il faisait dans le logement des sœurs une chaleur excessive : 45°.
171. Coup de chaleur (1). — Enseigne de vaisseau. Depuis près de trois ans dans les mers de Chine. Avait eu en Cochinchine plusieurs accès de fièvre intermittente. Depuis trois mois, il n’avait pas eu d’accès.
Il a fait son service dans la journée du 18 juillet.
Il se plaint d’un peu de malaise. Il dîne à 4 heures, se couche à 9 heures. Ail heures, il lisait dans son lit, se plaignant seulement de la chaleur. Un quart d’heure plus tard, on trouvait le malade dans le même état de paralysie que dans les cas précédents. Il avait eu comme eux un peu de délire au début, et les mêmes accidents cérébraux s’étaient manifestés et persistaient avec la même ténacité.
Vingt minutes après, le malade était mort.
172. Coup de chaleur (2). — Un aspirant de marine, après être resté à terre toute une journée, rentra à bord sans trace d'insolation, mais avec une très grande fatigue et de la céphalalgie.
11 se couche et une demi-heure après on le trouve presque sans connaissance, ouvrant à peine les yeux et ne répondant que très difficilement lorsqu’on l’interroge. Peau sèche, rugueuse, brûlante, trismus.
Malgré le sulfate de quinine à haute dose, mort dans le coma , douze heures après le commencement de son accès.
(1) Texier, Considérations sur plusieurs cas de mort subite observés dans la mer Rouge , en juillet 1 8G2. Thèse, Montpellier, 186G.
(2) Lcollec, De l’influence des hautes températures sur la production ■des accès pernicieux dans les pays chauds. Thèse, 1873.