CHAPITRE PREMIER
vements analogues à ceux qu'a couslatésM. Holmgreii et que nous avons énumérés plus haul: c'est que Te visage du pn-ate annamite s'est comportéde la même mamere que celui des suppliciés suédois
Je n aurai garde pourtant d'adresser de grands reproches a M. Pet tgand. Je sais, pour l'avoi.^ressent e, quelle profonde émotionl'on éprouve quand on assiste de près pour la première fois à une exécution capitale II y a la, en effet, un homme que l'on va tuer Ldement, comme une bête. Comment rester calme eu pi^sence d un aussi hideux spectacle? comment ré-
hl^^^^^^^^^^^^ «mettre ment? d'illusions et d'erreurs de juge-
Il y a trois ans, nous assistions, le P. Reenard et moi, a une exécution capitale à Troyes . Nous avions pensions-nous, l'un et l'autre une assez grande habi^ tude des vivisections sanglantes pour supporter un pareil spectacle sans émotion trop pénible. Le condamne n avait rien du reste qui put attirer sur lui un intérêt bien vif et une compassion bien marquéec était un malfaiteur de profession qui, dans son dernier exploit, avait assassiné la tante et le cousin de mon compagnon, M. Regnard. Nous n'avions assurément aucune raison pour montrer quelque pitié à égard d un semblable criminel. Ehbien, quand 1 homme arriva devant la guillotine, nous ne pûmes nous défendre d un malaise des plus douloureux et nous perdîmes sans aucun doute une partie de la lii3erté d esprit nécessaire aux investigations scientifiques.
^ La preuve, c'est que la notion du temps, de la durée, tut immédiatement troublée chez chacun de nous.
La voiture venait de s'arrêterauprès de la guillotine Un gendarme en descendit, puis un gardien, puis un aide de l'exécuteur, puis un autre gendarme : et tous ces gens-là semblaient se mouvoir lentemenl, très len-