‹ La mort et la mort subiteChapitre 130 sur 139 · MORT SUBITE PAR URÉMIE · texte numérisé non relu

MORT SUBITE PAR URÉMIE

Le foie est dur, non lobule, ni cirrhotique en apparence. Il paraît être atteint d’hépatite interstitielle. La bile est foncée et 11e contient pas de calculs.

Les reins sont très durs et petits; la décortication est presque impossible; au niveau du rein gauche il y a un petit épanchement sanguin.

La rate est peu diftluente.

La vessie est dilatée et contient une certaine quantité d’urine. Cette urine ne contient pas de sucre; elle ne contient que 1 gr. 50 cent, d’urée par litre ; elle a une densité de 1004, et contient un peu d’albumine.

Conclusions : 1° X... était atteint d’une néphrite interstitielle;

2° Cette maladie expose à des accidents convulsifs, éclamptiques, épileptiformes;

3° X... semble avoir succombé dans une crise urémique convulsive ;

4° Les contusions disséminées sur son corps peuvent être le résultat d’une chute et de coups pendant les mouvements désordonnés provoqués par sa maladie.

211. Mort rapide par urémie foudroyante dans les calculs de la vessie (1). — Femme de 68 ans, trouvée sans connaissance dans sa chambre. Coma profond. Respiration stertoreuse. Pouls petit, filiforme. La mort a lieu pendant la nuit.

Autopsie. — Dans la vessie, un calcul de la grosseur d’un petit œuf de poule occupe le trigone vésical, enchatonné dans l'épaisseur de la paroi, de façon à comprimer exactement l’embouchure des 2 uretères.

Uretères énormément distendus, surtout à gauche. Rein gauche presque complètement atrophié, avec ddatalion considérable du bassinet.

La vessie était forlement rétractée et vide d’urine.

212. Mort subite dans le rhumatisme articulaire aigu, par lésions rénales (urémie) (2). — Femme de 34 ans. Enlre à l’hôpital avec un rhumatisme très douloureux des genoux, des coudes et des épaules, avec point de côté à gauche.

Bruits du cœur un peu sourds. Pas de souflle morbide.

Pas de mal de tête. Peu d’urine.

Le lendemain du jour de son admission, cette femme allait mieux et avait pris des aliments. Mais, tout à coup, à 7 heures du soir, elle fut prise de délire et succomba au bout d’une heure.

(1) Chambige, Mort subite dans l’urémie. Thèse, 1879, p. 30.

(2) Ellislon, Brit. med. Journ. et Gaz. des hop., 1805, p. 4GG.

OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES

Aulopsie. — On trouva les deux reins dans un état de dégénérescence graisseuse.

Il n’est pas douteux que la mort ait été due à l’empoisonnement urémique : Et cependant nul signe, ni coma, ni slupeur ne le faisaient prévoir.

213. Mort rapide dans le cancer de l’utérus, par urémie foudroyante (1). — Une vieille femme, amaigrie, cachectique, passait, à 10 heures du soir, devant l’hôpital Saint-Antoine, quand subitement elle tombe sans mouvement sur le trottoir : Résolution complète. Pâleur extrême de la face. Respiration stertoreuse. Pouls très lent. Quelques heures après la malade succombe.

L'autopsie fait reconnaître un cancer énorme de l’utérus, remplissant toute la cavité pelvienne. Uretères considérablement distendus. Les deux reins complètement détruits et convertis en une espèce de coque fibreuse.

214. Mort rapide par urémie foudroyante dans le cours d’une maladie de Bright latente (sans albuminurie) (2). — Une jeune femme de 34 ans, souffrant depuis longtemps d’une douleur de la région des reins, entra à l’hôpital avec des symptômes d’embarras gastrique, accompagnés d’un état fébrile modéré. Elle accusait une céphalalgie intense, dont elle faisait remonter le début à o à 6 jours. En même temps, un peu de bouffissure de la face, mais sans albuminurie....

Cependant, l’embarras gastrique parut s’amender, la céphalalgie diminua et pendant 8 jours, on ne put arriver à constater d’albuminurie....

Un matin, on trouva cette malade dans un état stertoreux et offrant des mouvements convulsifs et de la contracture dans le côté droit du corps : La mort survint rapidement.

L 'autopsie montra l’existence d’une lésion de Bright, avec atrophie de la substance corticale. Intégrité du cerveau et de ses enveloppes, sauf la présence d’une très petite quantité de sérosité sur les cavités ventriculaires.

215. Mort suspecte. Suspicion d’homicide. Prostatite. Urémie. —

Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. E. Ferey,juge d’instruction, en vertu d’une ordonnance, en date du 29 janv. 1881, etc.

Aspect extérieur. — Le cadavre est celui d’un homme de 56 ans, maigre et paraissant peu vigoureux. La rigidité cadavérique n’existe plus; la putréfaction est commencée.

Il n’existe aucune marque de violences sur le corps. Le tronc

(1) Aran, Leçons de l’Hôtel-Dieu. — Chambige, Mort subite dans l'urémie. Thèse, 1879, p. 21.

(2) Moutard-Martin, Union méd., 1865, t. XXVI, 2e série, p. 45.

Page 1