‹ La mort par la décapitationChapitre 3 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

(historique).

f rlP Pierre Gautier. — Les discussions scientifiques sur la dé-

ie Ca^r s di;s'r?.r„" de'^I é^mé t Wedeldnd, de Lepel cle Labanis. l obu^^^^^ Caractère de la discus-

Les'oSvatnfde^^^ cle Leveling, de ^Vendt de

etc - Les expériences d'Aldini: l'action du galvanisme sur ^PS restes" des suppliciés- Les recherches de Legallois.- Les arguments cl e Mojon,^^e Castel, de Julia Fontenelle, de Mu el, de Rigby. ™ L'oVservation de iM. Bonnafont. - Les articles de Berard, de Dur-. MUmiPns de Moueeot de M. Ferrand, de M. A. Despres. — ïeLr cl^^Ss de^tét^^ M. Duval, J. Rochard et A. Petit, de

M BrowS-Séqua^ de M. Ch. Robin, de M. Laborde. - Le mémoire de mSi. Diijardin-Beaumetz et Evrard. - Les observations de M llolmgien, de M . Petitgand, de MM. P. Regnard et Paul Loye. - Les effets de la hache, du glaive et de la guillotine.

Chaque fois qu'une tête est tombée sous le glaive ou sous la hache d'un bourreau, l'imagination des spectateurs a cherché, dans les changements de la physionomie du décapité, des preuves de la persistance de la conscience et de la volonté. Les yeux se tournent, c'est pour témoigner de la douleur -, les lèvres remuent, c'est pour parler ; la bouche s'entr'ouvre, c'est pour mordre par une sorte de rage. 11 n'est pas une modification du visage qui n'ait été interprétée comme une marque de la conservation du sentiment.

GUAPITRE l'ItEMIER

coltalion ''"^P^' ^^«"PPlicedeladé-

couauon aMéié regardé comme Je plus sûr 1p l^h■,^

ryde et le moins douloureux, i „e passait ^ as pour an.ener instantan6meulla m'orL Mais', ùTe com- ^arlP o ^" ^ pendaison, à 1^smil s'rnii.-ulation, à la fusillade, elc, il paraissait avoir le grand avantage d^ diminuer notablement la longueur^ de la souSct Auss était-, réservé au noble, tandis que la potence était le supplice du vilain. ^ potence

C'était donc une mort relativement rapide, mais non pas une mort immédiate, que la décollation avait In réputation de donner au condamné. Dans une thèse soutenue a Pans en 1767 \ un jeune docteur en médecine, Pierre Gautier, démontre, en effet au moyen de raisonnements nombreux, qu'une lête décollée conserve encore pendant plusieurs instants la laculté de sentir et de pe-iser. D'après lui. Je coup de damas ne paraît pas détruire subitement la réRuJarilé de 1 organisation. Ce n'est pas cependant qu'il soit de l avis de tout le monde, le jeune docteur, car il ajoute, en terminant sa (hèse : « Il me restera toujours » la satisfaction de me voir, sinon approuvé, au » moins loue d avoir piqué la curiosité de ceux nui » sont plus en état de découvrir le vrai : et ce n'est pas peu pour un jeune homme. »

^ La curiosité n'avait pas, il est vrai, l'occasion d'être piquée iiien souvent, caria décollation était en somme un supplice que l'on appliquait assez rarement Et puis, comme nous l'avons vu, elle frappait surtout le noble; et la tête de ce dernier n'était pas d'une observation facile pour le médecin. De nombreuses légendes sur certains suppliciés couraient pourtant dans le public: chaque fois que, par un coup de hache ou Uepée, le bourreau enlevait avec plus ou moins d'a-

r '^'"■'K'iécoUé conserve-t-dle, plusieurs insta7ils après sa séparation du tronc, la faculté de sentir? - Question métaphyàco-phusiaue par Pierre Gaulier, élève de l'hôpital de la Charité de pdil' mi ^ '

LA MORT l'AH I.A DBCAPITATION lo

dresse la lêle d'un gcnlilliommc, celle tête avait manifeslé quelque expression douloureuse. Mais, en réalité la pitié n'était pas pour ces suppliciés-là: il y avait alors trop de roués et de pendus, exécutant d'horriijles grimaces, pour que la compassion pût s'exercer à propos des quelques contractions de la face d'un décapité. 11 est aisé d'ailleurs de se rendre compte de ce sentiment : le malheureux, soumis au supplice de la roue, restait, pendant plusieurs heures et en présence de la foule, victime de la plus abominable torture; le pauvre diable, condamné à être pendu, s'agitait, lui aussi, durant quelques instants, au bout de sa corde dans les contorsions les plus affreuses. Que pouvaient bien être, à côté de ces mouvements-là, les lailjles secoussesfibrillaires d'une tête brusquement séparée de son corps?

Pour attirer l'attention sur les souffrances que peut ressentir un décapité, pour amener, sur les condamnés à la décollation, la pitié de la foule et la compassion des savants, il a fallu plusieurs conditions. Il a fallu que, sur la proposition de Guillotin et sur le rapport de Lepelletier de Saint-Fargeâu, la décapitation devînt le seul mode de supplice usité en France ^ Il a fallu surtout que la Terreur ensanglantât la l\évolution par toutes ses boucheries et qu'elle éveillât non plus la pitié delà foule pour un criminel, mais les angoisses d'un parent pour un parent et d'un ami pour un ami. Il a fallu aussi que, sur la consulta-

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