MÉNINGITE LATENTE
du cœur et des poumons ne fournit aucun renseignement particulier. Les artères radiales et temporales sont très athéromateuses, le pouls est à 90.
Langue humide et noire, ventre ni ballonné, ni relâché; le malade ne va pas à la selle; il perd ses urines, mais non pas par regorgement ; il refuse de manger et boit difficilement.
Pas de tremblement, pas d’inégalité pupillaire, pas de raideur de la nuque.
Ni crachats, ni nausées, ni vomissements.
On apprend que G... a été soigné au mois de décembre dans le service de M. Jaccoud pour une pneumonie, qu’il a quitté l’hôpital malgré l’avis du médecin et qu’il n’a jamais repris son travail depuis.
Le 26, même état. L’intelligence paraît revenir un peu. Le soir légère élévation de la température périphérique, à la main, car il est impossible d’appliquer le thermomètre.
Le 27 à 8 heures du matin, sans avoir présenté aucune marque d’agitation et de délire, ou de paralysie, sans avoir proféré une plainte, il meurt.
Le 28, autopsie.
Poumons : à gauche rien; le poumon droit est très induré, très adhérent à la paroi dont on ne peut le détacher que par petits morceaux friables.
Péricarde : rien.
Cœur : valvules athéromateuses, mais non insuffisantes ; rien de notable dans le myocarde; caillots agoniques volumineux.
Aorte athéromateuse, elle présente dans sa première portion, un renflement ampullaire de la grosseur d’un marron.
Foie, congestionné, rate, rien; reins, un peu rétractés.
Cerveau. — Après avoir enlevé la calotte osseuse et ouvert la dure-mère, on voit, le long des vaisseaux des circonvolutions frontales, des masses purulentes verdâtres qui s’étendent de la base à la convexité de l’organe. Après avoir posé le cerveau sur sa face convexe, avoir enlevé le cervelet, on voit sourdre du pus par le canal de Sylvius. En effet, on retrouve du pus dans le canal médullaire, dans tous les ventricules (moyen, latéraux, troisième) ; ce pus verdâtre, bien lié, très abondant, sans odeur spéciale a distendu les ventricules latéraux dont les prolongements sont considérablement augmentés de volume.
Les parois de ces ventricules sont sillonnées d’arborisations vasculaires. Les méninges n’adhèrent pas à la substance nerveuse et se laissent bien décortiquer. La substance cérébrale est normale, quoique un peu injectée (vascularisée).
ODSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
Pas de lésion autour de la cavité crânienne; les os, les orifices, tous les canaux paraissent sains.
Pas d’écoulement par les oreilles.
86. Méningite tuberculeuse. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Ragon, juge d’instruction, en vertu d’une ordonnance, en date du 19 novembre 1881, etc...
Sur le cercueil en sapin nous lisons l’inscription suivante : 19e arrond. 1881-2629. Le cadavre coiffé d’un bonnet el habillé d’une chemise en coton marquée M. M. et d’une chemise de nuit est enveloppé dans un grand drap blanc. Ce cadavre est celui d’un jeune garçon, dans un état de maigreur assez accusé. La putréfaction est peu avancée et la rigidité cadavérique a complètement disparu.
Les yeux sont affaissés dans la cavité orbitaire et les iris semblent avoir été bleus, mais la putréfaction empêche de distinguer nettement leur couleur.
On ne trouve pas de traces de violences apparentes sur le cuir chevelu. 11 n’y a pas de ganglions aux aines ni sous les aisselles.
Le ventre présente une coloration verdâtre très nette et est très rétracté.
Entre les deux épaules dans la région dorsale se trouve la trace ‘d’un vésicatoire volant, ayant déterminé une légère ulcération du derme.
Autour de la marge de l’anus et sur une étendue de 8 centimètres se trouvent des cicatrices anciennes plissées, circulaires, rougeâtres, envahissant les parties interne et supérieure des cuisses.
Sur la partie postérieure du mollet droit on voit deux cicatrice • analogues et anciennes, et mesurant environ 1 centimètre de diamètre.
Sur le front se trouve une cicatrice blanche, linéaire, et ancienne, partant de l’angle interne du sourcil gauche, dirigée un peu verticalement et mesurant environ 3 centimètres de longueur.
Sur les paupières de l’œil droit nous constatons deux ecchymoses, une petite siégeant à l’angle interne de la paupière supérieure et une un peu plus grande partant de l’angle interne de la paupière inférieure et se dirigeant jusqu’au milieu de l’os malaire droit. Cette ecchymose très superficielle parait déjà de date un peu ancienne.
La tête est volumineuse. A l'incision du cuir chevelu nous trouvons à l’union du pariétal droit et de l’occipital une suffusion sanguine mesurant environ 3 centimètres de diamètre, et une autre plus petite située au niveau de la ligne médiane et en arrière de la précédente.