‹ La mort et la mort subiteChapitre 62 sur 139 · Angine de poitrine · texte numérisé non relu

Angine de poitrine

38. Mort subite dans l’angine de poitrine (1). — Homme de 2.7 ans, nervoso-sanguin, robuste, ayant été sujet, dans sa jeunesse, à des évanouissements convulsiformes. De temps en temps, il se plaignait d’un sentiment de constriction à la poitrine quand il éprouvait quelque émotion. Puis s’accusa bientôt nettement une douleur constrictive fixée plus particulièrement dans la partie supérieure du sternum, irradiant dans le plexus cervical superficiel et dans le maxillaire inférieur, ne se développant qu’à des intervalles éloignés, sous l’influence des émotions vives, de la marche et déterminant un sentiment d’angoisse avec tendance à la lipothymie.... Ces accidents se terminaient au bout de trois à quatre

minutes Jusqu’à sa mort, le malade passa de bonnes nuits,

n’ayant rien perdu de ses forces, mangeant et digérant bien, si ce n’est pendant les crises, qui devenaient de plus en plus fréquentes, en augmentant d’intensité Un jour, au retour d’une prome-

nade, on le vit tout à coup chanceler au bras de sa femme, faire un effort impuissant pour se relever, puis tomber à terre. La face congestionnée d’abord, devint immédiatement d’une pâleur livide. Une dernière inspiration convulsive et il était mort.

Autopsie. — Le cœur était sain et exsangue. A l’orifice de l’aorte, la membrane interne légèrement rugueuse par places, avec quelques petites plaques athéromateuses, sans rougeur, ulcé-

(I) Dr Saucerotte, de Lunéville. Gaz. méd. de Paris , 1850, 3e série,, p. 383, 38o.

OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES

Talion, ni ramollissement. Un peu d’engorgement hypostalique à la base des poumons.

Persistance du thymus.

39. Mort subite dans l’angine de poitrine symptomatique (1). — Un malade était entré à la Charité, présentant comme phénomène une anxiété formidable, mais le rythme de la respiration n’en restait pas moins régulier, sans trouble appréciable ni dans l’inspiration, ni dans l’expiration. Le malade éprouvait, en outre, les deux douleurs caractéristiques de l’angine de poitrine, la douleur précordiale et la douleur de l’épaule gauche. A l’auscullalion, on percevait un bruit de souffle systolique à la base du cœur et un peu aussi à la pointe. Cet homme avait eu d’abord des accès éloignés, au début de son affection, puis ces accès s’étaient rapprochés et il avait fini par en avoir cinq à six par jour, au point qu’en dernier lieu, ils étaient presque subinlrants. Dans l’intervalle des accès, il n’y avait pas la moindre dyspnée. Le malade n’avait ni hydropisie, ni signe de congestion pulmonaire.... Cet homme, ayant éprouvé une rémission dans ses accès, avait demandé à sortir de l’hôpital, mais il n’avait pas lardé à éprouver la nécessité d’y rentrer, et, cette fois, le troisième jour de son entrée dans les salles, il a succombé subitement dans un accès.

Autopsie. — Le cœur était dilaté et hypertrophié, surtout le ventricule gauche. Athérome de l’aorte : l’orifice de l’artère coro naire était extrêmement rétréci et induré. La coronaire était d’ailleurs athéromateuse dans toute son étendue.

40. Mort subite dans l’angine de poitrine symptomatique (2). — Homme de 53 ans. Se plaint d’une douleur violente, siégeant vers le milieu du sternum, et qui acquiert sous l’influence de la marche, de la fatigue, une acuité extrême, avec irradiation dans le bras gauche. Sa première attaque d’angine de poitrine remonte à deux ans et demi. A dater de cette époque, des attaques semblables reviennent souvent et irrégulièrement. L’auscultation ne permet d’affirmer aucune lésion d'orifice. Les artères sont athéromateuses. Pouls fort et régulier. Inégalité pupillaire : la pupille gauche est fortement rétrécie d’une façon permanente. Dans les derniers temps, les crises sont devenues plus fréquentes, survenant huit à dix fois par jour. Un matin, le malade meurt subitement sans pouvoir dire autre chose que ces mots : « J’étouffe. »

Autopsie. — Parois du ventricule gauche hypertrophiées et présentant à la coupe une légère teinte feuille-morte. Valvules mi-

(1) Brochin, Revue clin. hebd. iu Gaz. des hôp., 1874, p. 11G9.

(2) Ch. Leroux, communication faite à la Soc. anat. le 2 juil. 1878. Progrès médical , 1878, p. 523.

Page 1