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LES SIGNES DE LA MORT. — INSENSIBILITÉ

si la tension de l’œil persiste, ce n’est pas nécessairement qu’il y ait survie. C’est ainsi que chez les noyés, grâce à l’imbibition, à l’absorption de liquide, l’œil est souvent plus ferme, plus dur qu’à l’état normal.

On a emprunté aux marchandes de la halle un moyen de reconnaître la mort. Quand ces femmes achètent un poulet ou un poisson, elles regardent l’œil de l’animal; il porte en e lie t une tache scléroticale qui donne à l’œil une teinte parcheminée d’autant plus visible que la mort est plus ancienne; l’homme meurt l’œil entr’ouvert, c’est un assistant qui lui ferme les yeux. Si l’œil restait ouvert, vous verriez que la conjonctive et la sclérotique ont pris une teinte brune très caractéristique. M. Larcher, de Passy (1), a beaucoup insisté sur ce signe.

Permettez-moi de vous dire deux mots d’une campagne menée à un moment donné, et qui a fait quelque bruit en médecine légale. On a prétendu que chez les individus mourant brusquement, l’œil conservait l'impression des objets qu’il avait devant lui. On montra à la Société de médecine légale des photographies de la rétine d'un individu qu’on supposait mort assassiné; on disait que la photographie reproduisait les formes d’un homme et d’un chien qui s’élançaient, et à l’attaque desquels l’individu aurait succombé (2). Ces images, que l’on disait si nettes, étaient d’un vague extraordinaire, et, dans son rapport, M. Yernois ne fut rien moins qu’affirmatif. Kuehne, de Heidelberg, a repris l’expérience; j’ai vu un certain nombre de ses photographies, il en a obtenu de très nettes. Il place une grille devant un lapin; il sacrifie brusquement l’animal, enlève l’œil, retourne la rétine et la photographie ; sur l'épreuve, on reconnaît les barres transversales et longitudinales de la grille; il a voulu reproduire une haie, une chaise; même placés en plein

(1) Larcher, De la rigidité cadavérique et d'un nouveau signe de la mort [tache s léroticale). [Ann. d’hyg. 1869, tome XXXI, p. 468).

(2) Vernois, Applica'ions de la Photographie à la Médecine légale. Rappoit sur une communication de M. le Dr Bourion. [Ann. d’hyg. eide Méd. lég.y 1870, tome XXXIII, p. 239.)

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