Voir, pour l'histoire de la guillotine
G. D. F (Giiyot de Fère). — Noii'.-e huforique et physiologique siv le supi'l'ce de la gui/loline, extraite des Arc/tii:e--i curieuses', 18130.
lU'ichez et lioii.x. — Hist. parlement, de la IUdoI. friviç., 18?4 (t. III.)
TiOuis du Hois. — Kech. hislor. et phijsiul. sur la guilluline. Paris,
Dubois d'Amiens. — Récit, hur Louis et Vicq d'Azir {null. Acad. de medec), 1866,
Diij.irdin-lieaumctz et Evrard. Noie histor. et phi/siol. sur le supplice de la fjud/otiiie. — Aii/i. d'hyg. pubi. et de rnéibtc. lér/aJe, 1810 . À. Ghereau. — Guillotiu et la (înilioline, i'aris, 1870. Tourdes. — Dict. euajcl. des sciences mcdicaies. Art. Supplice-i.
CnAPlTRE l'HEMIER
lion de Louis, l'éminent secrétaire perpétuel de l' Vcadémie de chirurgie, le glaive de l'exécuteur fût remplacé par le couteau de la guillotine. Jamais le bras du bourreau n'aurait suffi à accomplir toute cette sanglante besogue si le nouveau mécanisme n'était venu exécuter sans fatigue, sans retard et sans maladresse, les arrêts du tribunal révolutiounaire \
Aussi, dès l'apparition de la guillotine, dès les premières exécutions politiques, une inquiétude des plus vives vient-elle frapper les parents et les amis des malheureuses victimes. Bientôt s'élabht la légende de Charlotte Gorday rougissant, après la décollation, de honte et de pudeur sous le soufflet du bourreau! L'inquiétude redouble : les condamnés livrés aux mains de Sanson auraient-ils encore souffert après la chute du couteau? Mais on n'ose rien dire : ce n'est pas le moment d'élever la voix. Il faut attendre la réaction thermidorienne pour que les craintes refoulées, pour que les indignations contenues puissent se développer au grandjour. Dès lors, c'est une explosion de haines contre la guillotine, l'instrument de tous ces forfaits : non seulement on l'accuse d'avoir trop travaillé, on lui reproche d'avoir mal travaillé. Des savants se font l'écho de toutes ces protestations : ils déclarent, en s'appuyant sur des preuves scientifiques, que la tête continue à vivre et à penser après la décapitation.
C'est le célèbre anatomiste aUemand Sgemmering, qui, dans une lettre adressée à OElsner^ commence réellement la campagne contre la guillotine en cher-
1. Du 7 avril 1793 au 28 juillet 1794, pendant la période du tribunal révolutionnaire, il y eut à Paris 2fi±'6 exécutions publiques par la guillotine. L'action si prompte et si sûre de la nouvelle machine à décapiter a certainement contribué à multiplier le nombre des supplices. En octobre 1792, les 21 Girondins furent exécutés en 31 minutes et plus tard une fournée de 62 victimes en 4o minutes. {Did. eticycl. des sciences médic).
2. Mémoires de la Société médicale d'Emulation de Paris. Tome I pour ran V. — 1797-1798
cliaiil à démontrer que la conscience persiste clans la tête séparée du corps. Au moyen d'arguments empruntés à la physiologie et à la pathologie 1 affirme que le sentiment n'estpas immédiatement détruit.
«Ce n'est pas sans peine, dit-d, que j'ai entendu » bien des personnes estimables dire que si elles de- ,) yaient périr parle supplice, elles préféreraient de » mourir par la guillotine. Elles énonçaient precisé- )) ment le contraire de leurs vœux.
» Le supphcepar le tranchant de l'épée ou par la » hache a la même barbarie. ^ .
» Heureusement, ces deux genres de mort n exis- » tent plus que dans des pays remarquables par la » stupidité et labrutahté de \euvs\ois (lisez ia France). » Dans les pays éclairés, où jusqu'ici j'ai eu le bou- » heur de vivre, la peine capitale n'était plus en » usage depuis une trentaine d'années; et j'espère » que l'horrible guillotine, ce jeu atroce, ce passe- » temps abominable des bourreaux et delà populace, » y restera éternellement inconnu. Il est superflu de » faire sentir aux âmes honnêtes combien ce genre » de supplice déshonore l'humanité. Ceux qui peu- « vent s'y plaire et en parler avec une sorte de déli- » ces sont des monstres qu'un homme raisonnable » n'entreprendra pas de convertir : il faut les déporter » chez les cannibales.
...» Des spectacles aussi abominables ne devaient » pas avoir lieu parmi les sauvages : ce sont les Répu- » blicains qui les donnent et qui y assistent. »
C'est là la partie sentimentale de la lettre de Sœmmering ; nous apprécierons plus loin la valeur de son argumentation scientifique \
i. Voici, en somme, à quoi se réduil la thèse de SœmmerinR : « Le siège de la laciilLc de sentir est évidemment dans le cerveau ; or, aussi longtemps que le cerveau conserve sa force vitale, le supplicié a le sentiment de son existence. D'ailleurs, des phénomènes frappants, remarqués par un grand nombre d'observateurs dignes de foi, prouvent que la tète conserve sa force vitale longtemps après avoir été séparée du corps... Levcling a souvent, sur les lieux de supplice, irrité la
CUAPlriti: l'REMIEIl
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^^"7 ^. de terrorisme ou qu'elle n'en produisît un contraire a ses vœux sur des hommes cruels elle ne fut envoyée a OElsuer qu'après le 10 lliermidor " Fmnce!^r ^'^'""^""^'^ ^'*^P^^^°^'t son empire en
OElsner publie la lettre de Sœmmering en comblant d éloges 1 analomisle allemand et en s'associant a toutes ses conclusions ' :
« Qui n'a pas vu au supplice de Charlotte Corday, » a figure de Charlotte .•oii^ir d'indignation lorsque » exécrable bourreau qui tenait dans sesmains cette » lete SI calme et si belle lui appliqua un soufflet et » que le peuple ne s'en indigna point? Ce mouve-