MORT SUBITE 1*AR TRAUMATISMES LÉGERS
M. Volkmann résolut de l’opérer en deux temps. Le premier temps réussit si bien, qu’au bout de quatre semaines on procéda à la réunion des rudiments des lèvres.
Lorsque le dernier point de suture fut rapproché, l’enfant devint sur le champ bleu et cessa de respirer. Comme on ne découvrait dans le pharynx ni sang ni mucosité, que l’enfant tenait sa bouche fortement close et menaçait de rendre l’âme, toutes les sutures furent enlevées ; aussitôt l’enfant fit une inspiration profonde et parut comme ressuscité.
Quatre heures et demie après, on tenta de nouveau la réunion. Cette fois elle ne parut exercer sur l’enfant aucune influence fâcheuse, car il tenait la bouche largement ouverte et respirait tout à fait librement.
M. Volkmann se retira alors.
Mais, deux heures et demie après, il fut appelé à la hâte, l'enfant étant près de succomber. Il arriva sur le champ et courut chez lui chercher les instruments nécessaires à l’ablation des épingles. Lorsqu’il revint, deux minutes après, la respiration avait cessé, les sutures furent aussitôt enlevées, mais l’enfant était mort.
M. Volkmann pense, d’après l’opinion de M. Busch, que cet enfant habitué à respirer la bouche close et par la large fente du nez, continua à fermer la bouche après l’opération, ce qui fut cause de l’accès de suffocation. Il se demande si l’opération n’agirait pas d’une manière réflexe sur les organes de la respiration, car dans ce cas, l'oblitération du nez n’était pas complète et par conséquent le courant d’air n’était pas complètement interrompu et cependant l’ouverture devenait insuffisante lorsque la bouche était fermée.