Lésions valvulaires du cœur
26. Mort subite dans l’insuffisance aortique (1). — Homme de 68 ans, atteint d’une insuffisance aortique dont le diagnostic ne présentait aucune incertitude. Cet homme, qui paraissait bien portant, se lève un jour pour uriner. Tout à coup il tombe et succombe instantanément.
Autopsie. — Insuffisance de l’aorte avec dilatation du ventricule gauche.
26 bis. Mort subite dans l’insuffisance aortique (2). — Un homme, ouvrier imprimeur, peu malade en apparence, se couche le soir bien portant et est trouvé mort au milieu de la nuit, dans son lit, sans que les deux malades ses voisins aient entendu ni cri, ni plainte, ni suffocation.
Autopsie. — Insuffisance aortique, avec dilatation et hypertrophie du ventricule gauche qui était plein de sang.
27. Mort rapide dans le cours d’une affection du cœur restée absolument latente. Insuffisance aortique (3). — Jeune homme de 19 ans. Aucun antécédent. La veille même de sa mort, ce jeune homme avait travaillé jusqu’à 7 heures du soir, puis était allé se promener dans la forêt voisine. C’est là qu’on trouva son cadavre le lendemain.
Autopsie (ordonnée par la justice). — La face, le cou et l’épaule gauche sont cyanosés. Les veines du cou sont distendues par une énorme quantité de sang noir (le cadavre avait la tête plus basse ‘ que le siège quand on l’a trouvé). Congestion pulmonaire intense. Grande quantité d’écume dans le larynx, la trachée et les bronches.
Cœur. — Hypertrophie. Les quatre cavités renferment du sang noir, liquide, sans caillots. Les valvules sigmoïdes de l’aorte ont subi, dans toute leur étendue, la dégénérescence calcaire et constituent une masse crétacée au milieu de laquelle existe un perluis permettant à peine le passage d’une plume de pigeon et qui constitue l’unique communication entre le ventricule et l’aorte.
28. Mort subite pendant le travail de l’accouchement, par in-
(Ij Briquet, Obs. lue à la Soc de méd. du dép. de la Seiue. Séauce du 20 juin 185G. Gaz. hebd. de méd., 1856, p. 518.
(2) Briquet, Soc. de méd. du département de la Seine. Gazette hebd. de méd., 1856, p. 518.
(3) Fcréol, Com. à la Soc. méd. des hôpitaux. Union Médicale, 1881, p. 969.
OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
suffisance aortique (I). — Une femme de 21 ans, primipare, fut prise au début du travail d’une oppression très pénible et d’une douleur à la région sous-mammaire gauche. Elle présentait depuis un certain temps de l’œdème du visage et des extrémités inférieures... Au bout de six heures, elle accouchait d’un enfant mort-né, mais elle expirait immédiatement après.
Autopsie. — On trouva un peu de sérosité dans le péricarde. Lo cœur était très volumineux, et l’orifice aortique, dont les valvules étaient altérées, présentait une insuffisance considérable.
29. Mort subite. Insuffisance aortique. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Ditte, substitut de M. le procureur de la République, en vertu d’une ordonnance en date du 28 janvier 1884, etc. :
Le cadavre est celui d’une jeune fille âgée de 11 ans, assez grande pour son âge et assez vigoureuse. La rigidité cadavérique a complètement disparu, la putréfaction est commencée.
On ne constate aucune trace de violences sur les différentes parties du corps.
Il sort, par la bouche, de l’écume qui se réunit sous forme de champignon mousseux, dû à l’expulsion de la spume bronchique parle développement des gaz abdominaux. Sur les différentes parties du corps, on constate de grandes taches rosées (lividités cadavériques). Celles qui se trouvent sur la partie latérale droite du corps sont mouchetées par un piqueté très net.
Il n’y a pas d’ecchymoses sous-conjonctivales. Sous le cuir chevelu on ne constate pas d’épanchement sanguin. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est congestionné, mais il se décortique facilement. On ne constate aucune tumeur, ni lésion de la substance cérébrale.
L’œsophage est sain.
La trachée est également saine, mais elle est remplie de mousse.
Les plèvres sont réunies par quelques adhérences pleurales lâches, elles contiennent du liquide coloré en rouge par transsudation de la matière colorante du sang, il en est de même du péricarde.
On trouve quelques ecchymoses sous-pleurales, mais pas d’ecchymoses sous-péricardiques.
Les poumons sont congestionnés, les bronches sont remplies d’écume. Il n’y a pas de tubercules.
Le cœur est assez gros. L’oreillette et le ventricule droits contiennent quelques caillots rouges et du sang liquide. Le venlri-
(1) D1' Mac Cowan, Soc. méd. d'Édimbourg , et Lamy, De la mort subite des femmes en couches. Thèse, 1873.