LÀ MORT ET LES MORTS. — II
Jésus-Christ, sinon mourir au péché? n C'est pourquoi^ dans un autre passage, saint Paul dit(i) : « Si le Christ est mort, il est mort une seule fois pour le péché. Cette parole s'entend évidemment de la chair semblable à notre chair criminelle, dont le Verbe a daigné se revêtir. Quel grand mystère que celui de la croix, où « votre vieil homme a été crucifié avec le Christ, afin que le corps du péché fut détruit ») (2) ! Si les enfants sont baptisés en Jésus, ils sont donc baptisés en sa mort. Ils sont, lors de l'initiation baptismale, com.me entés en lui par la ressemblance de sa mort, et ils meurent par conséquent au péché. (( Considérez-vous de même comme étant morts au péché, et comme ne vivant plus que pour Dieu, en Jésus-Christ Notre-Seigneur (3). »
Saint Augustin explique sa pensée avec plus de précision dans les lignes suivantes : a Puisque le Christ est mort à la ressemblance du péché, il faut que tous ceux qui sont baptisés en lui meurent à cette triste chose dont il a pris les dehors; et comme aussi dans sa chair, qui était véritable, il y a eu une mort réelle, il faut de même qu'il y ait une rémission des péchés effective dans ceux qui sont réellement pécheurs. »
L'auteur du Manuel à Laurent est encore plus explicite sur cette question, déclarant qu'être baptisé, pour l'enfant, c'est mourir à la faute originelle, et, pour l'adulte, c'est mourir à la fois à cette faute commune à tous ainsi qu'à ses prévarications personnelles (4) :
(1) Rom., VI, 10, (3) Ih., 6.