ENDOCARDITE VÉGÉTANTE. — RHUMATISME
On retrouvait les poinls douloureux d’une véritable névralgie intercostale. La douleur augmentait dans les soupirs et dans les grandes inspirations.
Matité précordiale exagérée.
Faiblesse de l’impulsion du cœur. Mais au niveau du sommet du poumon droit sous la clavicule, les battements du cœur sont perçus avec une intensité beaucoup plus grande que celle que l’on peut constater au niveau même du cœur. En arrière et surtout à gauche le long de la colonne vertébrale, les battements du cœur sonlaussi plus intenses. Poulspetil, dépressible etjrrégulier. Alhérornes des artères.
En matin, vers H heures, environ cinq semaines après le début de ces accidents, le malade est pris subitement, en se retournant dans son lit, d’une nouvelle attaque d’angine de poitrine et succombe en quelques secondes.
Autopsie. — Le cœur n’est pas augmenté de volume, mais son extrémité inférieure présente une tumeur arrondie du volume d'une petite orange.
Les deux artères coronaires sont ossifiées. Leur entrée est diminuée; elles présentent des rétrécissements notables en plusieurs points.
La tumeur est formée par une cavité dépendant du ventricule gauche. Elle est entièrement remplie de caillots fibrineux stratifiés. Quant aux parois de la poche, elles sont minces (2 millimètres environ).
L’examen histologique a fait voir que dans le voisinage de l’anévrysme le tissu interfibrillaire tendait à augmenter. Les cellules plasmatiques étaient plus abondantes. Elles se rapprochaient et formaient là un tissu fibreux dans lequel le tissu musculaire tendait à diminuer.
Dans les parois mêmes de l’anévrysme cette disposition était encore plus prononcée, à tel point qu’à la simple vue la structure de ces parois semblait essentiellement fibreuse.
36. Mort subite par lésion valvulaire du cœur (énorme végétation de la valvule mitrale) dans le décours d’un rhumatisme articulaire aigu (1). — Femme de 29 ans, malade depuis six semaines. Rhumatisme articulaire aigu, vives douleurs dans les malléoles, les genoux, les coudes. Œdème assez marqué des membres inférieurs. Puis, amendement notable de ces symptômes. Mais la malade accuse une dyspnée assez forte allant jusqu’à l’orthopnée. Douleur, sorte d’angoisse dans la région précordiale. Pouls un peu
(1) M. Raynaud, Gaz. des hôp , 1880, 100 .
OBSERVATIONS ET EXPERTISES MRDI-CO-LÉGALES
irrégulier, petit et de temps à autre intermittent. Bruils du cœur sourds, irréguliers, arythmiques, avec bruit de galop. Souffle à la poiule et au premier temps. Dans ces circonstances, la malade meurt subitement dans son lit, sans cause apparente et comme foudroyée.
Autopsie. — Le cœur est plutôt en systole qu’en diastole. Ventricule gauche absolument vide de sang. Le cœur droit renferme un gros caillot non adhérent.
Rétrécissement extrême de l’orifice mitral dont la valve un peu rétractée, froncée et rétrécie, supporte une énorme végétation. Celte énorme végétation explique la mort subite par sa mobilité, sa facilité à se déplacer, à se mettre en travers de l’orifice et à boucher ainsi le passage du sang, d’où arrêt de la circulation, arrêt des contractions du cœur et mort instantanée.
Cerveau sain, pas d’embolies. Dans la rate une petite embolie. Traces d’infarctus dans le rein droil. Aspect laiteux du péricarde sans fausses membranes.
Œdème des poumons avec exsudât pleural que l’on peut évaluer pour chaque cavité pleurale à un bon demi-litre environ.
37. Mort subite dans le cours d’un rhumatisme articulaire subaigu, Caillot cardiaque (1). — Petite fille de 5 ans, présentant toutes les apparences d’une bonne santé. Elle fut prise un jour de malaise général et de douleurs dans les membres inférieurs, douleurs d’abord vagues et qui bientôt se localisèrent plus particulièrement dans les genoux (léger gonflement , à peine de rougeur, chaleur au toucher). Bruils du cœur parfaitement normaux, seulement légèrement voilés. Bronchite légère. A peine de réaction générale. Les jours suivants, le gonflement des genoux diminue, mais il y a un peu de gonflement dans les articulations des doigts et du poignet. Le treizième jour environ de la maladie, la petite malade, très tranquille, jouait sur son lit, quand tout à coup elle est prise d’un accès de suffocation thoracique très violent, avec cyanose de la face et menace d’asphyxie. Cet état dure environ une heure, au bout de laquelle la suffocation a un peu diminué, mais la face est d’une pâleur extrême. L’enfant est dans un état d’angoisse inexprimable. Pouls petit, très fréquent, très irrégulier. Battements du cœur précipités, tumultueux. On croit percevoir un souffle qu’il est impossible de localiser. A midi, c’est-à-dire deux heures environ après l’accès que nous venons de décrire, l’enfant est pris d’un nouvel accès de
(1) Rathcry, Obs. lue à la Soc. Med. d’Observ., le 8 mars 18G9. Gaz. des hôp . , 18G9, p. 521 .
ANGINE DE TOITRINE.
suffocation analogue au premier. 11 y a quelques mouvements convulsifs dans les membres. A 5 heures la malade est dans l’agonie, la face est cyanosée, les extrémités sont froides, les battements de la radiale à peine perceptibles. Mort à 6 heures du soir.
Autopsie. — Dans le ventricule droit on trouve un caillot volumineux, décoloré, blanc jaunâtre, épais, fibrineux, paraissant d’origine récente, homogène, assez dense, imbriqué dans les colonnes charnues, remplissant presque entièrement le ventricule : il obstrue en grande partie l’orifice auriculo-ventriculaire, s’arrêtant au niveau de l’orifice de l’artère pulmonaire. Prolongements dans l’oreillette, à travers la tricuspide, dans la veine cave supérieure.
Dans le ventricule gauche on trouve un caillot de même nature mais beaucoup moins volumineux et se prolongeant à travers la valvule mitrale, jusque dans l’intérieur des veines pulmonaires. Le cœur lui-même est parfaitement sain {endocarde et valvules).