‹ La Mort rapide dans l'Éczéma Chez L'enfantChapitre 11 sur 20 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

(Guinon et Pater. — Bulletin de la Société de Pédiâtrie, octobre 1906.)

S. E..., 18 mois, entrée dans le service le 2 novembre

UP

Antécédents héréditaires. — Père bien portant, mère délicate, Il y a eu quatre enfants, tous morts, l’un à 3 ans, deux à 3 mois, le quatrième mort-né ; on ne peut savoir pourquoi ces enfants ont succombé.

Antécédents personnels. — La petite malade, venue à terme, élevée au biberon, n’a jamais été malade. Elle a depuis plusieurs mois un eczéma impétigineux dont l'intensité varie de temps à autre, mais qui n’a jamais été soigné.

La maladie actuelle a débuté il y a six jours par de la fièvre, des vomissements et une diarrhée abondante, verdâtre ; en même temps, l'enfant a commencé à tousser. Les parents on remarqué de la bouffissure du visage, de l’œdème des pieds, du gonflement du ventre.

Examen à l'entrée. — Enfant bouffi, œdématié, présentant dela cyanose des extrémités et une certaine gêne respiratoire. La face, le cuir chevelu, le cou, présentent des lésions d’impétigo en voie de dessèchement. Sur les deux bras, jusqu’au niveau du coude, existent également des placards impétigineuxet çà et là quelques ecchymoses de petite taille.

Le visage est bouffi, les paupières gonflées ; la peau du tronc, du ventre etdes cuisses est tremblotante ; 1l existe de l’œdème des jambes et des pieds. Les extrémités sont refroidies. La peau sur tout le corps est marbrée de taches violacées. Le ventre est ballonné, tendu, sonore ; il ne paraît pas y avoir d’ascite.

Langue saburrale, un peu rouge à la pointe. Rhinite, purulente accentuée.

La toux est fréquente, la dyspnée ‘assez vive ; respiration expiratrice de Bouchut, et léger battement des ailes du nez. À l'examen des poumons, on trouve au sommet droit en avant

de la résistance au doigt avec submatité, en arrière au sommet

gauche une respiration soufflante, des râles sous-crépitants, et

presque partout de l'obscurité respiratoire et des râles de bron-

chite disséminée. Fe

La rate est volumineuse, débordant les fausses côtes : le foie paraît normal. |

On obtient à grand’peine quelques gouttes d’une urine épaisse, foncée, qui renferme environ 1 gramme d'albumine. Il n'y a pas d’hématurie.

L'état général est altéré, avec tendance à l’asphyxie. La fièvre s'élève à 4004.

Diagnostic. — Néphrite aiguë et broncho-pneumonie au cours d’un impétigo.

. L'évolution de la maladie est rapide. La température tombe à 374, le /; novembre, sans que l'enfant soit en meilleur état. Les signes physiques pulmonaires augmentent d'intensité ; des râles humides, bruyants, apparaissent du haut en bas des poumons, prédominants à droite ; il s’y adjoint des râles fins aux deux bases, à droite surtout.

IL n’y a pas de vomissements, mais un peu de diarrhée liquide. Les urines sont presque nulles.

Malgré la diète hydrique, les inhalations d'oxygène, les ventouses scarifiées, les bains chauds, l’aggravation s’accentue et

la température remonte au-dessus de 39 degrés ; les urines se suppriment presque complètement, la cyanose et le refroïdissement périphérique augmentent et l’effant succombe le 7 novembre en pleine asphyxie.

Autopsie le 9 (trente-sept heures après la mort). — Pas

d’adhérences pleurales, pas de liquide dans les plèvres. Gongestion intense des deux poumons, un peu d'œdème ; un peu de

bronchopneumonie à la base droite. Pas de tuberculose: Gan-

NE Rae glions du hile pew développés, inflammatoires, non tuberculeux. Fo

Cœur d'aspect normal, rempli de caillots mous ; poids 85 grammes.

Foie volumineux, pesant 640 grammes, de coloration violacée : périhépatite légère ; à la coupe, congestion intense, le foie est gorgé de sang ; par endroits, datis les deux lobes, aspect du foie muscade et cela surtout au voisinage de la périphérie de l'organe. Quelques taches pâles comme cela se voit dans les foies infectieux. :

Reins pesant 110 grammes pour les deux, extrêmement pâles. La capsule se décortique très bien et laisse voir au-dessous d'elle un tissu blanchâtre sur lequel tranchent vivement de belles étoïles de Verheyen. La zone corticale paraît extrêmement mince, mais il est réellement impossible de distinguer les deux zones corticale et médullaire, tant est uniforme la pâleur du tissu rénal. Sur ce fond incolore de toute la région labyrinthique tranchent en rose violacé les pyramides de Malpighi.

La rate pèse 75 grammes. Elle est volamineuse, très ferme, de coloration lie de vin, parsemée de taches blanchâtres irrégulières, de toutes tailles. À la coupe, aspect bigarré, avec zones violet foncé presque noires, surtout abondantes à la périphérie.

Capsules surrénales d'aspect normal. |

En aucun organe, il n'y a de tuberculose.

Examen histologique. — Poumons : Lésions de bronchopneumonie, noyaux hépatisés, peu de fibrine, infiltration leucocytaire énorme des conduits bronchiques. Pas de tuberlose. Pas de sclérose, pas d'œdème appréciable.

Foie : Dilatation des capillaires hépatiques, infiltrations

des espaces portes par les cellules embryonnaires, avec ébauche

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de sclérose annulaire, début d'épaississement ef des veines portes et des branches de l'artère hépatique. Quelques cellules en dégénérescence graïsseuse ; quelques cellules à plusieurs noyaux. Çà et là, en plein tissu, amas embryonnaires formant une ébauche de petits abcès miliaires. Légères lésions de sclérose capillaire trabéculaire, et par places, capillaires distendus par des cellules embryonnaires et à parois épaissies.

Rate : Congestion notable. Pas de lésions notables.

Capsules surrénales eongestionnées, nombreux vaisseaux gorgés de sang dans la substance centrale. Pas de lésions de l'écorce.

Reins : Lésions de néphrile subaiguë, semblant évoluer vers li chronicité. Très légère atteinte de glomérules : quelquesuns sont un peu infiltrés de cellules rondes, et on ÿ note une multiplication des noyaux de la capsule de Bowman. Tubes à épithélium un peu bas, la plupart dilatés. Elargissement notable du tissu interstitiel et par places, grosse infiltration de cellules embryonnaires. Çà et là, l’épithélium des tubes est desquamé, la lumière est obstruée par les cellules tombées venues de l’épithélium et des masses d’albumine coagulée ; beaucoup de ces cellules ont perdu leur noyau. Sclérose interstitielle soit intertubulaire, soit périglomérulaire, quelques capsules ayant trois ou quatre rangées de cellules à noyaux fusiformes.

Il aété impossible de déceler sur ces corps la présence de microbes, soit par coloration simple, soit par la méthode de

Gram.

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