‹ La mort et la mort subiteChapitre 6 sur 139 · LES SIGNES DE LA MORT. — INSENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

LES SIGNES DE LA MORT. — INSENSIBILITÉ

que l’on peut piquer avec des épingles ces anesthésiques sans qu’il sorte une goutte de sang, à moins qu’on ait atteint un tronc veineux.

Josat a inventé une pince à griffes, avec laquelle il proposa de pincer le mamelon des personnes de la mort desquelles on veut s’assurer; Josat obtint le grand prix de l’Académie, mais Briquet, répétant les mêmes épreuves sur des hystériques de son service, constata qu’elles ne réagissaient, sous la pince de Josat, pas plus que les morts.

On a fait des expériences analogues sur tous les sens :

L 'ouïe : en installant auprès du lit de mort des pleureuses, des hurleuses, chargées de réveiller le défunt s’il n’était qu’en état de mort apparente; cet usage, qui remonte à la plus haute antiquité, existe encore dans quelques départements du Midi.

L'odorat : en faisant passer sous le nez du mort les parfums les plus mauvais et les plus forts (à ce sujet, permettez-moi de vous rappeler qu’une gouttelette d’éiher, projetée assez haut dans les narines, réveille de syncopes assez profondes).

Les réactions de Y œil ont été très étudiées; tout récemment encore, un savant a entretenu l’Institut d’un signe certain de la mort : c’est la chute immédiate de la tension du globe de l’œil au moment de la mort; cette chute de la tension de l'œil est due à l’arrêt de la circulation, à la vacuité des vaisseaux ; elle prouve que le cœur ne bat plus, mais non pas que la personne est morte. L’iris subit aussi des modifications; pendant l’agonie et au moment de la mort, la pupille se dilate, de façon à disparaître presque complètement, puis elle revient peu à peu sur elle-même et s’arrête à peu près à la moitié de sa dilatation normale, et, comme l’œil perd de plus en plus sa tension, l’iris se plisse. Bouchut, qui s’est beaucoup intéressé à ces questions (1), a fait remarquer que l’atropine et l’ésérine ont perdu toute leur action après la mort. Il ne faut pas attacher une grande valeur à ces signes;

(I) Bouchut, Les signes de la mort et les moyens de prévenir les inhumations prématurées , 3e édition, Paris, 1883.

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