‹ La mort par la décapitationChapitre 40 sur 59 · CHAPITRE DKC-X1ÈMI · texte numérisé non relu

CHAPITRE DKC-X1ÈMI

devraient être le siège de nombreux mouvements dus les uns al asphyxie, les aulres à l'excitation directe ou réflexe du système nerveux. Ces têtes devraient être agitées de frémissements convulsifs et de con- Iractionsmulliples. La physionomie devrait être bouleversée, la bouche tordue, les traits remués, etc.

La question paraît donc maintenant tout à fait retournée. Nous ne nous demandons plus pourquoi les têtes décapitées présentent quelquefois des mouvements : nous avons à rechercher pourquoi ces mouvements n'existent pas toujours, pourquoi, lorsqu'ils existent, ils se montrent si faibles et si rares.

C'est que, en réalité, les excitations portées sur les diverses parties du système nerveux, ne se traduisent pas toujours par la mise en activité des organes terminaux : elles peuvent au contraire provoquer la mise ■ en arrêt de ces organes. Nous savons, par exemple, que l'excitation de la moelle allongée ou du nerf pneumogastrique amène la suspension des battements du cœur, que celle de la moelle cervico-dorsale ou des nerfs splanchniques fait cesser les mouvements de l'estomac. Nous avons d'ailleurs étudié avec quelques détails, dans la partie de ce hvre consacrée aux expériences sur les animaux (p. 54), le mécanisme de ces mfluences particulières qui constituent les phénomènes d'inhibilioii. Nous avons appris qu'une excitation, au lieu de mettre en activité un organe déterminé, peut au contraire inhiber, paralyser, suspendre cette activité; elle agit comme le cliquet qui tombe sur un rouage et qui suspend le mouvement de celui-ci.

Essayons, du reste, dans une courte digression, de nous rendre compte de ce mécanisme.

Tous les phénomènes nerveux se ramènent en dernière analyse à des réflexes associés, l'association se faisant par les centres réflexes lesquels sont unis entre eux au moyen de filets intercentraux et de prolongements cellulaires. Toutes les parties du système

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nerveux se trouvent ainsi reliées entre elles. Dès lors qu'un oro-ane sensoriel soit stimule, impressionne, théoriquement Texcitation, si elle est assez forte, raYonnera,se propagera dans toutlesystème ; 1 influx nerveux, grâce aux filaments intercentraux, cheminera d'un centre à l'autre. Mais deux cas peuvent se présenter.

Ou bien, en effet, le centre excité le preniier communiquera son activité aux autres : une stimulation initiale mettra alors en action un grand nombre d'oro-anes fonctionnels. Ainsi, dans l'éternuement, l'excitant porte sur un point très hmité de la muqueuse nasale : l'impression produite est transmise au centre réflexe correspondant: celui-ci à son tour rayonne vers d'autres centres l'excitation qu'il vient de recevoir. De là réaction d'un grand nombre d'appareils fonctionnels: de là ces trouliles inspiratoires et expiratoires, ces mouvements du visage, des épaules, de la poitrine, ces écoulements de larmes et de mucus nasal, toutes ces modifications en un mot dont l'ensemble constitue l'éternuement.

Ou bien, au contraire, le centre excité paralysera, inhibera l'action des autres centres si ceux-ci sont déjà en activité. C'est ce qui se passe quand le cœur s'arrête à la suite de l'excitation du bulbe. Le cœur renferme de véritables centres nerveux, les ganghons intracardiaques, centres des réfiexes dont le résultat est le battement régulier de l'organe. Mais ces centres intracardiaques sont reliés au centre bulbaire par un filet intercentral, le nerf pneumogastrique. Qu'on stimule le bulbe, le cœur s'arrête; il est inhibé : au lieu d'ajouter à l'aclivité des centres intracardiaques, l'excitation du centre bulbaire a suspendu celte activité. Le résultat reste encore le même si c'est le nerf intercentral qui reçoit la stimulation : chacun sait en effet que l'excitation du pneumogastrique amène l'arrêt du cœur.

Voilà donc un centre dont l'excitation paralyse,

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