RUPTURE DU CŒUR. — LÉSIONS DU MYOCARDE
menls de cœur, mais passagers. A. l’auscul talion on n'entend pas de bruit anormal. La malade est souvent agitée et cause beaucoup. Tout à coup, un jour, elle tombe dans un état de prostration relatif par rapport à son agitation habituelle et le lendemain on la trouve morte dans son lit. On remarque que la face et les membres sont cyanosés, les lèvres bleuâtres.
Autopsie. — Cerveau. — Presque toutes les artères du cerveau sont athéromateuses.
Péricarde distendu par un caillot énorme. On trouve à la partie antérieure de l’oreillette droite, une ouverture un peu plus grande qu’une pièce de 2 francs, ronde, régulière, qui se trouve au tiers droit d’une tache d’un rouge violacé, quadrilatère. Cette tache violacée semble due à un ramollissement des fibres musculaires de l’oreillette plus marqué en cet endroit que dans le reste du cœur. Tout l'organe, en effet, est flasque, graisseux, moins consistant et un ppu plus volumineux qu’un cœur ordinaire. La paroi de l’oreillette est très amincie au pourtour de l’ouverture.
Il y a un rétrécissement aortique, les valvules sont le siège d’une dégénérescence crétacée, l’aorte elle-même présente quelques plaques athéromateuses.
8. Mort subite par rupture du cœur (1). — Homme de 81 ans. Petit et gras. Bonne santé habituelle.
Une nuit, vers 4 heures du matin, il se réveille brusquement, éprouvant un sentiment de malaise , de faiblesse générale. Douleur en barre au niveau de la partie inférieure du sternum, n’augmentant pas par la pression et ne s’irradiant ni vers le cou ni vers les épaules. Un peu de toux, mais qui existe déjà depuis longtemps. Dyspnée légère. Bruits du cœur normaux. Céphalalgie légère. Pouls à 96, régulier. A 10 heures, la douleur sous-sternale a beaucoup augmenté, mais sans irradiations. Dyspnée très intense. L'inspiration s’effectue péniblement. L’expiration est sifflante. Le malade, fi és agité , fait de grands efforts pour respirer. Face rouge , couverte de sueur. Pouls un peu petit, à 120, sans irrégularités ni intermittences.
Mort subite à 11 heures moins 1/4. Face très pale. Extrémités légèrement cyanosées.
Autopsie. — Le péricarde est distendu par du sang liquide. Pas de caillots.
On voit sur la face antérieure du ventricule gauche, à 1 centimètre environ du bord gauche du cœur et vers l’union du tiers supérieur de cette face avec ses deux tiers inférieurs, une perforation à
(0 Le Picz, Bull, de la Soc. anat.,X L1V, 270.
OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
bords légèrement déchiquetés, dirigée parallèlement au bord gauche du cœur et longue d’environ 2 centimètres. L’orifice interne est complètement dissimulé derrière une colonne charnue.
Les parois du cœur sont très faibles, friables, leur coloration est pâle, un peu jaunâtre.
Les valvules, de même que la crosse de V aorte , présentent quelques plaques athéromateuses.
L’orifice des artères coronaires est considérablement rétréci. Ces deux artères présentent au plus haut point la dégénérescence calcaire.
Le myocarde présente à un haut degré la dégénérescence granulo-graisseuse.
9. Mort subite par rupture du cœur, forme syncopale (1). — Un homme de 60 ans, ayant pour profession d’arroser les rues de Paris, marchait sur le boulevard extérieur à côté du cheval qui traînait son tonneau, lorsqu’il tombe sans connaissance sous sa charrette, dont la roue lui passe sur la main ; on le relève à l’instant ; il était mort.
Autopsie. — Le péricarde était rempli de sang et de caillots. A la partie moyenne de la face postérieure du ventricule gauche, on trouva une déchirure irrégulière. Ce ventricule était dilaté ; ses parois étaient amincies, ramollies.
10. Mort subite par rupture du cœur, forme syncopale (2). — Un vieillard rentrant le soir à son domicile, tombe comme foudroyé et meurt sur-le-champ.
Autopsie. — Péricarde distendu par un vaste épanchement sanguin.
Le cœur a une couleur lie de vin. Tissu musculaire flasque. On sent dans tous les orifices des concrétions ossiformes et l’anneau aortique est véritablement formé par un os. A la pointe du cœur, et plutôt sur le ventricule gauche, on remarque une surface de l’étendue d’une pièce de 50 centimes, ayant une coloration jaune fauve. La coloration d’un rouge sombre occupe toute l’épaisseur des parois du cœur et même les colonnes charnues. Mais à la pointe, en rapport avec cet endroit coloré en jaune dont il a été question, on remarque dans l’épaisseur du muscle une quantité de petits points noirâtres infiltrés de sang et qui sont autant de noyaux apoplectiques. C’est en cet endroit qu’a eu lieu la rupture du cœur.
N. D. — Le vieillard qui fournit le sujet de cette observation
(1) Bulletin des hôpitaux in Bull, général de thérap., 1835, t. IX, p. 105.
(*2) D1’ Cocheteux, Gaz. des hop., I8G4, et Pone, Des causes de la mort subite, Thèse, 18GG, p. 10.