‹ La mort par la décapitationChapitre 47 sur 59 · Laborde, Soc. de Biologie, avril · texte numérisé non relu

Laborde, Soc. de Biologie, avril

CUAPITHE QUATHIÈMIi

heures après rexéculioii. Ch. Robin a ramené, chez lin guillotiné, les hallemenls du cœur en insufflant de l'air dans les cavités : dès qu'un certain degré de réplétion fut atteint, l'organe, qui jusque-là était resté immobile, présenla des contractions parfaitement rythmiques des oreillettes et des ventricules. Mais deux heures et demie après la section du cou l'insufflation de l'air devint inefficace.

Quoi qu'il en soit, la persistance des batlements du cœur durant un certain temps après la décapitation doit être considérée comme incontestable dans la plupart des cas. 11 est du reste de notion commune dans le public que le sang continue à jaillir de la plaie du cou quelques minutes après la chule de la tête. Le liquide sanguin s'échappe en effet avec force à travers les orifices des carotides et des vertébrales sectionnées. La longueur du jet paraît êire, d'après M. Holmgren, de 1" 20 à 1"^ 40 au début ^ pour diminuer peu à peu et devenir nulle au bout de quelques minutes. D'après le D' Rorelz le jet pourrait même avoir une longueur plus considérable. « Au moment » oii la tête fut séparée du tronc, dit M. Roretz, les » branches des artères carotides des deux côtés, sec- » lionnées au niveau de leur bifurcation, lancèrent w un jet de sang dépourvu de battements visilDles » à 2 mèt= 60 de distance. Mais aussitôt qu'une » quantité assez notable de sang eut été rejetée, les » pulsations apparurent et durèrent jusqu'à ce qu'il » ne sortît plus que quelques gouttes de liquide san- » guin, c'est-à-dire pendant onze minutes et demie. » A la dixième minute, on put encore compter qua- » ranle pulsations des carotides ».

Ainsi que l'avaient déjà constaté MM. M. Duval,

1. La disposiIJon de la guillotine employée en l'Yance no permet pas au sang de jaillii' très loin : le jet se trouve en elfet arrêté par une sorte de paravent. Les corps examinés par M. Holmgren et décapités par la hache n'avaient au contraire aucun obstacle devant eux.

2. Observations sur un criniinel décapité, par le Rorelz, résident à iNangoja (Japon). Wiener Medin. 1878.

, 999 LE TRONC DES DECAPITRS

Rochard et Petit, les extrémités divisées des carotides fe soulèvent à 'ce moment par -ecades au-^^^^^^^^^^ du plan de la section pour revenir ensuite su ellesmêmes Elles sont poussées au dehors en subissant une véritable élongation : ce ^^''''^^'f^X^cZ o-Lilarité parfaite, peut être comparé a celm que ?r renleNprês mie amputation, l'artère pW^^ dont on vient de pratiquer la hgature. Une petite auanlité de sang écumeux, vermed, s échappe a chaque impulsion par l'ouverture béante de ces vais-

Ces mouvements des artères sectionnées traduisent l'énergie des systoles cardiaques après la décapitation. Nous avons du reste déjà vu qu ils étaient suffisants pour imprimer des oscillations H^^^^^^.'^ marquées dans la région des épaules. M. Petitgand dit même que le tronc peut se redresser sous 1 influence des jets de sang à chaque contraction du cœur • le mot redressement est sans doute excessit, mais il donne né£inmoins une idée de la force déployée par les contractions cardiaques.

Voilà l'histoire du cœur pendant les premiers instants qui suivent la décapitation : mais qu'advientil de ce cœur au moment même où le coup est porté et où la tête tombe? Nous savons que, chez le chien, les battements cardiaques s'arrêtent et que la pression artérielle s'abaisse durant quelques secondes aussitôt après la section du cou pour reprendre ensuite avec plus d'énergie qu'auparavant. En est-il de même chez l'homme? Nous ne pouvons l'afhrmer, car, pour le savoir, nous devrions avant la décollation placer des appareils enregistreurs sur le corps du condamné : une telle expérience n'a pas été faite, je n'ai pas besoin de le dire. Mais, à défaut d'une constatation précise, nous pouvons utiliser le témoignage des personnes qui ont assisté de près à des exécutions par la hache ou par le sabre. L'uu de nos résidents en Indo-Chine a déclaré à M. Dastrequele jailhssement

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