‹ La mort par la décapitationChapitre 24 sur 59 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

re tronc ne reste pas immobile après la décapitation - Description

du tronc décollé ne sont pas volontaires, rnnrliiions dans lesquelles se trouve placé le corps après la dècapita- Hon - Fta^de Tcirc L'hémorragie ne parait pas être ns"antanée - Quantité de sang perdue par le corps. - Le corps nerd proportionnellement à son poids, deux fois plus de sang que fa Jie - L'hémorragie est moins considérable chez les animaux refroidis - Modification du nombre des battements du cœur après la décollation : accélération considérable précédée quelquefois d'un ralSsemenl de très courte durée. - La pression sanguine ne s'aba sse pas régulièrement ; elle peut même s'élever au-dessus de la normale. - Influence du système nerveux sur ces modifications de la circulation. - Accélérateurs et modérateurs: prédominance des accélérateurs.

Étal de la respiration. - Aussitôt après la décollation, le thorax exécute un profond mouvement inspiratoire. - Cette grande inspiration est due à l'excitation de la moelle épinière. - Suppression des •mouvements respiratoires : leur persistance chez les animaux re- Iroidis et chez les jeunes animaux.

L'hémorragie et l'absence de respiration placent le corps décapité dans les conditions de l'asphyxie. — Les mouvements qui se manifestent dans le tronc après la décollation sont dus les uns al asphyxie, les autres à l'excitation de la moelle. La vie peut reparaître dans le corps décapité, sous l'innuence du sang oxY4né - Expériences de M. Brown-Séquard. - La vie peut être enlrlitenue dans le corps décapité grâce à la ligature immédiate des artères sectionnées et à la respiration artificielle. — Expérience de Fontana. — lixpérience de Sténon.

Influence de l'inhibition. — L'arrêt des échanges entre les tissus et le sang. - Le refroidissement des animaux décapités. — La température rectale peut s'élever après la décollation comme après l'asphyxie — Indications fournies par la rapidité du relroidissemcnt. — Abaissement de température chez les animaux déjà refroidis avant la décapitation. — Le tronc se refroidit moins vite que la tête.

CIIAI'ITRE TROISIKMK

gauche. - rtat de iv^omni h ^œ"'' = contracture du ventricule muscles. estomac, du foie, des reins, de la vessie, des

«^Chez les animaux décapités, disait Legallois, » c est le plus souvent dans la tête qu'on a cherché » des signes de vie, c'est-à-dire dans la partie qui est » le moins susceptible d'en donner, quoiqu'elle soit » réellement vivante. C'est que ceux qui les y cher- » cbaient pensaient eux-mêmes que le ceiWu élait » 1 unique foyer de la vie et, dès lors, après la déca-

: Sin Y";.;!'."' soupçonner de vie que

Le tronc, en effet, ne reste pas immobile après la décapitation Les expériences faites sur des animaux a sang fi^oid, sur des serpents, sur des grenouilles, ont appris depuis longtemps que le corps privé de si tete pouvait exécuter un grand nombre de mouvements. Mais, si intéressantes que soient ces expériences nous ne devons pas en tenir compte quant à présent puisque ce travail doit se limiter à l'étude de la décapitation chez les mammifères voisins de l'homme Je ne puis également ciler que pour mémoire les effets de la décollation chez les oiseaux : l'exemple des autruches de 1 empereur Commode est d'ailleurs connu de tout le monde. Pendant que les autruches couraient dans le cirque, l'empereur s'amusait à leur couper la tete avec des flèches taillées en croissant. Or, ces animaux n en continuaient pas moins à courir comme auparavant et ne s'arrêtaient qu'au bout de la carrière. Nous pouvons être, du reste, tous les jours témoins de faits analogues quand, à la campagne, les ménagères tranchent la tête à des oies ou cà des canards.

1 . Legallois. — Recherches sur le principe de la vie . — Obs., p.

LE TRONC Al'BÈS LA DÉOAI'ITATION 9»

Mais ce sonl les mammifères, et non pas les oi- -P»1,x oue nous avons à étudier ; )a lâche sera d a.leu Tdéïà "s ez dimcile. Afn, de mettre un peu 1-0 -dre dans noire description, procédons pour e cor^l la nianiére dont nous avons procède pour la tête.

Que voyons-nous donc dans le tronc d'un chien dé-

Presqu? toujours, au moment où le couteau vient de lomber,le corps del'animal exécute desmou-

en luis énergiques des membres postérieurs et de la nueuë Ces mouvements sont quelquefois assez v'o- 'enls pour projeter le troue de l'animal hors delà '^uttile da':>sîaquelle il est ma ntenn. Dans n e ex- BpHence à laque e assistaient MM. Uaslre et La

0 de Te corps du chien sauta par dessus les bords de la louUière e1, à notre grande stupéfaction, vint tom-

Une demi-minute après la décollation apparaissent des mouvements des quatre membres et de la queue, mouvements quelquefois plus marques dans le train postérieur et dont le résultat est de mettre les

membres dans l'extension.

Ces mouvements sont suivis d'une contracturepuis-

sante de tous les muscles du troue, contracture assez forte dans les masses dorso-lombaires pour déterminer le redressement du corps au-dessus delà gouttière qui enferme Tanimal. Le tronc, en effet, s'incurve en

Deux minutes après la chute du couteau, le train postérieur du chien est pris de contractions fibrillan-es bien marquées depuislediaphragme jusqu'ausacrum. Ces contractions fibrillaires existent, ^quoique moins apparentes, dans les muscles du thorax: elles sont cependant suffisantes pour se manifester sur les graphiques.

peu près dans la même période, d se produit une

CIIAPITHE TllOlSllMME

évacuation des matières contenues dans le rectum \

De même que pour la description des mouvements execulesparlaiête, j'ai choisi, pour ladescription des mouvements présentés par le tronc, Je (ype à la fois Je plus fréquent et le plus complet. Ce type s'est néanmoins reproduit dans presque toules mes expériences. Les variations ont élé très légères- c'est ainsi qu'une ou deux fois les mouvements, qui se montren t dans les membres postérieurs aussilôt après la décapitation, ont élé très faibles, que les efforts d expulsion du rectum ont fait défaut, etc. Mais le plus souvent les phénomènes consécutifs à la décollalion se sont exactement manifestés dans l'ordre nue ie viens d'indiquer. ^

Quantaux mouvemenis provoqués, ils ont élé absolument nuls dans le corps des chiens décapités. Les excilations les plus vai-iées (pincement, bi-ùlure) n'ont pas déterminé le moindre mouvement réflexe. J'espérais cependant que la décapitation agirait comme la section médullaire et qu'elle augmenterait le pouvoir réflexe de la moelle : ici encore, mon espérance a été déçue. C'est seulement chez les animaux refroidis et chez les jeunes animaux que j'ai obtenu des mouvements réflexes dans le tronc décapité.

L'irritation de la moelle dans le canal rachidien reste d'ailleurs sans résultat au bout de quatre ou cinq minutes. Si, une minute après la décapitation, nous excitons mécaniquement la moelle, si nous la tiraillons avec une pince, nous obtenons des mouvements des membres antérieurs et des muscles de la nuque, mais nous n'observons rien d'analogue du côté des membres postérieurs. L'excitation électrique augmente l'amplitude des mouvements du train

1. Paul Loye, Comptes rendus de la Société de Biologie, 4 juin 1887.

LE TRONC APllÈS LA BF.CAI'ITATION

,„lérieu.-, mais elle esl aussi inefficace en ce qui con-

'^^^s^^ r'^^^rie'Toit de nous demander si e-eS ï-oelle elle— ^^^^^^J^^

'^'^-''''Tp!;:;, e "n érieuîSs^,?nuencerlamo^ Se 0 aXoul e" aminerons les conditions d<ms CieHes se trouve l'axe nerveux après la décoUatttlns rerrons que plusieurs --es so.U -"^-^^ modifier profondément les propriétés de la moelle et Zs aurons peut-être l'explicafon de tous ces phé-

nomènes.

Les excitations périphériques restent donc sans rénonse tos e 1,-onc' décapité et l'irr.lation de la moelle elle-même provoque à peine quelques contracrns musculaires.'ouand les mouvements spon an^^^^ décrits plus haut, ont cessé, le corps letombe

Mais quelle esl la iialiire de ces mouvements spontanés ? Devons-nous rechercher, comme nous avons fait pour les mouvements de la tête s. ce sont a des actes volontaires? Non, assurément. La volonté la perception, la pensée sont des fonctions cérébrales , elles exigent la présence du cerveau; elles sont hees à l'intégrité de la région corticale. Quand le cerveau a disparu, la volonté est supprimée : dans le corps, séparé de la tête, aucune manifestation volontaire ne peut donc se produire.

Je sais bien que l'on peut me rappeler les expériences réalisées sur les orenouilles ou sur les oiseaux, que l'on peut croire àl'existence d'un centre perceplit dans la moelle épinière. Mais, même chez ces animaux, les mouvements si remarquables exécutes après la décapitation ne sont que des mouvements réflexes adaptés : ce n'est pas, d'ailleurs, ici le heu de le démontrer.

CIIAI'ITRE THOISIÈME

Si nous voulons mettre un peu d'ordre dans l'étudr^ des mouvements qu'exécute le tronc décapité, nous devons tout d'abord connaîire les condilions dans lesquelles le corps se trouve placé après la décollation. G est celle méthode que nous avons suivie en étudiant la tête : elle nous a donné des résultais assez précis pour que nous n'hésitions pas h avoir recours à elle une seconde fois. Voyons donc ce que deviennent les deux grandes fondions dont les moindres modifications sont si immédiatement importantes.

^ Circulation. — Après la chute du couteau, le sanos échappe avec violence par les artères carotides e1 vertébrales devenues béantes parla section du cou. A chaque battement du cœur, le sang est rejeté au dehors avec une force égale à la pression artérielle, c'est-à-dire équivalente à 15 ou 18 centimètres de mercure.

Mais, il m'a semblé cependant que la section du cou n'était pas suivie sul^ilement de ce jet sanguin; il m'a semblé, dans mes expériences, que la projection du sang ne se montrait -guère qu'une seconde après la décapitation. Les choses m'ont paru se passer comme si les artères avaient été un instant comprimées, fermées à la suite du passage du couteau, comme si les parois des vaisseaux s'étaient momentanément accolées pour mettre obstacle à la brusque sortie du sang.

Je ne sais vraiment comment me rendre compte dece phénomène; mais je crois que mes yeux ne m'ont pas trompé, car plusieurs personnes, au laboratoire, ont fait après moi la même observation

Quoi qu'il en soit, que la projection du sang soit instantanée ou qu'elle commence seulement après une

1. Peut-être cette suspension de riiémorrafîie doit-elle être attriljuée en partie à l'arrêt du cœur qui succède à l'excitaUon des nerfs vagues.

LE TRONC Al-RÈS LA DÉCAPITATION ^^'^

1p« nrf^res sectionnées expulsent

na ■ les orifices béants de ces vaisseaux : 1 au i e pai tie se rend dans les arlères des membres et du t.onc nasse dans les capillaires et les veines pour arriver an Sdtit,au poiLon, et pour -venK enfin au cœ r aaucho. Tant que ce dernier reçoit du sang et com, nne à battre il lance ce sang dans 1 aorte 1 s opère âins une oùstraction rapide et considérable par les carotides eUes vertébrales. Aussi, ne faut-il pas beau- ^nm e temps pour que la masse du sang soit presq^compSent ?ejetée au dehors, pour que le rnrns cleYienne absolument exsangue.

U puissance de ce jet sanguin, de moins en moins rutilait ne tarde pas! en effet, à diminuer e^^^^^^^^^^^^^ raître. Peu à peu les artères sectionnées n expulsent plu que quelques gouttelettes de sang. Cependan , L battements du cœur agissent encore sur ces vai seaux vidés: ils se Iraduisent par quelques coi tractions au niveau des aitères sectionnées. Puis toute hémorragie cesse : c'est à peine si cinq ou six centimètres cSbes de sang s'écoulent en bavant a travers les muscles coupés et le long des bords de la plaie.

Voulons-nous savoir quelle est la quantité de sang perdue par le corps de l'animal après la décapitation ! Cette recherche est assez facile : elle peut se réa iseï par deux procédés, directement ou indirectement.

Directement, il suffit de placer un poids déterminé de sciure de bois sur la table d'expérience, sur les

CUAJ'ITRE THOISIÈME

Le procédé indirect est aussi simple Le noid, ,1,.

un quart d heure après, on pèse le cadavre en réunit sant sur la balance la têle et le corps du chien L'Zh entre les deux pesées correspond 'à la peHe totale du

tre?a'mnnHlé^d! T sonnai-

Mais en rllî m" ?.P"'"^'^ seulemenl. Mais en lealité, celle délerminalion est très facile quand on connaît le poids de la tète et la er(e sa gu.ne subie par celte partie : or, nous savon, com ment s'obtient celle indication (p 18)

En employant l'un ou l'autre de ces procédés voici Scer " '■'^""''^ fourlns mes 'elpl-

RAPPORT

du poids total du

sang perdu au poids de ranimai

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