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LA MORT SUBITE DANS L’ALCOOLISME

Messieurs,

L’alcoolisme nous a déjà occupé à plusieurs reprises dans le cours de ces leçons ; cependant il est nécessaire de préciser plus spécialement certains faits.

L’alcoolisme revêt plusieurs formes ; au premier degré nous avons l’individu qui ne fait qu’un excès, un seul, fatal par exception : c’est l’individu qu’on ramasse, ivre mort. Viennent ensuite le demi-alcoolique et l’alcoolique chronique.

A. Ivresse. — Comment meurt-on dans l’ivresse soudaine, à la suite d’un seul excès? On meurt par refroidissement.

Vous savez que dans l’ivresse légère la face devient rouge, vulteuse; quand l’ivresse est plus profonde les capillaires de la surface se dilatent, il se produit une paralysie vaso-motrice périphérique. L’individu élimine, par conséquent, par le rayonnement, une grande quantité de chaleur. Quand on porte un homme qu’on a trouvé ivre mort, à l’hôpital, le thermomètre introduit dans le rectum montre que la température centrale peut tomber à 24°. Deux faits de ce genre ont été rapportés l’un par M. Laborde, l’autre par M. Bourneville.

Est-ce là le seul mode de refroidissement auquel sont soumis les gens en état d’ivresse? Je ne le pense pas. Magnus Huss, un médecin danois, a signalé il y a une trentaine d’années, dans le sang des individus morts en état d'ivresse, la présence de petits globules graisseux. Moi-même j’ai vu, en faisant en 1870 des expériences sur le sang des varioleux, des scarlatineux, des alcooliques en état de delirium Iremens, que les globules sanguins perdaient une notable quantité de leur oxydabilité ; ne fixant plus l’oxygène, ils ne peuvent

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