‹ La mort par la décapitationChapitre 51 sur 59 · APPLICATIONS MÉDICO-LÉGALES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS MÉDICO-LÉGALES

Tous les décapités ne sont pas des condamnés frappés au nom de la loi. - La décapitation légale; la décapitation suicide; la decapita-

La'ïéc^Uation comme supplice lépal. - Les différents instruments par lesquels elle s'effectue : guillotine hache, glaive. - Ces nsiruments ont-ils la même action? - La hauteur de la région Çeiv'cale sectionnée exerce-t-elle une innuence? - Innuence de 1 ase des condamnés. - L'état mental avant la décapitation. - Pourquoi la tète présente-t-elle des mouvements chez quelques décapites et reste-t-ehe immobile chez d'autres ? - Pourquoi le cprps clemeuret-il toujours inerte? - Perle de sang plus considérable du côte au tronc que du côté de la tête.

La décapitation suicide. - Coups de rasoir. - Décollation par une locomotive. — Suicide par une sorte de guillotine.

La décapitation homicide. — Elle est généralement incomplète. — Vigueur considérable de l'agresseur ; incapacité de résistance de la part de la victime. - Le rapport de M. Brouardel dans 1 affaire Pranzini. — Le mécanisme de la mort varie dans les décapitations incomplètes. — Ouestions médico-légales soulevées a propos de la décapitation homicide. — Quel est le moment de la mort d un décapité ? — Simulation de suicide par décapitation : cette simulation est facile à déjouer.

C'estpar la décàpitalion que, dans plusieurs pays et dans le nôtre en parliculier, la Société se sépare des grands criminels dont elle croit ia suppression nécessaire. La décapitation est le mode de supplice légal (tout condam7ié à mort aura la tête tranchée). Mais la justice n'a pas le monopole de ce genre de mort, fous les décapités ne sont pas des criminels frappés au nom delà loi : il en est parmi eux qui se sont volontairement débarrassés de l'existence, il en

CIIAI'rritE CINOUIÈME

est d'cuilres au coiilrairc qui ont succombé sous les coups cl un assassin.

Il y a donc une décapitation légale, unedécapilation suicide et une décapitation homicide. Je ne connais pas d'exemple de décapitation accidentelle et je ne Cite que pour mémoire la décapitation intra-utérine.

Déccqntatïon légale. — C'est celle que nous avons étudiée jusqu'ici dans la troisième partie de ce livre C'est la plus importante quant au nombre des décapités : c'est la plus parfaite quant cà la rapidité do la mort et à la sûreté de l'exécution. Elle s'etT'ectue par des instruments différents, la guillotine (France) la hache (Suède), ou le glaive (Allemagne, Indo-Chine).

Le condamné est couché à plat ventre quand il doit être décollé par l'un des deux premiers instruments, son cou étant engagé dans une lunette (guillotine) ou appuyé sur un billot (hache); le patient qui est exécuté par le glaive reste debout oij à genoux. Dans tous les cas, l'individu est frappé sur la nuque et non sur la région cervicale antérieure: le tranchant va d'arrière en avant et non d'avant en arrière. La tête est en général abattue d'un seul coup ; cependant avec la hache, et surtout avec le glaive, il peut arriver que l'exécuteur s'y reprenne à plusieurs fois pour achever son œuvre. La guillotine n'offre pas pareil danger, car le sang-froid et l'habileté del' exécuteur comptent pour peu de chose dans la régularité de son fonctionnement; si l'appareil est bien^njusté, si le cou du patient est bien engagé dans la lunette, la tête tombe en un tiers de seconde. La section a lieu à des niveaux variables de la région cervicale : mais les différences de niveau ne tiennent pas à la nature de l'instrument employé ; que ce soit une guillotine, une hache ou un glaive, le tranchant peut atteindre la troisième, la quatrième etjusqu'à la septième vertèbre.

Quand ils détachent brusquement la tôle du premier

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