‹ La mort par la décapitationChapitre 19 sur 59 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

LA TÊTE APRÈS LA DÉCAPITATION [silUe).

La conscience disparaît-elle sans retour après la décollation? La vie peut-elle être rappelée dans la tête ?- Expériences de M. Brown- Séquard: l'injection de sang artériel fait reparaître des mouvements spontanés dans une tête décapitée au-dessous de la septième vertèbre. — Expériences de M. Lussana, de M. Laborde, de MM. Ilayem et Barrier. — Après la décapitation par la guillotine, la tete perd au bout de quelques secondes le pouvoir de manifester des mouvements volontaires à la suite de l'injection du sang oxygène. Les mouvements qui reparaissent après la transfusion sont-ils réellement dirigés par la volonté? — Ils paraissent plutôt être la continuation de ceux qui se manifestent spontanément après la décapitation. . . , 1 ,M Influence des transfusions tardives. — L'injection d'eau dans la tete provoque des grimaces énergiques en mettant en jeu l'irritabilité musculaire. — La transfusion du sang, faite aussitôt après la décapitation, semble entretenir l'acLivité des centres bulbo-protubéranliels, mais elle ne parait pas réveiller celle de l'écorce cérébrale. Le cerveau est le premier organe qui perd ses propriétés vitales après la décollation. -— Expériences de M. Laborde: l'excilaliililé cérébrale persiste pendant 23 minutes: — Objections de M. Yulpian. La rigidité cadavérique apparaît dans la tête avant de se montrer dans le tronc. — L'abaissement de température est plus rapide dans la tête que dans le corps.

Examen anatomique de la tête décapitée. — L'irrégularité de la plaie du cou est due à la rétraction inégale des tissus. — Ouverture du crâne. L'espace sous-arachnoïdien contient de l'air dont la présence s'explique par une action purement physique. — Les vaisseaux cérébraux sont remplis d'un mélange de sang et de bulles d'air. Efîets de la décapitalion chez les animaux refroidis, — chez les animaux curarisés, — chez lës animaux strychnisés, — chez les jeunes animaux.

La conscience disparaît donc aussitôt après la décapitalion. Mais n'esl-elle que suspendue, comme

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dans la syncope? Serait-elle capable de reuallre si la têle élait replacée dans les condilions physiologiques où elle se trouvait avant d'ôti-e séparée du corps ?

D'autre part, cette lête qui, au bout de quelques minutes, cesse tout mouvement sponlané et reste dans la plus complète inertie, pourrait-elle revenir à la vie et donner des sigues de vitalité?

Nous allons demander aux célèbres expériences de M. Brown-Séquard la réponse à ces questions.

Le savant physiologiste amputait un membre au cadavre d'un animal au moment où, non seulement les nerfs, mais même les muscles de ce membre n'étaient plus excitables. Puis il injectait par l'artère principale du sang artérialisé et défibriné. Après un certain temps, il constatait une véritable résurrection; les muscles recouvraient leur contractilité et bientôt les nerfs eux-mêmes redevenaient capables de transmettre les excitations. La vie renaissait donc dans ce membre atteint parla mort: sous l'influence revivifiante du sang chargé d'oxygène, les tissus nerveux et musculaires pouvaient recouvrer leurs propriétés vitales après les avoir complètement perdues.

Pourquoi n'en serait-il pas de même dans une tête décapitée? Si les nerfs et les muscles d'un membre peuvent être rappelés à la vie, pourquoi les nerfs et les muscles d'une tête ne pourraient-ils pas, eux aussi, récupérer leur vitahté? C'était à Texpérience de répondre : M. Brown-Séquard ne manqua pas de l'interroger.

Les expériences d'Astley Cooper permettaient, du reste, de prévoir que l'opinion de M. Brown-Séquard n'avait rien que de bien fondé. Ces expériences, dont j'ai déjà signalé le haut intérêt, consistaient, nous le savons, dans la ligature des quatre troncs artériels (vertébrales et carotides) qui conduisent le sang au cerveau. La tête de l'animal soumis à cette opération tombe inerte après quelques mouvements convulsifs. La respiration s'arrête et le sang, devenant noir et ne

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LA TÈTE APHÈS LA DECAPITATION

nnnvanls'oxyoéner, provoque bientôt, par asphyxie, fa c eTaSimaLM^ â l'insumation pulmonau^e e.t pm iquée, le sang reste rouge e la v.e persiste dans toutes les parties irriguées par le liquide sanguin. "^^^ alors que la tête, privée de sang,

tombe inerte et morte. ,

Au bout d'un certain temps (M. Brown-Séquard a attendu 17 minutes, M. Herzen prétend même qu il a été jusqu'à plusieurs heures), après le dermer signe de vie de la lête, on enlève l'obstacle à la circula ion dans les artères encéphaliques. Presque aussitôt, avec le sang, la vie revient dans la tête. La respiration spontanée se rétablit, l'animal se meut volontairement et la sensibihté reparait partout.

Le cerveau et les autres parties de 1 encéphale peuvent réellement, après avoir complètement perdu leurs fonctions et leurs propriétés, les recouvrer sous l'influence du sang chargé d'oxygène.

Mais cette tête qui, dans l'expérience d'Astley Cooper, reste morte sur un corps vivant, difTère-t-elle beaucoup d'une tête décapitée? Dans les deux cas le cerveau ne reçoit plus de sang artériel : dans les deux cas, l'encéphale a perdu toute activité. Or, puisque le retour du sang oxygéné peut faire réapparaître la vie dans la tête exsangue, pourquoi l'injection de ce même sang dans la tête décapitée n'y ramènerait-elle pas les manifestations vitales?

M. Brown-Séquard décapite ' un chien en ayant soin de faire la section au-dessous de l'endroit où les arières vertébrables pénètrent dans leur canal osseux. Huit minutes après, le pincement de la peau étant sans effet, il applique un courant galvanique, d'une intensité assez considérable, à la moelle allongée mise ànu. Il ne se manifeste aucun mouvement. Les conducteurs appliqués à la protubérance ne produisent également aucun effet. Dix minutes après la

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