Néoplasmes du cœur
43. Mort subite par tuberculisation du myocarde (i). - M. Soulhwood Smith cite un cas de tubercules du cœur relatif à un homme qui fut trouvé mort sur la voie publique. Comme il vivait très mal avec sa femme, celle-ci fut accusée de l’avoir empoisonné. On fit l’autopsie, et on découvrit une tuberculisation étendue de la cloison ventriculaire du cœur et de la paroi antérieure des deux ventricules.
44. Mort très rapide déterminée par des hydatides du cœur (2). — Femme de 23 ans. A eu dans ces dernières années deux pleurésies, suivies l’une de dyspnée, l’autre d’expectoration striée de sang.
En 1857, on constata de la toux, de l’oppression, un peu d’œdème autour des malléoles et des urines légèrement albumineuses.
Pendant un mois, on n’observe rien de nouveau, si ce n’est quelques hémoptysies. Puis, tout à coup, on la trouve un matin, pâle, faisant à de longs intervalles des inspirations profondes, et elle meurt au bout de cinq minutes.
(1) Soutlnvood Smith, in Bonin, De la mort subite. Thèse, 1861, p. 25.
(2) Budd, Med. Times, 17 July 1858; Union méd., 1859, t. III, 2e série; Gaz. hebd., 1859, 10 juin.
304 OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
Autopsie. — On constate des adhérences pleurétiques anciennes des deux côtés et une tumeur hydatique, du volume d’une orange, existant dans la pointe du ventricule droit et faisant saillie dans sa cavité. Une petite hydatide libre, flasque, se trouve sous une des lames de la valvule tricuspide. Une autre occupe l’artère pulmonaire immédiatement au-dessus de ses valvules. Le tronc et les branches de cette artère contiennent aussi des hydatides plus petites. L’examen microscopique d’une de ces petites tumeurs y démontra l’existence d’échinococques bien développés. La tumeur de la pointe du cœur contenait un grand nombre d’hydatides.
45. Mort rapide causée par la présence d’hydatides dans le cœur (1). — Une dame, après une nuit tranquille, est prise en s’habillant de dyspnée : la respiration est très accélérée, la face pâle, les lèvres livides. La malade porte la main à la poitrine pour indiquer sa souffrance : le pouls est très petit, à 130, régulier. La main appliquée à la région précordiale sent le cœur battre avecforce et rapidité. Cet état continueen s’aggravant jusqu’à la mort, arrivée trois heures après le début de l’attaque.
Autopsie. — On trouve une hydatide volumineuse qui remplit complètement le ventricule droit : en ouvrant cette hydatide unique, on trouve qu’elle en contient huit à dix autres, flottantes dans un liquide.