‹ La mort et le diableChapitre 26 sur 56 · DE L HYPOSTASE FEMININE DE IAHWEH · texte numérisé non relu

DE L HYPOSTASE FEMININE DE IAHWEH

Appendice à la page 307. « // est le véritable Dieu du monothéisme, il n'a

ni compétiteur ni femme. »

Il résulte des études exegétiques de M. Ch. Clermont-Ganneau [Revue critique, 12 janvier 1880) que Iahweh, le dieu des Israélites, aurait eu, avant la captivité de Babylone, son hypostase féminine, de la même façon que les autres dieux sémites. Cette hypostase est la Rouait (son souffle), qui, à cette époque, était considérée comme un être autonome, corporel même. Cet auteur estime que dan-! un grand nombre de passages bibliques où

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apparaît la Rouach, le texte portait primitivement une mention directe de la parèdre femelle de Iahweh, parèche dont le nom a été systématiquement supprimé. 11 croit que cette déesse, forme palestinienne d'Astarté-Anata, a été connue sous le nom de Qodech ou Qadech. Cet esprit féminin de Iahweh était donc son émanation immédiate, de même qne la Tanit de Carthage était celle de Baal-Hammon. L'auteur assimile la Rouach, issue de la bouche et des narines de Iahweh, à l'Athénée sortie de la tête de Zeus, et il fixe sa forme d'après les indications bibliques. Cette forme doit être à la fois anthropomorphe et ornithomorphe. L'oiseau, sous l'aspect d'un épervier, d'une chouette ou d'une colombe, rappelle la forme d'abord et ensuite les attributs de la déesse ; il permet aussi d'établir un rapport entre l'Athénée et ses prototypes orientaux. Puis M. Glermont-Ganneau fait remarquer très-justement que dans le langage, de même que dans la plastique des peuples sémites, l'oiseau est l'image de l'àme, comme on le voit pour l'épervier à tête humaine des hiéroglyphes égyptiens. Ainsi l'auteur se propose de démontrer par des monuments iconographiques sémitiques que la Rouach de Iahweh, enlevant au ciel le char d'Elie, doit être représentée comme une divinité féminine ailée, correspondant trait pour trait, acte pour acte, image pour image, à l'Athénée enlevant au ciel Héraclès dans son char. D'après lui, l'évolution de la déesse israélite aurait produit, d'un côté la Rouach-Qodech, c'est-à-dire l'Esprit- Saint, et d'autre part une multitude d'entités analogues plus ou moins vagues, comme par exemple le chem mystique, et ce qu'on appelle l'ange de Iahweh, être ambigu, au sexe indécis, qui dans le drame divin sert de doublure au dieu et à la déesse retenus. Il s'appuie sur le mémoire de M. Berger, d'après lequel l'ange d'Astarté, qui fait suite à l'ange de Iahweh, offre avec lui un rapport intime. De plus, les anges de Iahweh sont assimilés à ses rouach. L'auteur pense qu'il y a là un héritage qu'on a dénaturé en le répartissant entre plusieurs êtres. Nous ne jugeons pas nécessaire une telle hypothèse, l'évolution des dieux ayant produit de semblables dédoublements dans les nrythologies de peuples de la même famille. L'époque de l'évolution qui nous occupe, se manifeste à Babylone pendant l'exil. Peut être l'influence perse ne futelle pas étrangère à ce mouvement.

Cette théorie vient donc expliquer la formation de l'Esprit- Saint etcelledelaVierge dans la pensée Israélite. Le Saint-Esprit (Rouach- Qodech), sous forme de blanche colombe, ne fut que la représentation plastique de la mère dans la trinité ; et la Vierge ne serait à son tour qu'un doublet anthropomorphique. Un dédoublement

aurait séparé les deux formes ; la figure ailée, moitié femme, moitié oiseau, se serait divisée, la colombe restant au ciel et la femme descendant sur la terre. — La dispute élevée entre certaines sectes chrétiennes primitives vient à l'appui de cette théorie ; celles qui étaient sémitiques soutenaient que l'Esprit-Saint était féminin et qu'il avait formé un couple mystique avec le Khrist. Les Grecs opinaient au contraire que le Saint-Esprit était masculin et qu'il s'était communiqué au Khrist par émanation, en le rapprochant du Logos. C'est en vertu de ces analogies de la Rouah de Iahweh avec i'Astarté et les autres parèdres féminines des dieux sémitiques, que nous avons écrit, à la page 357 : « Toute thèse contient son antithèse, et celle de Zirbanit fut Marie. »

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