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LA MORT SUBITE CHEZ LES ENFANTS

vergie, Rilliet et Barthez pensaient que la syncope était une cause fréquente de mort subite chez l’enfant : Barthez en cite plusieurs cas à 6 ou 7 mois, Devergie à un an.

Celte mort peut être due à une affection cardiaque qui est possible chez un jeune enfant, même chez un nouveau-né; elle peut avoir pour cause une malformation cardiaque, la persistance du trou de Botal, du canal artériel, une communication anormale entre les deux ventricules, etc. Ce sont des cas plus fréquents que ceux où l’on a constaté une lésion du cœur d’origine inflammatoire.

Mais la syncope mortelle survient, chez l’enfant, en dehors de toute lésion ou de toute malformation cardiaque, et elle est loin d’être rare.

B. Convulsions. — Il arrive assez souvent que les enfants meurent deconvulsions. Autrefois, Messieurs, partant de l’idée que les convulsions étaient dues h une lésion encéphalique, les médecins et le public étaient unanimes à leur reconnaître une grande gravité. Il y eut ensuite une réaction sous l’influence de Trousseau, qui ne voulait pas voir, dans les convulsions, un accident très dangereux.

Messieurs, un enfant qui a des convulsions est toujours dans un état grave. Ces convulsions peuvent être dues à différentes causes ; il y a les convulsions d’origine cérébrale, dues à des hémorrhagies, à des ramollissements, à des tumeurs, à des tubercules volumineux, comme dans un fait de Parrot. Ces morts soudaines sont d’autant plus suspectes, que l’on ne pense pas, vu l’âge auquel l’enfant succombe, qu’il ait pu être atteint d’affections de cette nature.

Une des lésions qui amènent le plus fréquemment la mort à cet âge, c’estlasyphilishéréditaire. La syphilis héréditaire provoque dans les vaisseaux des lésions qui simulent une hémorragie cérébrale ou une méningite et déterminent une mort imprévue. Quelquefois, dans ces cas-là, on trouve à l’autopsie une carie osseuse et de la périartérite ou de l’endarterite.

Signalons encore l’hémorragie méningée ; celle-ci se présente plutôt, chez l’enfant, au moment de la dentition. II

LA MOUT SUBITE

se fait alors chez lui des poussées congestives, des lésions du côté de l’arachnoïde pariétale qui se vascularisé. Ces petits vaisseaux de nouvelle formation peuvent se rompre et la mort arrive, soudaine, par hémorrhagie méningée.

Lorsque vous serez appelés auprès d’un enfant en proie à des convulsions, préoccupez-vous immédiatement de savoir s’il a de la fièvre.

Si l’enfant a de la fièvre, il est probable qu’il est au début d’une fièvre éruptive : chez l’enfant, les convulsions sont en effet l’équivalent du frisson chez l’adulte. Sydenham a fait remarquer déjà que les convulsions, au commencement d’une fièvre éruptive, ne présentent pas une grande gravité. Il en est autrement lorsqu’elles se présentent à la fin de l’éruption.

Si l’enfant n’a pas de fièvre, vous pouvez presque dire sûrement que la cause des convulsions se trouve entre les lèvres et l’anus. Neuf fois sur dix, les convulsions ont pour cause le travail de la dentition , une mauvaise digestion, de la constipation, de la diarrhée, un paquet de vers intestinaux. Sur cent personnes qui ont le tænia, quatre-vingt-dix-neuf personnes n’auront pas d’attaques de nerfs ; la centième personne, particulièrement nerveuse, en aura. Les enfants sont toujours dans le cas de cette dernière personne. Ils ont avec la plus grande facilité des convulsions, lorsque leur tube digestif est troublé.

Ces convulsions, je le répète, présentent toujours une certaine gravité; faites toujours vos réserves. C’est pour avoir oublié de les faire qu’il m’est arrivé autrefois une mésaventure que je vais rappeler pour vous :

J’étais jeune docteur, je fus appelé auprès d’un enfant qui avait des convulsions. Tout imbu des idées de mes maîtres et surtout de Trousseau, je rassurai les parents en leur disant

que c’était là un accident tout ordinaire, sans gravité Je

n’avais pas fini que l’enfant mourait.

La vérité, Messieurs, n’est ni du côté de Trousseau, qui n’accordait pas assez de gravité aux convulsions, ni du côté

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