‹ La mort par la décapitationChapitre 26 sur 59 · HAUTEUR DE LA · texte numérisé non relu

HAUTEUR DE LA

Pression Sanguine en cent, de riî e coure

Avant la décollation

5 seconfles après

6 fi

i minute w

1 » 1 S secondes

Le nombre des battements a donc augmenté aussitôt après la section du cou (cependant, dans une des expériences (fîg. 3) le cœur s'est presque aiTPÀé au moment de la chute du cou(eau). Au bout de quinze secondes, le nombre des battements avait plus que doublé. L accéléi^ation s'est d'ailleurs encore accrue et, pendant une minute, le cœur a battu avec le rythme extraordinairement rapide de 336. Puis celle vitesse s'est peu à peu ralentie: mais néanmoins au moment oii la pression sanguine était à peu près nuhe, au momeni oij les arlères étaieni presque vides, c'est-à-dire environ çleux minutes après la décapilation, te nombre des battements du cœur dépassait encore de beaucoup le nombre normal.

Les tracés graphiques foui'uis par la pression sanguine ne peuvent malheureusemeni plus nous ren-

L15 TRONC Al'RÈS LA DÉCAPITATION ^^'^

seionersur le lonctionnemeiit du cœur dès quel'hémomioie aalteiul ses dernières liuaites. Mais 1 absence

d'osciUatious sur les tracés ne signifie pas que les baltemenis cardiaques soient arrêtés. Si, en ellet, 1 on ouvre la poitrine de l'animal alors que les artères ne reiettenl plus de sang, on voit très nettementle cœur battre encore pendant quelques minutes. Dans une de mes expériences, les battements élaienl encore au nombre de 18, pendant 60 secondes 7 minu es après la décapitation : le cœur cessait de battre seulement au bout de 12 minutes.

Ces derniers cUitîres ne se présentent pas toutefois d'une façon constante. Dans les expériences que j ai faites avec M. le professeur Brouardel, à propos de la mort des victimes de la rue Montaigne, l'aiguille enfoncée dans le cœur du chien s'est presque toujours arrêtée quatre minutes après la décapitation.

Le nombre des battements du cœur n'est pas en rapport avec la hauteur de la pression sanguine, avec la tension artérielle. Les mêmes figures 2 et 3, qui nous ont donné quelques indications sur la fréquence des contractions cardiaques, nous démontrent bien qu'aucun rapport n'existe entre ces deux activités de l'appareil circulatoire. Il n'y a d'ailleurs, pour s'en convaincre, qu'à consulter le tableau précédent (p. 76) dans lequel le nombre des battements est placé à côté du chiffre représentant la hauteur de la pression. Quand le cœur battait selon le rythme de 336, la pression variait de 10, 6 à 6, 6: quand le nombre des battements était le plus faible (144), la tension artérielle atteignait le maximun (13, 5). Aucune relation ne se manifeste donc entre les deux phénomènes.

Au moment où la tête est tranchée, la pression sanguine présente un brusque abaissement, à peine marqué dans la fig. 2, mais très apparent dans la fig. 3 : Celte chute ne dure toutefois guère qu'une se-

CUA] ITR'Î TROIcI ME

conde. Presque aussitôt, en effet, la pression se relève: et, non seulement elle se relève, mais elle dépasse même légèrement la hauteur qu'elle atteignait avant la décollation. Puis elle s'al^aisse progressivement en fciisant encore quelques tentatives de relèvement: enfin, au bout d'un certain temps, au bout d'une minute et demie environ, elle devient tout à fait nulle, elle tombe à zéro.

A quoi sont dues ces modifications dans le jeu de l'appareil circulatoire ? A quoi devons-nous attribuer ces variations dans la fréquence des battements du cœur après la décapitation ?

Nous ne nous compromettrons pas beaucoup en incriminant ici l'influence du système nerveux. Mais de quelle partie du système nerveux?

Le cœur reçoit des filets moteurs de deux origines et de deux natures différentes. La moelle et le grand sympathique lui apportent des nerfs accélérateurs : le pneumogastrique lui fournit des nerfs d'arrêt, des filets modérateurs.

Or, qu'arrive-t-il au moment de la décapitation? La moelle épinière est coupée, le pneumogastrique est sectionné : tous deux sont irrités par le passage du couteau. Le résultat de l'excitation du pneumogastrique, c'est l'arrêt du cœur : or, cet arrêt s'est manifesté dans les expériences représentées parles fig. 2 et 3 ; si cette suspension est peu apparente dans la fig. 2, elle est en revanche très marquée dans la fig. 3, oi^i le tracé de la pression sanguine s'abaisse brusquement au moment de la section du cou.

Mais la moelle épinière, elle aussi, se trouve excitée du fait de la décollation : et comme cette moelle cervico-dorsale renferme les nerfs accélérateurs du cœur, cette excitation augmente la fréquence des battements cardiaques. Nous avons vu déjà combien cette accélération était considérable.

L'excitation est de courte durée : et, cependant, le

Il 2 CllAPITRn; TROISIÈME

nombre des battements du cœur resie trbs élevé : pourquoi? C'est que le pneumogastrique, le nerf d'arrêt, a perdu, après la décapitation, ses rapports avec son centre, avec la moelle allongée : il ne peut plus agir, il ne peut plus réfréner les mouvements cardiaques. Au contraire, les filets accélérateurs ont conservé leurs relations avec leur centre, car celui-ci se trouve précisément dans cette moelle cervico-dorsale au-dessus de laquelle a passé le glaive de la guillotine.

Le cœur ne peut donc plus se tenir en équilibre : ses nerfs d'arrêt étant supprimés, ses filels accélérateurs restent seuls à agir. De là cetle rapide et puissante augmentation du nombre des battements.

J'ajoute, en terminant, que ces diverses influences du système nerveux ont été peu apparentes après la décapitation des animaux refroidis. La fig. 4, qui se rapporte à la décollation d'un chien dont la température rectale avait été amenée à 25% ne montre en effet qu'une légère accélération des contractions cardiaques.

Respwatmi. — Déjà, à propos des mouvements de la tête, nous avons eu à examiner l'état de la respiration chez l'animal décapité. La tête a manifesié des efforts respiratoires, des bâillements, après la décapitation : la théorie permettait de le prévoir. Mais, si nous continuons à consulter la théorie, de pareils efforis ne sont pas possibles du côté du tronc. La section delà moelle épinière entre le bulbe rachidien et l'origine des nerfs phréniques fait, en effet, disparaître tous les mouvements respiratoires des côtes et du diaphragme.

Il suffit de jeter un coup d'œil sur les fig. 2 et 3, pour constater cette disparition. L'expérience est d'accord avec la théorie.

Mais ces mêmes figures nous apprennent quelque chose de plus : elles nous montrent qu'au moment de

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