‹ La mort par la décapitationChapitre 38 sur 59 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

LÀ TÊTE DES DÉCAPITÉS (suHe).

Origine des mouvemenLs qui se produisent parfois dans les têtes décollées — Ces mouvements ne supposent pas necessau-ement la présence d'une volonté qui les dirige. — Impossibilité de reconnaître si tel mouvement est ou n'est pas volontaire. — La physionomie des décapités ne présente aucune expression douloureuse. — L expérience de Lacenaire; l'expérience de Lapommerais.

Conditions physiologiques dans lesquelles se trouve la tete après la décollation. — IntUience de l'hémorragie et de l'asphyxie : mouvements respiratoires du visage. — Influence de l'excitation du système nerveux : mouvements réflexes.

En dehors de toute intervention de la volonté, la tete décollée devrait présenter des mouvements plus nombreux et plus énergiques — Pourquoi ces mouvements n'existent-ils pas? — Théorie de l'inhibition. La mort par inhibition. — La tête, chez l'homme décapite, meurt par inhibition.

Les mouvements spontanés qui parfois se manifeslent dans la tête après la décapitation se réduisent en réalité à quelques très légères modifications de la physionomie. Nous en avons eu la preuve dans le chapitre précédent. Ces fameuses grimaces, ces horrilDles convulsions, que signalent toutes les légendes, se limitent en effet à un ou deux roulements des yeux et à quelques déplacements des mâchoires.

Les écrivains (je n'ose pas. dire les savants) qui ont regardé ces mouvements comme des actes volontaires, comme les témoins d'une vie mentale persistante, ont évidemment brodé en pleine fantaisie. A les suivre, nous serions forcément conduits à penser que

tous nos mouvements sont dirigés par notre volonté que nous ne contractons pas ie plus petit de nos muscles sans en avoir conscience. Mais est-il besoin cle rappeler que loule la journée nous accomplissons a notre nisu les mouvements les plus divers et les plus réguliers, que même pendant noire sommeil nous en exécutons continuellement sans en avoir la moindre connaissance? Est-il besoin de rappeler ces maladies convulsives, l'épilepsie par exemple, dans lesquelles le visage est le siège des grimaces les plus variées sans que le malade en ait notion, sans qu'il en conserve a son réveil le plus faible souvenir? Est-il besoin enfin de rappeler ces frémissements des chairs récemment coupées, ces soubresauts des membres Iraichement amputés, ces secousses des cadavres cholériques qm plusieurs fois ont laissé croire à des resuiTections ? 11 semble puéril de revenir sur de pareiUes banalités. Non, nos mouvements ne supposent pas nécessairement Inexistence d'une volonté qui les dirige Croyons-nous à l'intelligence d'un ballon parce qu il s élève dans les airs ?

Que pouvons-nous strictement conclure de la présence de ces quelques contractions dans la lête séparée du corps? C'est que la vie n'avait pas encore disparu dans les organes du mouvement, dans les muscles ; c'est que pendant quelques minutes après la décollation ceux-ci conservaient encore leur puissance contractile.

Nous n'avons pas le droit d'aller plus loin dans nos conclusions. C'est pour avoir outrepassé les faits c est pour s'êlre écartés de cette logique rigoureuse que Sœmmering et Sue (je ne parle que des plus sérieux) se sont si grossièrement trompés.

Les mouvements du visage témoignent donc simplement de la vitalité des muscles. Mais ces muscles, sous quelle influence sont-ils entrés en activité, à quel excilant ont-ils obéi, pourquoi se sont-ils con-

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tractés? Les réponses ;i ces questions ont été bien difféi-enics et souvent tout à fait contradictoires : c est (lue, pour tenter une réponse, il faut abandonner e terrain de l'observation et entrer dans le champ de l'interprétation et de l'hypothèse : or, dans ce champlà on court sans cesse le risque de s égarer.

Parmi les hypothèses qui ont été émises, parmi les opinions qui ont été soutenues, il en est qui intéressent plus particulièrement les philanihropes, il en est d'autres qui appellent au contraire plus vivement l'attenlion des physiologistes. Les premières concernent l'intervention de la volonté dans la production des mouvements de la têle décapitée; les secondes laissent à l'arrière-plan les influences psychiques pour démêler, au milieu des troubles des grandes fonctions vitales, l'origine et la nature de ces mêmes mouvements.' C'est de ces dernières que nous voulons surtout nous occuper : cependant nous ne pouvons laisser passer les autres sans examen.

Nous l'avons déjà répété bien souvent, nous ne savons pas reconnaître si tel mouvement est ou n'est pas un acte volontaire. La contraction du muscle ne porte pas en elle-même la preuve apparente qu'elle s'est etîectuée en l'absence ou sous l'influence de la volonté. Mais il y a des associations de mouvements qui nous font connaître la pensée de celui qui les exécute. De ces associations, la plus expressive est celle qui constitue le langage articulé, la parole : seulement celle-ci exige, pour se produire, l'intégrité de l'appareil vocal, lequel se trouve brisé en deux au moment même de la décapitation. La tête décollée, si la conscience survivait, n'aurait donc pas la parole à sa disposition pour exprimer sa pensée ou sa souffrance.

A défaut de la voix articulée, cette tête possède cependant lousles organes nécessaires à la mimique : elle pourrait, si sa vie mentale était conservée, com-

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muniquei- avec nous par des mouvemen(s des Jèvres de la bouche, des yeux, des aiJes du ucz, etc n.ou ' vemeuls que nous arriverions peut-Ô(re à interpréler malgré les nombreuses causes d'erreur dont est passible un pareil langage. Nous distinguons assez facdement les modificatious de la physionomie qui expnment la douleur ou le plaisir, la colère ou la joie

Or, rencontrons-noussurlevisagedesdécapités, quand par hasard ce visage a présenté quelques coutractious cette expression douloureuse et terrifianfe qui devrait traduire 1 épouvautable souffrance du supplicié si celui-ci conservait ses facultés mentales? Nous n avons qu'à nous reporter aux récits de M Hohngren pour obtenir une réponse absolument néo-ative Non, cette physionomie qui demeure complèt'ement immobile pendant une et même deux minutes qui exécute ensuite un ou deux roulements des yeux et quelques déplacements des mâchoires, celte physionomie-là n'a rien qui marque la moindre douleur ou la moindre volonté.

Le visage des décapités ne présente donc pas ces convulsions, ces grimaces, que nous avons observées chez les chiens décollés et qui nous semblaient exprimer les angoisses les plus vives. Nous savons d'ailleurs que, même chez les chiens, ces grimaces n'étaient pas des manifestations volontaires puisqu'elles se montraient chez les animaux aneslhésiés au moment de la section du cou. Et si, comme l'ont demandé quelques philanthropes, les criminels étaient endormis, anesthésiés, avant d'être frappés par le glaive, les déplacements des yeux et des mâchoires se produiraient très probablement encore. C'est que, comme nous l'avons déjà dit à propos des recherches sur les animaux et comme nous aurons à le redire une seconde fois, ces mouvemenis doivent leur origine à l'asphyxie qui envahit les tissus de la lê(e aussitôt après la décollation; c'est que ces mouvements se manifestent toujours dès que le sang est en

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même temps trop riche en acide carbonique et trop naiwre en oxy^ne; c'est que ces mouvements (ceux Cnâchoirel^out au moins, c'est-à-d.re es plus fléquen^^^ caractériseni simplement des etTorls respiratoires pour lutter contre l'asphyxie .

Seîi par conséquent, n'autorise à voir dans ces contactions de la face, des manifestations de la conscience et des actes de la volonté. Rien, non plus, e ie me hâte de le déclarer, ne nous permet jusqu ici d'affirmer qu'au moment où se produisent ces modifications du visage, les facultés mentales ont deja disparu. C'est l'étude des conditions dans lesquelles se h^ouve placée la tète décollée qui nous apprendra si oui ou non la vie psychique est encore possible aussitôt après la décapitation. Mais ce que nous pouvons dès maintenant affirmer, c'est qu aux yeux des observateurs les moins prévenus, le visage des décapités n'a jamais présenté un seul signe évident de vie consciente : c'est que les tableaux tracés par ces mêmes observateurs sont loin de correspondre a la physionomie d'un, homme qui sent et d'un homme qui souffre.

La preuve positive de la survie de la conscience n'a donc jamais été faite. Elle semble cependant avoir été tentée, sans succès d'ailleurs. Voici, en etîet, ce qu'écrivait le Mougeot, àd.nsVU?îion médicale^ de 1862, au sujet de l'exécution du fameux Lacenaire, lequel avait bien voulu, paraît-il, se prêter au moment de sa mort à une expérience scientifique :

« Contrairement à l'usage suivi pour les condamnés » à mort, Lacenaire fut conservé à la Conciergerie : » il s'y livra à des travaux h Itérai res, pensant, disait- » il, que les mémoires d'un assassin seraient d'un » haut goijt pour le public.

» Dans ce lemps-là élait également détenu à la » Conciergerie, pour affaires politiques, M. G..., K médecin et philosophe distingué. Demeurer si près

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» dim phénomène aussi curieux, au point de vup » psychologique, devait faire naîti'e dans l' Lprit de » M. G., e désir de J'éludier avec so n ^Aus i » lemanda-l-d et obtint-il la permission de vo » Lacenaire dans sa cellule. Il y eut entre eux dé >> nombreuses conversations et discussions phd^so » pl iques, où le criminel déployait une remarquaWe

» moit, cette fin mevitablement prochaine pour Lare- » naire, et qu d ne voulut pas ajourner d'un n orne d » était en partie le sujet de ces entretiens ' » Le condamné l'envisageait avec une'incrovVhlp » placidité. L'avenir posthume le préoccuTait' fo » peu. Ce qm fixait principalement son attention » c'e ait l'opération sanglante dans sa partie hv^ » siologique. Le tronc séparé devait-il souffrir et h » ête continuait-elle à être maîtresse de s volt » tions? A quoi M. G... répondait comme Cabanis » Pour le tronc, nulle sensibilité, la chose est ce': » aine ; pour la tête, on ignore ce qui se passe, nul » n en étant revenu. ^ '

« Un soir que la conversation avait pris son cours » habituel, LacenairedemandaàM. G... quels étaient » les organes de la tête assez respectés par la déca- » pitation pour demeurer à la disposition de la vo- » lonle, au cas où celle-ci survivrait à l'opération'? » — Pourquoi cette question? — C'est que s'il me » reste un peu de volonté et un organe suffisamment » respecte pour le révéler, je crois pouvoir m'en^acrer » a le laire par un mouvement convenu de cet or » gane.

>> M. G... frémitàcette proposition; mais l'occasion » était umque; la science pouvait en profiter et il » fut convenu entre le scélérat et le philosophe que » celui-ci demanderait la permission d assister au » supplice. Si la tête conservait un reste de volition » et de pouvoir recteur sur les muscles de l'œil La- » cenaire devait fermer l'œd gauche en tenant 'l'œil

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rlroU ouvert - et, pour vaincre la synergie hai)ituelle „ «to^touveu e ,p il s'essaya de suite à la ma-

: fSronver au .Ln.ent solennel au-

' r "^^^^ttT^^^^ Laeenaire se retourna » ••• -y^^^V ,/r r fiii'il n'ava t point encore " P^Lf LÎa^tlfinVernu au pos e indiqué le ' ^ nHnXsurlui il lui iutliqua deux lois des : ;r K^^ul dù'supplice l'ui disau, pou.- le , Sssurér sur loiUe la présence de cet e yolonlé qu, Xî tenter l'impossible : « Allez je u a, pas peur » n Tl n'avait pas peur, en effet, cai son cieiniei . eLduà cluUe du couteau, regard d'u^ seul œil, 'œiWuche intentionnellement fern.6, disait encore au lîitosophe horriblement ému la suprême yo- ;> louté de cette puissante nature de tenir sa pro-

" r Ou'arriva-t-il? Il est aisé de le prévoir : quelques „ mouvements convulsifs des muscles des mâchoires „ Tes paupières, des yeux, le tout ^^nie du,^^^^^^^^^^ „ memen courte, mais rien qm, pour 1 obseivalem » consciencieux, pût être interprété comme e resu^^- „ tat et la preuve d'une yohtion yraie; rien enlin >, qui, da:ns ce reste d'homme, ait pu dire : je suis )) encore là ».

C'est une histoire du môme genre qui est attribuée au Goutv de la Pommerais, décapité à Paris en 1864 L'histoire ressemble tellement à la précédente Qu'elle n'est sans doute qu'un simple démarquage : il n'y a guère en effet de changé que les noms des acteurs elles résultats de l'expérience. Le témoin aurait été ici le grand chirurgien Yelpeau.

« Au tomber du couteau, aurait dit Yelpeau a La >, Pommerais à qui il venait rendre visite dans sa ), cellule \ je serai là, debout, en face de vous, contre

l. Le Secret de l'échafaud, par ViUiers de l'Islc-Atlam.

CUAPIïRE DEUXIÈME

» El alors lTo 'n/..f„ "''"^

•' voire œil (oui grand ou v" et Paupière de

» quelles que soferU les ^la- s oiilrt^io^s'dTS'' » vous pouvez, par ce Irinle clin H'iii '''' f^t^'es, » vous m'avez «".Hendu ef o^ is " tnZ

-olre„erf^LraC"elv™;^o";oT,'Ai^e'l^^^^^ » mmantloute lahoule, (oulel'horreS anVes ,m

» d un criminel que celle d'un héros » ^ peau' fétide l'être' '''''''' la proposition etVel- '^i-- '^'^^^^^^^^^^^^

» dan Jf ir.U;'ue^^^^^

» que fui cellioinme, le résultat le lit (."Laill r d'ù e

s abaissait 1 œil gauche, distendu, le regardait < Au nom de Dieu même et de nôtre être encore » deux lois ce signe!... cria-l-il un peu é ei^du

« Les cils sedisjoignireul, comme sois un efforl » '"terne; mais la paupière ne se releva Zf u » visage, de seconde en seconde, devenait tide » glacé, immohile. - C'était fini. „ ° '''''

Celte histoire de La Pommerais est devenue presque

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populaire en France; elle reparaît dans la presse chaque fois que la question de la peine capitale est de nouveau à l'ordre du jour. Mais elle n'a pas, je croîs, le moindre fondement. Velpeau n'a pas assisté à l'exécution de La Pommerais ; ou du moins il n'en a rien dit ni cà ses amis, ni à ses élèves ; dans tous les cas, contrairement à l'engagement qu'il aurait pris avec le condamné, il n'a jamais rien publié, rien annoncé qui pût transformer « la mémoire du criminel en celle d'un héros. » 11 n'y a probablement dans cette légende qu'une copie plus ou moins exacte de l'histoire de Lacenaire.

Quoi qu'il en soit, n'attachons pas à ces pseudo-expériences plus de valeur qu'elles ne méritent ; les têtes des guillotinés ont sans doute mieux à faire qu'à tenir leurs promesses. Nous ne retirons du reste aucun renseignement nouveau de ces diverses tentatives : nous n'avons toujours pas la plus minime preuve de survie mentale après la décapitation. Décidément, il a fallu une forle dose de fantaisie et de crédulité à ceux qui ont pu croire, sur ces seules indications, à la persistance de la conscience dans les têtes décollées. .

Ainsi, rien ne démontre l'origine volontaire des mouvements spontanés survenant dans la physionomie de quelques décapités. Mais si ce n'est pas la volonté, quelle est donc l'influence qui a provoqué la contraction des muscles du visage, quel est l'excitant qui a fait naître ces légères grimaces au sujet desquelles nous discutons depuis si longtemps?

Nous avons analysé avec assez de détails, à propos des recherches sur les animaux, les conditions physiologiques dans lesquelles se trouve la tête séparée du corps pour n'avoir pas besoin d'énumérer ici tous les troubles apportés dans l'organisme par la décollation. Nous nous rappelons que, chez le chien, l'un des elfets les plus immédiatement meurtriers de la décapitation,

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c'est l'énorme el rapide hémorragie consécutive à la seclion des vaisseaux du cou. Le sang s'écoule, d'abord ruiilanl., puismoius rouge, par les orifices des artères et des veines coupées ; la tête s'anémie, ses

tissusdeviennent exsangues. L'autopsie montre en efi'et la pauvreté des organes en liquide sanguin. D'autre part, le peu de sang qui reste dans les vaisseaux ne peut plus s'artérialiser, se débarrasser de l'acide carbonique qui le surcharge ni se réapprovisionner en oxygène qui lui fait défaut. Enfin, par suite de la séparation d'avec le cœur, les artères encéphaliques cessent de recevoir l'impulsion nécessaire pour conduire le sang jusqu'aux tissus. Quel est le résultat de ces trois profonds changements dans l'état de la circulation cérébrale? C'est de mettre aussitôt la tête dans les conditions de l'asphyxie. Et quel est l'effet de l'asphyxie, du sang asphyxique? C'est d'exciter violemment les centres nerveux et de provoquer des convulsions.

Parmi ces convulsions du visage, parmi ces grimaces, nous savons que quelques-unes d'entre elles présentent une forme déterminée et régulière. Je veux parler de ces déplacements des mâchoires, déplacements qui ressemblentà des bâillements énergiques, qui apparaissent bien marqués surtout dans la troisième phase de l'asphyxie et qui subsistent encore alors que toute trace non seulement de vie consciente, mais de sensibilité réflexe, a déjà disparu Ces ijâillemenls continuent, en effet, même quand l'attouchement de la cornée et du globe de l'œd n'amène plus l'occlusion des paupières, c'est-à-dire quand le pouvoir réflexe des centres nerveux n'existe plus.

Yoilà ce qui se passe chez le chien. Rencontronsnous quelque chose d'analogue chez l'homme, chez le supplicié ? Oui en vérité. Le sang s'écoule chez lui aussi de la plaie du cou du côté de la tête. M. Ilolmgren, en examinant la hache du bourreau, a monie pu s'assurer que l'écoulement commençait à l'instant

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précis de la décollation : le fer de la hache présente en effet deux raies sanguines sur sa face en rapport avec la tête du condamné, il s'écoule tout d'abord du sang rou^e provenant des artères carotides et vertébrales ; celui qui est ensuite expulsé de la tête sort plus lentement en prenant une couleur plus foncée ; ce dernier est du sang veineux. Enfin, après sa chute, la lete décapitée repose dans une flaque sangunie assez considérable. .

Il n'y a pas deux physiologies, 1 une pour 1 homme, Vautre pour les animaux voisins de lui ; ce que nous avons appris à connaître à propos du chien doit être, sauf en ce qui concerne les mécanismes particuliers à chaque espèce animale, également vrai chez notre semblable. La tête du supplicié, placée par la décollation dans les mêmes conditions d'asphyxie que. celle du chien décapité, devra réagir, elle aussi, par des contractions plus ou moins marquées dans les muscles ; elle devra exécuter, elle aussi, quelques efforts respiratoires. Ces mouvements du visage, nous les observons d'ailleurs toutes les fois que, pour une cause ou pour une autre, un homme est sur le point d'asphyxier. Nous les observons chez les personnes qui sont prises d'étouffement à la suite de l'introduction d'un corps étranger dansle larynx ou dans la trachée, chez les malheureux qui se suicident par les vapeurs de charbon, chez les étranglés, chez quelques pendus, chez les noyés, chez tous ceux, en un mot^ qui sont dans l'impossibilité d'artérialiser leur sang. Et ces mouvements se manifeslent même quand l'individu est surpris par l'asphyxie pendant son sommeil ou pendant une aneslhésie artificielle, à un moment où sa conscience est absente et oii sa volonté n'intervient pas.

Nous devons donc nous attendre à constater ces mêmes mouvements chez l'homme décapité puisque, chez celui-ci, comme nous venons de le voir, la tête se trouve subitement dans les conditions de l'asphyxie. Nous avons ainsi l'explication très simple et très

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