Astley Cooper. -- Analyse in Ga:elle médicale
LA TÈTE Al'RÈi LV DÉCAI'ITATION
dù cet élat de mort de la lêlc qu'il suffit de délier les (ils ou d'enlever les serre-fioes comprimant les ar tères pour voir la \ie reparaître. Les muqueuses, qui s'étaient décolorées, reprennent peu à peu leur ancienne rougeur; les mouvements respiratoires de la bouche et des narines se montrent à nouveau; les réflexes renaissent et bientôt les mouvements volontaires euxmêmes reviennent complètement. Le chien, qui avait perdu connaissance, retrouve son état normal.
L'anémie cérébrale, l'interruption du cours du sang artériel peuvent continuer un certain temps ; la vie réparait néanmoins dans la tête dès que le liquide sanguin est restitué. Ilerzen prétend qu'il a pu maintenir liées pendani plusieures heures les artères encéphaliques d'un lapin et voir réapparaître les actes volontaires un certain temps après qu'il eût enlevé l'obstacle au cours du sang. La seule précaution qu'il importe de prendre, d'après cet auteur, c'est d'empêcher l'animal de se refroidir.
Retenons donc de tous ces faits que la suppression du sang artériel dans la tête suffit pour amener un état de mort précédé de mouvements respiratoires violents et de convulsions énergiques dans la face. Or, ces mouvements, ces convulsions sont analogues à ceux que nous constatons dans une tête décapitée. C'est que dans les deux cas, qu'il y ait ligature des troncs artériels encéphaliques ou qu'il y ait section complète de ces mêmes vaisseaux, le résultat estle môme; c'est la privation du sang rouge-, c'est la réalisation des conditions de l'asphyxie. Dans les deux cas aussi la tête réagit de la même manière : elle présente des mouvements respiratoires et des convulsions de la face.
Maintenant, que cette asphyxie soit due à l'absence de l'oxygène ou au contraire à la présence de l'acide carbonique, c'est là une question qui ne peut être examinée ici.
CUAPITRh- PREMlEll
■ La tête d'un chien décapité semble donc se trouver dans les conditions de celle d'un animal asphyxié. G est Legallois qui, le premier, a établi cette assimialioii. L habile physiologiste avait constaté que, dans 1 asphyxie, chaque etTort de l'animal est caractérisé par la contraction du diaphragme et que l'élévation des cotes est accompagnée d'un bâillement. Ces bâillements et ces mouvements du thorax sont les derniers signes de vie que l'on observe: ils subsistent oujours plus ou moins après la cessation de la sensi- Dilité et des mouvements volontaires
Dans l'animal décapité, au contraire, tous les mouvements inspiratoires du thorax sont anéantis à Tinstan même, comme nous le verrons plus tard • la tête seule conserve des bâillements, lesquels sont entièrement semblables à ceux qui ont lieu dans l'asphyxie Kn un mot, Legallois constate que, soit après la décapitation soit pendant l'asphyxie, les bâillements sont les seuls restes des mouvements inspiratoires, qii lis sont les indices des vains efforts faits par la tête pour respirer. Aussi conclut-il que l'animal décapité n est qu asphyxié. ^
Nous voilà donc fixés sur la nature des mouvements de la bouche et des narines que nous avons décrits chez les chiens décapités. Ces bâillements sont les signes représentatifs des mouvements inspiratoires : ds peuvent par conséquent se montrer en dehors de la volonté. Nous nous expliquons ainsi pourquoi nous les voyons persister chez les animaux endormis par le chloroforme.
S'il fallait un argument de plus pour démontrer que telle est bien l'origine de ces mouvements, nous n aurions qu'à les observer chez un lapin ou chez un jeune cobaye que l'on vient de décapiter. Nous verrions que la contraction et la dilatation des narines, plus apparentes que chez le chien, accompagnent