LES SIGNES DE LA MORT. — TEMPÉRATURE POST MORTEM
il a résumé ces variations clans une courbe un peu trop théorique. WunderJich (1) a attribué l’élévation de la température post mortem, dans les maladies zymotiques, à la rigidité cadavérique; il pense qu’il se produit à ce moment des phénomènes thermo-chimiques identiques à ceux qui accompagnent la contraction musculaire. Il est inutile de discuter cette question en ce moment. ,
En 1872, M. Bourneville (2) a constaté, chez un individu qu’on trouva le soir dans la rue et qu’on porta à. l'hôpital, 27°4 dans le rectum. Il était onze heures du soir. On réchauffa cet homme, et, à une heure du matin, la température rectale était de 28°2.I1 mourut à huit heures du matin; cinq minutes après la mort, le thermomètre monta brusquement à 36°2 Cet individu n’était pas en état d’ivresse.
Il y a donc des individus qui, sous l’influence de l’ivresse, ou par une autre cause, ont une circulation périphérique ou très gênée ou tout à fait abolie; ces individus meurent. Le spasme qui gênait leur circulation cesse et la température remonte. Il y a là quelque chose de très troublant au point de vue de la valeur de ce signe.
En 1878, le DrGuiilemot (3) étudia ces mêmes faits dans une bonne thèse qui n’eut cependant pas de résultats très pratiques. Il constata qu’après la mort, la marche de la température rectale et de la température axillaire ne suivaient pas les mêmes lois; la température axillaire, qui peut être considérée comme donnant la température extérieure, périphérique, diminue pendant que la température rectale ou centrale reste la même ou dans tous les cas diminue lentement; au bout de quelque heures, l’équilibre tend à s’établir, et Guillemot a trouvé qu’il était à peu près complet au bout de trente heures.
Vous connaissez tous le paradoxe de Marey. Une personne placée entre deux autres personnes, leur donne à
(1) YVunderlicli, Arcliiv der IJeil/cunde, t. II, p. 547.
(2) Bourneville, Gazette des hôpitaux. 1872, p. 32.
^3) Guillemot. Thèse de 1878.