XIII. — LA MORT SUBITE CHEZ LES ENFANTS
Messieurs,
La mort subite chez l’enfant est différente, au point de vue de la pathogénie, des morts subites de celles que nous avons étudiées chez l’adulte ; ce qui la domine ce sont la facilité avec laquelle se font, chez l’enfant, les congestions et l’extrême violence que peuvent affecter, chez lui, certains réflexes sous l’influence de l’excitabilité des centres nerveux.
Je crois inutile, d’ailleurs, de passer avec vous en revue, au point de vue de la mort subite de l’enfant, toutes les maladies, toutes les affections que nous avons successivement étudiées ensemble quand nous nous sommes occupés de la mort soudaine et suspecte de l’adulte.
ü Je me contenterai de vous présenter les faits principaux, de vous donner en quelque sorte la dominante .
La mort subite chez l’enfant est fréquente. West rapporte que sur 627 cas de mort subite, relevés par les officiers de police de la ville de Londres, en 1854, 272 cas concernaient des enfants de moins de cinq ans; parmi ceux-ci, 126 n’avaient pas un an.
La mort subite chez l’enfant est due en général à l’une des cinq grandes causes suivantes : syncope, convulsions, asphyxie, congestion pulmonaire, accidents intestinaux.
A. Syncope. — Avant d’aborder leur étude, permettez-moi. Messieurs, d’élucider en peu de mots un point qui a prêté quelquefois à des interprétations fâcheuses et fait naître le soupçon d’une mort suspecte :je veux parler de la syncope. La syncope est fréquente chez l’enfant : doit-on l’attribuer à une violente douleur, à un réflexe, à une inhibition? De-