LA MORT SUBITE CHEZ LES ENFANTS
La bronchite de l’enfant est des plus dangereuses : l’enfant ne sait pas tousser, il ne sait pas cracher, il ne sait pas se débarrasser; il supprime ainsi une partie de son champ respiratoire et à l’autopsie on trouve outre les lésions signalées plus haut des portions de poumon atélectasiques : c’est le catarrhe suffocant décrit par Laennec.
La congestion pulmonaire est un accident qui peut compliquer toutes les fièvres : c’est un accident grave, mais, il est plus rare dans ces cas que la congestion pulmonaire donne lieu à une mort subite et suspecte.
La tuberculose pulmonaire a été l’occasion d’une série d’autopsies médico-légales faites à la Morgue (1); la présence des tubercules avait été absolument méconnue, et cependant les petits malades avaient parfois été soignés dans nos hôpitaux par des médecins éminents. Ce sont, il est vrai, surtout de& faits anciens; on ne connaissait pas à ce moment la microbiologie et nul ne songeait à rechercher le bacille de Koch, dont on ignorait l’existence; il est évident qu’aujourd’hui ces faits ne se reproduiraient plus aussi fréquemment.
M. Yibert a eu trois fois l’occasion de pratiquer l’autopsie d’enfants au-dessous d’un an qui avaient succombé à la lièvre typhoïde ; M. Vibert a publié ces trois cas. Dans aucun d’eux personne ne se doutait que l’enfant fût atteint de fièvre typhoïde, dans aucun d’eux l’enfant n’avait été vu par un médecin. Interrogées, les nourrices ou les mères avaient toutes répondu que l’enfant ne teta.it plus très bien depuis quelques jours, mais toutes affirmaient qu’il n’avait pas eu de fièvre, et les nourrices se rendent pourtant très bien compte, par la chaleur de la bouche , si leur nourrisson a ou non un mouvement fébrile ; à l’autopsie M. Yibert a pu constater l’hypertrophie des plaques de Peyer, indice de l’affection typhoïdique, mais comme cause immédiate de la mort, on pouvait invoquer dans les trois cas une congestion pulmonaire.
(1) Obs. 230.
E. Accidents intestinaux. — Les accidents du tube digestif qui peuvent donner lieu à une mort subite et suspecte sont le choléra infantile , qu’on a attribué quelquefois à une intoxication et qui est dû le plus souvent à une mauvaise alimentation, et Y hémorrhagie intestinale ; on a pensé que ces hémorrhagies intestinales se produisaient chez des enfants tuberculeux : Il y a longtemps que Bouchut a appelé l’attention sur la fréquence de ces hémorrhagies chez les enfants, sans qu’il soit possible de leur assigner une cause bien précise.
Je répète, en terminant, que les trois affections qui dominent la pathogénie de la mort subite chez l’enfant sont les convulsions, les spasmes du larynx et la congestion pulmo-
naire.