‹ La mort par la décapitationChapitre 10 sur 59 · I.A TKTlî Al'RÈS LA DÉGAllTAÏION àk · texte numérisé non relu

I.A TKTlî Al'RÈS LA DÉGAllTAÏION àk

bandonner la corde qui le relicnl en haut. Malgré les nombreux poils qui recouvrent la nuque du cbien, malo-rérépaisseurdelapeaujasection est absolument

iictle La tete est séparée d'un seul coup: elle reste alors sur un support qui la soutenait avant ladécapilaiion et qui maintenant permet de l'observer avec som.

La description que je vais rapporter est celle qui se rencontre le plus souvent, quand le couteau passe au niveau de la troisième vertèbre cervicale du chien.

r A. Mouvemenls spontanés. — Au moment où la tète se détache, la bouche est presque toujours démesurément ouverte, comme si l'animal faisait une inspiration profonde. La langue est apphquée sur le plancher buccal ou bien elle est agitée de petits mouvemenls. Les paupières sont fermées et présentent de légères conlractious. Puis les yeux s'ouvrent et roulent dans leurs orbites, de droite à gauche, en haut et en bas : la pupille est contractée. En même temps, les mâchoires s'écartent puis se rapprochent énergiquement et tous les muscles de la face sont pris de convulsions rapides. Les commissures labiales se déplacent violemment, les ailes des narines frémissent, les lèvres tremblent, les oreilles se dressent. Tous ces mouvements réunis constituent une grimace affreuse: cotte physionomie convulsée semble exprimer l'angoisse la plus vive et la douleur la plus intense.

B. Mouvements provoqués. Le réflexe cornéen persiste. Yient-on l\ toucher la surface de la cornée, aussitôt les paupières se ferment. Mais si l'on approcbe simplement devantl'œil de l'animal un doigt, une lancette, un instrument quelconque, le clignementne se produit jias. On peut siffler, on peut crier aux oreilles du chien sans que celui-ci manifeste le moindre entendement. Le pincement de la langue

ClfAPJTHE PRLCMIER

Celle première phase dure environ dix secondes.

secmKl'fn t -'f quinzième o„ la vingtième ,hni ' n ""^"""^ période do repos y,en-

L'jrrilation de la cornée amène encore le clione menl des paupières. La pupille, loniour conlïacl^r commue à se resserrer si Fin pi'ésenr ievan o Un lamme d'une bougie. Le sifflement aux orei es 1 1

ioqumte et de 1 ammoniaque, sont sans effet.

3° Vers la quinzième seconde. la bouche s'ouvre brusquement et se referme presque aussitôt en m n e lemps, les narines se contractent et se dilalei Ces

rZTZtir "'Y''"' J"^'J"'» certain oint a orme du bâillement, se reproduisent une diuzaine

' derniVe??/:' r l'e"da„. une m^ule

et demie e ils disparaissent environ deux miiiules après la décollation. Les derniers bâilleme" som marques plutôt par des mouvemenis des narines que par des déplacements des mâchoires ^

. A ce moment, l'irritation de la cornée n'estplus suivie du clignement des paupières. Le réflexe cor léen cesse environ (renie secondes après la décapiîâlion alors que les bâdlemenls sont le plus intenses et c, "è les muqueuses se décolorent. La pupille se dilale à 1 approche d une lumière, elle ne se rétrécit plus. 1 a cornée commence à perdre son poli.

La tête ne présenle plus ensuite que de peliles contractions fibrillaires des muscles des lèvres, des ailes des narines et des paupières, puis elle lombe en inerlie complète dans l'attente de la rigidité cadavérique.

l.A IKTl': Al'Itl^S r.A DÉCAI'ITAÏION -il

La succession de phénomènes que je viens de décrire est je le répète, celle que l'on constate le plus souvent - 'elle est, du reste, à peu près identique a celle nui a été décrite par d'autres expénmenlateurs, récemment encore par MM. llayein et Barrier dans une note à l'Académie des Sciences J ai essayé de la schématiser le plus possil)le, de façon à en préciser cxucleuicnt tous les termes : je n'ai donné d ailleurs aucune interprétation aux mouvements que j ai enumérés. Les appréciations viendront plus loin

Mais, si fréquente que soit cette succession de mouvements, elle n'est cependant pas absolument constante. La première phase, celle qui succède immédiatement à la décollation, présente quelquefois des variations. Au lieu des grimaces violentes, on voit alors une physionomie plus calme : la bouche reste fermée au moment où la tête se détache ; la face est le siège de petits mouvements convulsifs des muscles des lèvres et des paupières.

Une ou deux fois seulement, parmi toutes mes expériences, la face est demeurée impassible immédiatement après la chute du couteau : mais les muscles étaient néanmoins phitôt contractés que relâchés.

Quant aux mouvements de la troisième période, h ceux que nous avons comparés à des bàihements. pour rappeler l'expression de Legallois, ces mouvemeuts-là se sont manifestés dans toutes mes expériences. Seulement, il m'a semblé qu'ils apparaissaient un peu plus tard quand la bouche était fermée, quand les traits restaient presque immobiles après la décapitation.

Je n'ai rien dit jusqu'à présent des eiîets que l'on obtient en excitant par un agent mécanique ou par un courant électrique le bout de moelle épinière attenant à la tète. Jamais je n'ai pu provoquer des mouvements, de la face en appliquant les deux électrodes sur le

l. Comptes rendus de l'Académie des sciences. 31 janvier 1887.

ujubues CIO Jti miqiie son eii(rés en conli-.pilnn r

m ^'f.^^^i^^oei^G, ne se sont montrés crno clie/

M. s ife^; ^^1"^^^ j'expérnnenliis

iMa s 1 en est (out aulrement si, au ]ieu deire nn

e sn, , n/, f r ""^'"'^^^ ^^.^'^^ent médullaire. J'autie sui une parl.e quelconque de la face L'excintinn dans ce cas est (oujours suivie de contra™^^^ <3«erê-,ques des muscles faciaux. Ces cTn racVô'^ rappel en b.en les convulsions horribles ^é vuî^

urfcrt^ nel^ d^ '^'^^ ^^^^

c™ ^dS.:!:^"''" dupassagi^du

cluclion de tous ces mouvements, de foutes ces cm, vjUsmns: d est bien simple de le démo e 0 on lace en efîe une des élecirodes sur les muscles seclionnes de la nuqne et l'autre sur un point quelcon que de la face, le résultat sera absolum^n le^mlne

ques. Il suffit que le courant suive le Iraiet des ne?fs moteurs ou qu'il pénètre dans les couchas niuscXi! «es pour fan^e apparaître les convulsions les plus puissantes. Les éléments de la moelle semblent inexcna bJes après la décapitation. ^

Toutes ces expériences peuvent aider h mettre un peu d ordre dans les faits si disparates observés chez es gudlotjnés et k reconnaître l'origine de certaines egendes sur les suppliciés. Mais, si elles contribuent à clelermjner la succession des différents mouvements elles ne donnent aucune indication sur la nature de

LA TlVlMÎ APRÈS LA DÉCAl'lTATlON -43

ces mouvemenis : elles ne disent pas si ce sont là des manilestalionsdclaYolonléou des actes absohiment

involontaires. .

C'est là cependant une question de grande impoi-

tance, puisqu'il s'agit de

survie de la conscience après la décapitation. Mallieui-eiisement, il n'existe aucun signe, aucun caractère pour reconnaître si tel mouvement est ou n'est pas une manifestation delà volonté. Nous n'avons pas de réactif analoîïue à celui qui nous permet de distinguer un liquide aJide d'un liquide basique : nous n'avons pas de papier qui rougisse en présence d un mouvement volontaire et qui bleuisse devant un acte inconscient

A vrai dire, les chiens décapités n'ont jamais répondu par des mouvements spéciaux aux excitations portées sur leurs sens, soit quand je sifflais ou que je criais auprès des oreilles, soit quand je présentais un objet plus ou moins effrayant devant les yeux, soit quand j'irritais la langue, etc.. Toute perception des impressions extérieures était abolie : mais, en réalité, cette disparition de la sensibilité périphérique ii'en- Iraîue pas forcément la disparition de l'activité des centres. Il ne manque pas d'états pathologiques dans lesquels une région anesthésiée continue néanmoins à être le siège cîe mouvements volontaires. Les expériences que je viens de rapporter prouvent donc simplement que l'animal ne sent plus quand on l'excite, mais elles ne démontrent pas que les mouvements spontanés de la face soient soustraits à l'iulluence de la volonté.

Gomment, d'ailleurs, reconnaître si parmi tous ces mouvements il en existe de volontaires, alors qu'on a pour seul guide l'inferprélation personnelle avec ses multiples causes d'erreur? Il ne s'agit pas seulement (le savoir si tel mouvement est approprié à un but, si Ici ensemble de mouvements est régulièrement coordonné. Certains mouvements, dont nous n'avons pas

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