In Leçons sur les phénomènes vitaux, 1878, p
2. Voir le remarquable mémoire de cet auteur in Annales du Muséum d’histoire naturelle , année 1814, t. XVIII.
3. Paul Bert, Hibernation par épuisement d’oxygène , Société de biologie, 1868, et Leçons sur la physiologie comparée de la respiration3 Paris, 1870, p. 507.
4. Régnault et Reisset, Recherches chimiques sur la respiration les animaux , in Ann. de Chim. et de phys., 3e série, t. XXVI,
i*p. 299, année 1849.
tionnée au ralentissement de la circulation : entre des marmottes complètement éveillées et des marmottes engourdies, ces deux auteurs ont trouvé par kilogramme et par heure une différence qui allait de 0 gr. 986 à 0 gr. 044; le chiffre de la réduction était, par conséquent, de 0 gr. 942, et le rapport entre les deux quantités de gaz expirées, de 22 à 1 .
Suivant la loi de physiologie qui lie la circulation à la respiration, le mouvement du sang suit le ralentissement des mouvements respiratoires. Quand le sommeil est complet, les capillaires des parties externes paraissent presque vides, mais le courant sanguin persiste dans les gros troncs de la poitrine et du ventre, il persiste même dans les petits vaisseaux, ainsi qu’il a été permis à Mangili et à Marsc-Hall de lé constater directement par transparence à l’aide du microscope : ces deux auteurs ont vu le sang circuler dans l’aile d’une chauve-souris engourdie. Les battements du cœur diminuent de force et de fréquence, mais ils persistent et ne s’éteignent jamais complètement. Marsc- Hall a compté chez une chauve-souris engourdie vingthuit pulsations cardiaques à la minute, Prunelle en a trouvé cinquante, alors que la chauve-souris, à l’état normal, en donne environ deux cents. Chez la marmotte, les battements sont réduits à huit ou dix par minute; le cœur de ce même animal, tué en léthargie, donne encore, trois heures après la décapitation, trois légères pulsations par minute, tandis que le cœur d’une autre marmotte, tuée pendant l’état de veille, cesse de se contracter cinquante minutes après la mort (Marsc- Hall et Mangili).
Certains animaux s’éveillent de leur torpeur pour prendre des aliments, et se laissent aller immédiatement après à leur assoupissement. Chez ceux-ci, comme chez les autres, on constate toujours l’émission de produits excrémentitiels; il n’existe qu'une différence de quantité : presque normales chez les animaux à hiber-
VALEUR DE LA MÉTHODE DE L’AUTEUR
nation intermittente, les excrétions se trouvent considérablement diminuées chez les animaux à hibernation continue.
La queue du loir en léthargie repousse après section (Legros et CL Bernard1). Le sang s’écoule de la veine que l’on ouvre, avec lenteur, il est vrai, et présentant une coloration qui se rapproche beaucoup de celle du sang artériel, phénomènes résultant, le premier du peu d’activité de la circulation, le second du peu d’activité des combustions organiques. H. -B. Saussure, dans une très savante étudesurlesmarmottesdeChamonix2, nous dit que, quelque profond que soit le sommeil de ces animaux, leur sang n'est jamais figé et s’écoule des plaies comme pendant l'état de réveil. Nous avons vu plus haut que la persistance de la circulation chez les grenouilles engourdies avait été constatée directement par Claude Bernard.
Un froid vif produit chez les animaux hibernants une excitation capable d’interrompre leur engourdissement. Quand le thermomètre descend au-dessous de zéro, les animaux endormis donnent des signes de malaise, ils se réveillent, s’agitent, cherchent un abri plus chaud; s’ils ne le trouvent pas, après avoir lutté ’ quelque temps contre le refroidissement en accélérant leur respiration, ils tombent épuisés, la léthargie par le froid remplace l’engourdissement, la température du corps peut alors s’abaisser au-dessous de zéro, et les animaux succombent souvent dans cette léthargie, qui est un état pathologique, tandis que le sommeil hibernal est pour ces mêmes animaux un état physiologique. (Mang, Gavaret, Laveran.)
D’après Gavaret, le sommeil hibernal est la traduction de l’impuissance où se trouve l’animal de porter l’absorption de l’oxygène et la production de chaleur à
1. Voir aussi Paul Bert, Recherches expérimentales pour servir à r histoire de la vitalité propre des tissus animaux , Paris, 1866.