CHAPITRE IV
Le péché d'Adam, cause de la mort des hommes.
Le livre treizième de la Cité de Dieu est consacré à l'étude du problème de l'origine et de la transmission de la mort dans l'humanité. Un fait frappe vivement l'imagination d'Augustin : c'est le caractère afïlictif de la mort, l'horreur instinctive qu'elle inspire naturellement à tout homme.
Le Docteur en explique le motif avec une vigueur tragique d'expressions (i) : u Quant à ce qui regarde la mort corporelle, c'est-à-dire la séparation de l'âme et du corps — écrit-il — que souffrent ceux qu'on appelle mourants, elle n'est bonne à personne. En effet, puissance implacable qui sépare violemment deux substances étroitement unies et comme enlacées pendant la vie, la mort exerce un jugement rigoureux et qui révolte tout notre être tant que dure la lutte, jusqu'à la disparition complète du sentiment né de l'embrassement de l'esprit et de la chair. Quelquefois une seule blessure, ou le rapide essor de l'âme, met fm à ce péni-
(i) De Civitate Dei, XIlï, 6.