LA MOUT IV IN CHEVAL
... Le soir, passa là-haut le troupeau de chevaux, et ceux de l'aile gauche virent eu bas quelque chose de rouge, et, tout près, des chiens qui bougeaient, des corbeaux et des milans qui voletaient. Un chien, ses deux pattes appliquées sur la charogne, arrachait avec bruit, eu secouant furieusement sa tête, ce que ses crocs avaient saisi. Une pouliche s'arrêta, tendit la tête et le cou ; longtemps , elle flaira l'air. Oïl eut peine à la chasser de là.
A l'aube, dans un ravin de la vieillelorêt, des louveteaux hurlaient joyeusement. Us étaient cinq, quatre d'une taille à peu près égale, et un tout petit avec une tête plus grosse que le corps. La louve, maigre, en train de muer, traînant son ventre plein dont les mamelles pendaient jusqu'à terre, sortit d'un hallier et vint s'asseoir
près de ses louveteaux. Ceux-ci formèrent le
îiC LA MORT
demi-cercle devant elle; elle alla au plus petit, baissa la queue et, inclinant son museau vers le sol, lit quelques mouvements convulsifs; elle ouvrit sa gueule hérissée de dents, puis, d'un dernier effort, cracha un grand lambeau du cheval.
Les grands louveteaux allaient sauter dessus; mais elle les contint d'un geste menaçant, et donna tout au petit. Le petit, comme en coière, saisit en grondant la chair sous lui et se mit à dévorer. De la même façon la louve en cracha pour le second, le troisième, et ainsi de suite pour tous les cinq. Alors seulement elle s'étendit auprès d'eux pour se reposer.
[luit jours après, derrière le hangar en briques, il ne restait plus que le crâne et les deux humérus : le surplus avait disparu. Vers l'été, le moujik qui ramasse les os pour les