‹ La mort par la décapitationChapitre 23 sur 59 · Revue scientifique, 1er août · texte numérisé non relu

Revue scientifique, 1er août

core êire ol)ternis un q"^"^ j^, t ê„,e obtenus

"rm,rionge mouillée suv laquelle sera.ent portées

cussion, dans ^^^"^^'V f ^'nhnrd il a montré que

due de S êtîe, au contraire, considé,-ée comme un ^pm^liis Darfails isolateurs des courants laiaciiques tisifa u on^^ ^^'t que les réaction

S-its con^^^^ localisée de a

Thstanc; cérébr'ale, se montrent toujours^lu co e e In face opposé àcelui des points excites. L excilaiion de la région motrice du côté gauche provoque des mouvements du côté droit de la face

M.Laborde a encore ripos e par un .^^^t^^ ai^^^ ment. Les réactions motrices dues a 1 f ^^^^^^^^^ lisée de la substance cérébrale, cessent toujours di

quelle que soit l'intensité du courant, au bout d mi

cerfain temps. Ce temps, qui osci le ^n^^^^^^^f tour de la même limite, mesure la durée de peisis tance i.o.^ derexcitabilité des éléments cei-é-

braux. Or, à ce moment, les muscles conservent pom lonotemps encore leur contractilité et les nerfs euxmêmes (notamment le facial) n'ont pas encore perdu leur excitabilité motrice. Pourquoi donc n obtient-on plus les effets moteurs par l'excitation du cerveau, puisque les nerfs et les muscles répondent encore au stimulant électrique? Les mouvements sont donc bien dus àla persistance de l'excitabilité cérébrale.

La circulation, continue M. Laborde, peut avoir totalement cessé dans les centres nerveux et cependant les éléments anatomiques de la substance cere-

CilAriTRE DPUXIÈMK

apies Ja mort. La Jimile de celle surWe se trouve du

iZzitTr' 'Tf ^ i -•'■-'"'"'"-.;'';-

i3iie Clans Ja tête par la transfusion du sang.

dn\^nnc;^W^'^"i expériences de transfusion

huuî T r \*''^^^^^^l^es sur la persistance de l'excitab.lité cérébrale ne signifient que les fonctions du cerveau soient conservées après la décapitation. Elles prouvent seulement que les éléments de la substance blanche de l'encéphale gardent pendant un ceHa n

nT^ll T/-iTf^'i;^^- déclare d'ailleurs

que 1 excitabilité de l'écorce cérébrale, de la rjartie du cerveau regardée comme le siège de la conscience et delà volonté, cesse deux minutes après la décollation. Utte persistance de deux minutes ne nous anprend du reste rien au sujet delà survie des fonctions psycliiques: a supposer même que l'excitabilité subsiste véritablement, l'excitant essentiel a disparu ^ Les éléments des tissus de la tête s'acheminent ainsi peu a peu vers la mort. Mais, avant d'arriver à 1 t.tat de destruclion moléculaire, les muscles passent par cette phase de rigidité cadavérique que M. Brownï^equard, dans ses récentes recherches, reo-arde comme uu dernier acte vital. Dans les expériences que j ai laites, c'est en général une heure à une heure et demie après la décapitation qu'apparut la rigidité dans la tête des chiens : à ce moment, les mâchoires ne peuvent être écartées l'une de l'autre makréles p us grands efforts. Cette rigidité arrive toujours plus rapidement dans la tête que dans le tronc de 1 animal: dans une de mes expériences, elle a disparu de la tête au bout de trois jours.

La température s'abaisse aussi avec plus de rapiddé dans la tête que dans le corps après la décapitaiion. Si l'on place un thermomètre dans la bouche

bien fermée de l'animal et un auti-e thermomètre dans son rectnm, on constate la progression suivante :

Temp.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

buccale id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

Temp .

rectale

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

. Dans une autre expérience, l'abaissement de température s'est fait dans un- ordre à peu près semblable :

fOb. 47

Temp.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

buccale id.

id.

id.

Temp. rectale id. id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

C'est donc toujours la tête qui se refroidit le plus rapidement. Chez les animaux que j'ai soumis au refroidissement avant la décapitation, j'ai encore observé les mêmes relations à propos de la perte de chaleur. Yoici comment est survenu l'abaissement de la température chez un chien refroidi à 23° avant la décollation :

Temp. buccale 22°o

id. id. 2005

id. id. 190

id. id. 18°2

id. id. 1705

Temp. rectale 240

id . id . 2202

id. id. 210

id. id. 200

id. id. 190

Je ne veux pas insister en ce moment sur l'abaissement de température lui-même. Quand nous examinerons, en étudiant le tronc de l'animal décapité, les phénomènes qui se passeut du côté du corps, nous verrons que celle perte de chaleur, selon qu'elle est

CUAI-rntK DKUXIÈMK

pliisou moins brusque, peut nous renseigner sur le genre de morl auquel l'animal a succombé. Mais actuellement il nous suffit de savoir qu'après la décapifation la lêle se refroidit plus vite que le corps.

Faisons maintenant un rapide examen anatomique de celte tête séparée du tronc. Nous n'avons pas besoin d'une autopsie très délicate: nous avons simplement à signaler les résultats qui nous intéressent au point de vue physiologique.

Jetons tout d'abord un coup d'œil sur la plaie produite par le glaive de la guillotine, sur la surface de section. Cette plaie paraît inégale, irrégulière: les ditîérents tissus semblent coupés à des hauteurs variables. Les carotides, les jugulaires, les pneumogastriques sont profondément enfoncés dans les masses musculaires et il n'est pas très facile de les découvrir quand on les cherche pour la première fois sur une tête décapitée; la moelle épinière est cachée au fond du canal vertébral, etc.. C'est cette apparence de plaie mâchonnée, inégale, qui a fait croire que la guillotine était non seulement un instrument tranchant, mais aussi un instrument contondant. Or, il faut ne pas avoir la moindre notion de la rétraction des différents tissus pour soutenir une pareille affirmation. Si la peau ne semble pas coupée au même niveau que les muscles, si ceux-ci sont d'autant plus refoulés qu'ils s'éloignent davantage de la colonne vertébrale, si les artères sont enfouies dans la masse de la plaie, la raison en est simplement dans l'inégale rétraction des tissus. La peau se rétracte plus que les muscles; les muscles se raccourcissent plus ou moins suivant l'éloignement de leurs points d'attache, etc.: ce sont là des faits connus de tout le monde. 11 suffiit d'avoir assisté à une amputation dans une salle d'hôpital pour savoir le mécanisme de leur production.

Il n'y a d'ailleurs qu'à examiner l'état de la vertèbre, sur laquelle le couteau est tombé, pour être

convaincu que la guilloline agit bien comme inslriiment tranchanl. Le corps et les lames de la vertèbre sont, en effet, coupés avec la plus grande ne(teté: la section osseuse ressemble à celle qui aurait été produite avec une petile scie extrêmement fine. L os ne présente pas la moi'ndre esquille, pas la moindre trace d'écrasement.

Désirons-nous encore une autre preuve/ Décapitons un cadavre de chien et regardons la plaie du cou : cette plaie est tellement nette, cette section est tellement régulière qu'elle nous donne tout à fait rimao-e d'une de ces coupes théoriques dessinées dans les ouvrages d'analomie. Les différents tissus, n'étant plus soumis à la rétraction, ont laissé tous les organes sur le même plan.

Ouvrons à présent la boîte crânienne. Nous voyons les vaisseaux de la dure-mère assez bien remplis de sang. Au-dessous d'elle, nous constatons la présence d'une assez grande quantité d'air dans l'espace sousarachnoïdien.

Les vaisseaux delà pie-mère, surtout au niveau de la convexité cérébrale, contiennent un sang mêlé de nombreuses bulles d'air. 11 m'a semblé que ce sang était d'autant plus abondant que l'autopsie était faite aune époque plus rapprochée de la mort. Les artères de la base du cerveau sont presque toujours vides.

La substance corticale conserve sa couleur rosée habituelle : nulle part, dans le cerveau, n'existe un épanchement ou une hémorragie.

Mais d'où vient cet air étalé sous l'arachnoïde ou mélangé au sang contenu dans les vaisseaux ? Il se rencontre, sans exception, dans toutes les autopsies de décapités, qu'il s'agisse de l'homme ou qu'il s'agisse d'un chien. Voici l'explication que M. Regnard et moi nous avons donnée de la présence de cet

air^

1. p. Regnard el P. Loye. — Recherches faites à Amiens sur les restes

CUAI'IÏHE dicuxièmiî;

Au momenl de la décollation, l'élaslicilé aiiérielle tend à se satisfaii-e et les aiièi-es se vident en partie : de là l'écoulement qu'il est facile de conslater par le bout sectionné des carotides et des vertébrales.

La cavité crânienne étant inextensible et incompressible, il faut, de toute nécessité, que quelque chose vienne remplacer le sang qui s'écoule.

Voilà pourquoi l'air se trouve appelé dans l'espace sous-arachnoïdien ouvert par la section même du cou :

Fig. 1

il est appelé avec une force exactement égale à l'élasticité artérielle, c'est-à-dire à 15 centimètres de mercure environ.

Il est possible d'ailleurs de se rendre compte de ce fait par une expérience schématique (b^ig. 1).

Dans un ballon de verre plein d'eau, représentant la cavité crânienne, se trouvent placées deux ampoules de caoutchouc, B et D, terminées par deux tubes de verre aboutissant à l'extérieur à travers le bouchon du ballon. L'une de ces ampoules (B) est gonflée et remplie d'un liquide qui représente le sang: le tube qui la termine est fermé par un robinet. L'autre ampoule (D)

d'un supiilicié. — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 27 juin 1887.

représente l'espace sous-arachnoïclien: elle est complètement vide, aplatie, et s'ouvre librement an de-

^""si'ron ouvre brusquement le robinet de la première ampoule, son élasticité la vide, le liquide ? coule dehors et l'on voit l'air Pénétrer en quantilé exactement égale, dans l'autre ampoule (D) primitivement vide.

Quant à la pénétration de l'air dans les vaisseaux cérébraux, il serait possible de l'expliquer de la manière suivante. Immédiatement après la décollation, les petits vaisseaux se contractent et chassent le sang au dehors par les plaies artérielles : quand cette contractilité a cessé, les artères, revenant sur ellesmêmes, peuvent appeler dans leur intérieur une certaine quantité d'air qui, se mélangeant au sang produit ces index que tous les observateurs ont aperçus en pratiquant l'autopsie des crânes de suppliciés

J'aurais encore beaucoup de choses h dire, beaucoup d'expériences à réaliser et cà rapporter, si je voulais faire l'histoire complète de la décapitation chez les chiens. L'élude de la tête décollée nous a fourni un certain nombre de notions intéressantes, mais aussi ehe a occupé un certain nombre de pages et elle a peut-être fatigué la patience du lecteur. Et puis, nous avons encore à examiner ce qui se passe dans le tronc au moment où la tête vient d'être tranchée. Je suis donc forcé d'énumérer très rapidement quelques résultats dont l'importance peut être cependant précieuse pour l'étude de la décapitation.

1. Celte pénélration de l'air dans les vaisseaux cérébraux pourrait peut-être aussi avoir quelque importance dans le mécanisme delà mort par décapitation. Nous verrons quel rôle lui a été attribue par M. Ch. Robin.

CIlAPIÏRli UEUXIÈMIÎ

C'est ainsi que je dois abréger la description des phénomènes qui surviennent après la décollation chez les chiens soumis à un refroidissement préalable. Contrairement aux prévisions de la théorie, la tête de ces animaux n'a pas présenté plus de mouvements, plus de convulsions, plus de grimaces que celle des chiens à température normale. C'est même plutôt un résultat inverse qu'il m'a été donné d'observer.

Chez un chien, que j'avais refroidi jusqu'à 21° en l'immergeant dans l'eau, la lête est resiée presque immobile après la décapitation. Seuls, les mouvements respiratoires, les bâillements, ont été bien accentués: les contractions des muscles faciaux ont été faibles. Chez deux autres chiens, refroidis à 25°, les yeux qui étaient fermés avant la chute du couteau sont restés clos après la séparation de la tête : celle-ci est demeurée inerte pendant une minute, puis les mouvements respiratoires se sont montrés en s'accompagnant de quelques contraclions fibrillaires des muscles de la face. Dans ces deux cas, l'irritation delà cornée n'a pas produit le moindre clignement: tout réflexe était aboli.

La leaipérature était-elle descendue trop bas chez ces deux derniers animaux? Cela est bien possible, car les pauvres bêtes ne réagissaient guère lorsqu'on les a placées dans la gouttière de la guillotine: elles ne semblaient pas très éloignées du moment de leur mort naturelle. Quoi qu'il en soit, j'ai été loin de rencontrer chez ces animaux refroidis l'exagération des réflexes que la théorie me faisait espérer.

Les chiens curai'isés ne présentent pas de mouvements de la face quand on les décapite :1e curare abolissant l'action des nerfs moteurs, il était certain que nous n'observerions pas ces grimaces, ces bâillements que nous avons vus chez les animaux en état physiologique. Cependant, comme le nerf facial est un de

LA TÊTE APRÈS l-A DÉCAPITATION

ceux qui résistent le plus longtemps à l'action du curare, j'ai aperçu, quand 1 intoxication n'était pas poussée au dernier degré, des contractions légères des muscles des paupières et des lèvres. Mais, quand l'empoisonnement était complet, la face demeurait absolument immobde : quelques contractions fibrdlaires, arrivant plusieurs minutes après la décollalion, témoignaient seules de la vitalité de l'animal.

La strychnine, dont l'action est d'augmenter le pouvoir réOexe de la moelle, devait, pensais-je, modifier profondément l'état de la tête décapitée. Mes espérances ont été déçues. Un chien, auquel j'avais injecté de la strychnine et que j'avais guillotiné au début de la période convulsive, n'a pas manifesté plus de mouvements de la face qu'un chien normal. Les réflexes n'ont été, chez lui, ni plus intenses, ni plus durables.

L'action de l'atropine, employée seule, n'a pas, non plus, modifié le tableau ordinaire.

Les jeunes animaux ne se comportent pas, en ce qui concerne la tête, d'une façon bien différente de celle des adultes. Les jeunes chiens, les jeunes chats présentent toutefois des mouvements respiratoires d'une plus longue durée : les bâillements persistent souvent pendant six et même sept minutes. De plus, il m'a semblé que ces bâillements pouvaient être provoqués quand j'excitais fortement la peau ou les nerfs dénudés de l'animal. Enfin, les petits chiens paraissent continuer à téter quand leur tête est séparée du corps.

Ces dernières expériences demanderaient, sans doute, à être reprises et à être exposées avec plus de détails: mais les résultats qu'elles fourniraient, les notions qu'elles apporteraient ne seraient pas, je crois, de nature à modifier sérieusement nos connais-

CUAPITRIÎ DEUXIÈME

sances sur le mécanisme de la mort par la décapitation. Aussi, je termine à présent l'étude de la tête décollée.

Peut-être aurait-il été utile de résumer à la fm de ce chapitre les conclusions que nos recherches nous permelleut déjà de formuler : mais comme, à propos de l'étude du tronc, nous aurons forcément à revenir sur ce que nous avons appris, cet exposé aurait probablement fait double emploi. D'ailleurs il sera toujours facile de se reporter aux quelques lignes qui terminent, en les résumant, les principales démonstrations.

Page 1